Au sortir des vacances de la Toussaint, l’exécutif retient son souffle et s'efforce d'afficher l'apaisement. Matignon l'assure avec une fermeté feutrée : la rentrée scolaire de ce lundi s’est déroulée sans heurts majeurs, en dépit des appels répétés à la sédition lycéenne.
À cette heure, les rapports des rectorats n’enregistrent plus qu’un résiduel et symbolique 1 % d’établissements barricadés sur l'ensemble du territoire.
Face à ce reflux apparent, le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est empressé de faire savoir qu’il se tenait prêt à recevoir à nouveau les représentants des élèves dès la semaine prochaine. Une main tendue qui ressemble fort à une tentative de désamorçage préventif, alors que les syndicats battent le rappel des troupes pour de nouvelles journées de blocage.
Cette apparente accalmie s’inscrit pourtant au terme d’un long et sinueux bras de fer qui ébranle le sommet de l’État depuis plus de six semaines. Initiée à la fin du mois de septembre par une fronde contre la vétusté des infrastructures et la pénurie chronique d'enseignants, la colère de la jeunesse avait rapidement dégénéré en scènes d’une violence inouïe.
Des barricades de feu, des centaines d'interpellations de mineurs et des affrontements rudes avec les forces de l'ordre avaient contraint le gouvernement à un dramatique retard à l'allumage.
Pour tenter d'endiguer la contagion, Sébastien Lecornu avait dû concéder, il y a quelques jours à peine, des promesses d'envergure, allant de la refonte programmée de la plateforme Parcoursup d'ici deux ans à des investissements de plusieurs milliards d'euros pour la rénovation du bâti scolaire.
Seulement, le remède n'a pas suffi à éteindre le feu social. Juchées sur des bennes à ordures devant les rares lycées parisiens encore filtrés ce matin, les organisations de jeunesse jugent ces concessions largement insuffisantes, fustigeant une « politique de comptoir ».
Le spectre d'une convergence des luttes terrifie l'exécutif : les syndicats de salariés appellent à une grève générale, et les mouvements populaires, à l'instar des gilets jaunes, tentent de se greffer à la révolte étudiante.
Dans un contexte de fin de règne marqué par une absence de majorité absolue au Parlement et un déficit public abyssal, le Premier ministre sait que l'espace politique lui est compté.
Ce nouveau rendez-vous calé pour la semaine prochaine s'apparente ainsi à l'ultime rempart diplomatique d'un pouvoir qui ne dispose plus des moyens financiers d'acheter la paix sociale.
clounjay@yahoo.fr
À cette heure, les rapports des rectorats n’enregistrent plus qu’un résiduel et symbolique 1 % d’établissements barricadés sur l'ensemble du territoire.
Face à ce reflux apparent, le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est empressé de faire savoir qu’il se tenait prêt à recevoir à nouveau les représentants des élèves dès la semaine prochaine. Une main tendue qui ressemble fort à une tentative de désamorçage préventif, alors que les syndicats battent le rappel des troupes pour de nouvelles journées de blocage.
Cette apparente accalmie s’inscrit pourtant au terme d’un long et sinueux bras de fer qui ébranle le sommet de l’État depuis plus de six semaines. Initiée à la fin du mois de septembre par une fronde contre la vétusté des infrastructures et la pénurie chronique d'enseignants, la colère de la jeunesse avait rapidement dégénéré en scènes d’une violence inouïe.
Des barricades de feu, des centaines d'interpellations de mineurs et des affrontements rudes avec les forces de l'ordre avaient contraint le gouvernement à un dramatique retard à l'allumage.
Pour tenter d'endiguer la contagion, Sébastien Lecornu avait dû concéder, il y a quelques jours à peine, des promesses d'envergure, allant de la refonte programmée de la plateforme Parcoursup d'ici deux ans à des investissements de plusieurs milliards d'euros pour la rénovation du bâti scolaire.
Seulement, le remède n'a pas suffi à éteindre le feu social. Juchées sur des bennes à ordures devant les rares lycées parisiens encore filtrés ce matin, les organisations de jeunesse jugent ces concessions largement insuffisantes, fustigeant une « politique de comptoir ».
Le spectre d'une convergence des luttes terrifie l'exécutif : les syndicats de salariés appellent à une grève générale, et les mouvements populaires, à l'instar des gilets jaunes, tentent de se greffer à la révolte étudiante.
Dans un contexte de fin de règne marqué par une absence de majorité absolue au Parlement et un déficit public abyssal, le Premier ministre sait que l'espace politique lui est compté.
Ce nouveau rendez-vous calé pour la semaine prochaine s'apparente ainsi à l'ultime rempart diplomatique d'un pouvoir qui ne dispose plus des moyens financiers d'acheter la paix sociale.
clounjay@yahoo.fr


FRANCE – CRISE SCOLAIRE : LECORNU TENTE DE DÉSAMORCER LA COLÈRE DES LYCÉENS, LE SPECTRE D’UNE CONVERGENCE DES LUTTES MENACE MATIGNON !
