Le rejet, sans examen au fond, du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 continue d’attiser la controverse politique. Jeudi après-midi, face à la presse, Me Aïssata Tall Sall, présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, a livré un réquisitoire sans concession contre la majorité Pastef. Entre dénonciation d’une forfaiture parlementaire, mise en cause des choix budgétaires du gouvernement et critique des tensions au sommet de l’État, l’ancienne ministre de la Justice a surtout lancé un appel au chef de l’État : dissoudre l’Assemblée nationale et retourner devant les électeurs.
À l’origine de cette charge, le rejet de la LFR, le 3 novembre dernier, à la faveur d’une question préalable introduite par la majorité. Adoptée par 109 voix contre 20, avec trois abstentions, cette initiative a mis fin à l’examen du texte avant même l’ouverture du débat général, conformément aux articles 83 et 85 du règlement intérieur.
Pour Me Aïssata Tall Sall, la gravité de cet épisode réside précisément dans l’absence de débat sur un document qui engage les finances de la nation. Elle reproche à la majorité d’avoir détourné les mécanismes du règlement intérieur de leur vocation délibérative pour empêcher toute discussion sur le fond. Le précédent rejet en commission des finances, le 23 octobre, n’avait déjà pas convaincu Takku Wallu Sénégal, qui s’était abstenu, estimant que les échanges entre le gouvernement et la majorité n’avaient produit aucune modification substantielle du projet.
Des chiffres qui accablent le gouvernement
La contestation de la présidente du groupe parlementaire porte également sur les arbitrages financiers opérés dans le collectif budgétaire. Selon les données qu’elle a présentées, le budget général diminue de 304 milliards de francs CFA, tandis que les dépenses de fonctionnement augmentent de 535 milliards. Dans le même temps, les investissements subissent une réduction de 555 milliards.
Pour Me Aïssata Tall Sall, cette configuration traduit un choix contestable : privilégier le train de vie de l’administration au détriment des investissements structurants. Routes, écoles, hôpitaux, puits et forages pourraient ainsi pâtir de ces restrictions, au risque de compromettre les ambitions de développement du pays.
Autre sujet d’inquiétude : le déficit budgétaire, qui passerait d’un peu plus de 3 % dans la loi de finances initiale à 7,6 % dans la LFR, alors que le critère de convergence de l’UEMOA est fixé à 3 %. Une dérive que l’opposante juge particulièrement préoccupante. À ses yeux, le collectif budgétaire révèle les déséquilibres que le budget initial n’avait pas suffisamment laissés apparaître. Il donne ainsi « la vraie photo du Sénégal et de ses difficultés ».
Un « dépit amoureux » au sommet de l’État
La responsable politique voit également dans la crise actuelle le prolongement des tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre, Ousmane Sonko. Loin d’y déceler une divergence de doctrine ou de stratégie économique, elle y voit une rupture personnelle aux conséquences institutionnelles.
« En bon français, cela s’appelle un dépit amoureux », a-t-elle lancé, avant d’accuser les deux dirigeants de faire peser leurs différends sur le fonctionnement de l’État. « Ces deux amoureux prennent le pays en otage », a-t-elle asséné.
Elle relève, par ailleurs, le paradoxe d’une majorité qui avait approuvé le budget en décembre 2025 et en conteste aujourd’hui la sincérité, sans qu’un changement soit intervenu à la tête du ministère des Finances.
L’appel à la dissolution : le peuple comme arbitre
Refusant de cautionner une gestion qu’elle juge contestable tout en récusant toute stratégie de paralysie institutionnelle, Takku Wallu Sénégal entend, selon sa présidente, assumer pleinement son rôle d’opposition. Me Aïssata Tall Sall a, dans cette perspective, directement interpellé le chef de l’État, lui rappelant que sa légitimité présidentielle ne saurait être confondue avec celle de la majorité parlementaire.
Mais c’est surtout sa demande de dissolution qui donne à cette sortie sa portée politique. Pour elle, une Assemblée nationale qui refuse de débattre d’un texte budgétaire majeur compromet sa propre mission. Le recours aux électeurs devient dès lors, à ses yeux, la seule issue démocratique.
« La seule issue démocratique, c’est le peuple. Qu’on dissolve cette Assemblée et qu’on organise des élections législatives anticipées », a-t-elle tranché.
La présidente de Takku Wallu Sénégal assure que cette exigence ne relève d’aucun calcul politicien, mais de la nécessité de sortir le pays de l’impasse. Elle affirme ne pas redouter le verdict des urnes et invite la majorité à défendre son bilan devant les Sénégalais.
En réclamant ainsi la dissolution de l’Assemblée nationale, Me Aïssata Tall Sall déplace le bras de fer autour de la LFR 2026 du terrain budgétaire vers celui de la légitimité politique. Le chef de l’État est désormais placé devant une interpellation majeure : arbitrer la crise institutionnelle ou laisser perdurer une confrontation dont le budget national est devenu l’un des principaux enjeux.
À l’origine de cette charge, le rejet de la LFR, le 3 novembre dernier, à la faveur d’une question préalable introduite par la majorité. Adoptée par 109 voix contre 20, avec trois abstentions, cette initiative a mis fin à l’examen du texte avant même l’ouverture du débat général, conformément aux articles 83 et 85 du règlement intérieur.
Pour Me Aïssata Tall Sall, la gravité de cet épisode réside précisément dans l’absence de débat sur un document qui engage les finances de la nation. Elle reproche à la majorité d’avoir détourné les mécanismes du règlement intérieur de leur vocation délibérative pour empêcher toute discussion sur le fond. Le précédent rejet en commission des finances, le 23 octobre, n’avait déjà pas convaincu Takku Wallu Sénégal, qui s’était abstenu, estimant que les échanges entre le gouvernement et la majorité n’avaient produit aucune modification substantielle du projet.
Des chiffres qui accablent le gouvernement
La contestation de la présidente du groupe parlementaire porte également sur les arbitrages financiers opérés dans le collectif budgétaire. Selon les données qu’elle a présentées, le budget général diminue de 304 milliards de francs CFA, tandis que les dépenses de fonctionnement augmentent de 535 milliards. Dans le même temps, les investissements subissent une réduction de 555 milliards.
Pour Me Aïssata Tall Sall, cette configuration traduit un choix contestable : privilégier le train de vie de l’administration au détriment des investissements structurants. Routes, écoles, hôpitaux, puits et forages pourraient ainsi pâtir de ces restrictions, au risque de compromettre les ambitions de développement du pays.
Autre sujet d’inquiétude : le déficit budgétaire, qui passerait d’un peu plus de 3 % dans la loi de finances initiale à 7,6 % dans la LFR, alors que le critère de convergence de l’UEMOA est fixé à 3 %. Une dérive que l’opposante juge particulièrement préoccupante. À ses yeux, le collectif budgétaire révèle les déséquilibres que le budget initial n’avait pas suffisamment laissés apparaître. Il donne ainsi « la vraie photo du Sénégal et de ses difficultés ».
Un « dépit amoureux » au sommet de l’État
La responsable politique voit également dans la crise actuelle le prolongement des tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre, Ousmane Sonko. Loin d’y déceler une divergence de doctrine ou de stratégie économique, elle y voit une rupture personnelle aux conséquences institutionnelles.
« En bon français, cela s’appelle un dépit amoureux », a-t-elle lancé, avant d’accuser les deux dirigeants de faire peser leurs différends sur le fonctionnement de l’État. « Ces deux amoureux prennent le pays en otage », a-t-elle asséné.
Elle relève, par ailleurs, le paradoxe d’une majorité qui avait approuvé le budget en décembre 2025 et en conteste aujourd’hui la sincérité, sans qu’un changement soit intervenu à la tête du ministère des Finances.
L’appel à la dissolution : le peuple comme arbitre
Refusant de cautionner une gestion qu’elle juge contestable tout en récusant toute stratégie de paralysie institutionnelle, Takku Wallu Sénégal entend, selon sa présidente, assumer pleinement son rôle d’opposition. Me Aïssata Tall Sall a, dans cette perspective, directement interpellé le chef de l’État, lui rappelant que sa légitimité présidentielle ne saurait être confondue avec celle de la majorité parlementaire.
Mais c’est surtout sa demande de dissolution qui donne à cette sortie sa portée politique. Pour elle, une Assemblée nationale qui refuse de débattre d’un texte budgétaire majeur compromet sa propre mission. Le recours aux électeurs devient dès lors, à ses yeux, la seule issue démocratique.
« La seule issue démocratique, c’est le peuple. Qu’on dissolve cette Assemblée et qu’on organise des élections législatives anticipées », a-t-elle tranché.
La présidente de Takku Wallu Sénégal assure que cette exigence ne relève d’aucun calcul politicien, mais de la nécessité de sortir le pays de l’impasse. Elle affirme ne pas redouter le verdict des urnes et invite la majorité à défendre son bilan devant les Sénégalais.
En réclamant ainsi la dissolution de l’Assemblée nationale, Me Aïssata Tall Sall déplace le bras de fer autour de la LFR 2026 du terrain budgétaire vers celui de la légitimité politique. Le chef de l’État est désormais placé devant une interpellation majeure : arbitrer la crise institutionnelle ou laisser perdurer une confrontation dont le budget national est devenu l’un des principaux enjeux.


Budget escamoté, crise factice : Takku Wallu Sénégal accable Pastef et réclame la dissolution de l’Assemblée nationale
