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MAROC – QUATRE ANS DE PRISON POUR UN JEUNE DESSINATEUR AYANT CARICATURÉ LE ROI MOHAMMED VI : LE DÉBAT SUR LA LIBERTÉ D’EXPRESSION RELANCÉ

Rédigé par Dakarposte le Lundi 2 Novembre 2026 à 10:54 modifié le Lundi 2 Novembre 2026 - 11:54

La liberté de caricaturer le pouvoir a-t-elle ses limites devant la loi marocaine ? La condamnation à quatre années d’emprisonnement d’un jeune dessinateur de 22 ans, poursuivi pour avoir publié sur les réseaux sociaux des caricatures du roi Mohammed VI, ravive le débat sur les rapports entre protection de l’institution monarchique et liberté d’expression au Maroc.

Selon les déclarations de son avocat, Me Farouk Mehdaoui, le jeune Yasser Mounbir a été condamné en première instance par une juridiction de Casablanca à quatre ans de prison ferme, assortis d’une amende de 40 000 dirhams, soit environ 3 600 euros.

Le prévenu a été reconnu coupable d’« insulte à l’encontre du roi » ainsi que d’« insulte envers des agents de la fonction publique ». Son conseil a toutefois annoncé son intention d’interjeter appel de cette décision, ouvrant ainsi une nouvelle étape dans la procédure judiciaire.

Les faits reprochés remontent au mois de juin dernier, date à laquelle le jeune homme avait été interpellé après avoir réalisé et diffusé, sur son compte Instagram, des caricatures représentant le souverain marocain. Ces publications ont conduit les autorités à engager des poursuites sur le fondement des dispositions pénales relatives à la protection de la personne du roi et des institutions publiques.

Au Maroc, l’article 179 du Code pénal réprime notamment les faits de diffamation, d’insulte ou d’atteinte à la vie privée du souverain. Les infractions visées sont passibles de peines d’emprisonnement pouvant aller de six mois à deux ans, durée susceptible d’être portée au double lorsque les faits sont commis par voie électronique.

Cette condamnation a suscité une réaction de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), qui réclame la libération du jeune dessinateur. L’organisation considère que cette affaire soulève une nouvelle fois la question de la protection effective de la liberté d’expression et des limites imposées à la critique des institutions.

Plus largement, plusieurs organisations et défenseurs des droits humains appellent à une révision des dispositions législatives qu’ils estiment attentatoires à la liberté d’opinion, notamment lorsqu’elles concernent les expressions diffusées sur les plateformes numériques. Ils plaident également pour une mesure de grâce en faveur des personnes condamnées à la suite de publications sur les réseaux sociaux.

Au-delà du sort judiciaire de Yasser Mounbir, cette affaire remet ainsi au premier plan une question délicate : celle de l’équilibre entre la protection juridique de l’institution monarchique et le droit des citoyens à la liberté de création, de critique et d’expression.

Dans l’attente de l’examen de l’appel annoncé par son avocat, le dossier demeure un révélateur des tensions persistantes entre l’ordre juridique marocain et les revendications des défenseurs des libertés publiques.

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