Il est des moments où la pudeur devrait commander le silence. Des moments où l’on ne cherche ni micros, ni caméras, ni tribunes, mais où l’on se retire quelques instants, loin du tumulte médiatique, pour s’occuper des siens et tenter de réparer ce qui peut encore l’être.
L’affaire impliquant Fatou Binetou Gueye aurait précisément dû être de ceux-là.
On peut comprendre le désarroi d’un père confronté aux difficultés de sa fille. On peut comprendre son inquiétude, sa colère, sa douleur et même son sentiment d’impuissance. Un père n’est jamais insensible aux épreuves que traverse son enfant. Mais lorsque l’on a consacré une partie de sa vie publique à distribuer des leçons de morale à la société, à dénoncer les comportements des autres et à se poser en vigie des mœurs sénégalaises, il faut aussi accepter que la lumière se retourne un jour vers soi.
Et c’est précisément là que le bât blesse.
Mame Makhtar Gueye veut aujourd’hui nous parler de « piège », de « complot » et de machination. Soit. Mais avant de voir partout la main d’adversaires tapis dans l’ombre, il faudrait peut-être commencer par regarder la réalité familiale avec lucidité et responsabilité.
Sa fille se retrouve aujourd’hui au cœur d’une procédure judiciaire. Elle conteste, selon son père, la propriété du chanvre indien retrouvé dans son sac et affirme que cette substance aurait pu y être introduite à son insu. La justice devra établir la vérité. Il faut donc laisser les enquêteurs travailler et les magistrats trancher.
Mais il existe également des épisodes antérieurs qui auraient dû inviter à davantage de retenue. La jeune femme avait déjà fait parler d’elle après une fugue, avant d’être retrouvée dans une auberge. Cet épisode, à lui seul, aurait dû inciter le père à privilégier l’accompagnement familial, la discrétion et la recherche de solutions plutôt que l’exposition médiatique.
Car le véritable courage d’un père n’est pas de venir expliquer à la nation les difficultés de son enfant. C’est parfois de fermer les portes, de couper les caméras, de mettre son orgueil de côté et de consacrer toute son énergie à sauver ce qui peut l’être.
Mame Makhtar Gueye, si vous avez encore un peu de vergogne, il serait peut-être temps de prendre du recul, voire de vous mettre en retrait de Jamra et de cesser de distribuer des certificats de bonne conduite morale à une société dont vous prétendez être le gardien.
Non pas parce que vous seriez le seul Sénégalais à connaître des difficultés familiales. Bien au contraire. Parce que personne n’est parfait.
Et c’est précisément cela qu’il faut rappeler : la morale n’appartient à personne.
Celui qui passe son temps à vilipender les enfants des autres doit savoir que les siens ne sont pas à l’abri des épreuves. Celui qui condamne publiquement les faiblesses d’autrui doit comprendre qu’il peut, demain, être confronté aux mêmes tourments dans sa propre maison.
Le Sénégal ne manque déjà pas de donneurs de leçons. Il manque davantage de personnes capables de pratiquer sur elles-mêmes l’exigence qu’elles imposent aux autres.
Pendant des années, Mame Makhtar Gueye a occupé l’espace public pour dénoncer les dérives supposées de la jeunesse, des familles, des artistes, des hommes politiques et, plus largement, de la société sénégalaise. Il est donc difficile, aujourd’hui, de demander aux Sénégalais de détourner pudiquement le regard lorsque les mêmes problématiques viennent frapper à sa propre porte.
Mais attention : cela ne signifie pas qu’il faille humilier sa fille, l'accabler ou transformer ses difficultés en spectacle public. Bien au contraire.
Il faut distinguer la responsabilité du père de celle de l’enfant. La justice doit faire son travail. La famille doit faire le sien. Et la société devrait savoir faire preuve d’un minimum d’humanité.
Mame Makhtar Gueye, plutôt que de chercher partout des complots, il serait peut-être temps de vous occuper de votre famille. De chercher, avec les professionnels compétents si nécessaire, les moyens d’accompagner votre fille, de l’aider à retrouver un équilibre et de préserver son avenir.
Une cure, un accompagnement psychologique ou toute autre forme d’aide adaptée ne devrait être ni une honte ni un sujet de propagande : lorsqu’un proche traverse une période difficile, on l’aide. On ne l’exhibe pas.
Et surtout, on ne transforme pas chaque difficulté familiale en conférence de presse.
Parfois, la meilleure réponse est le silence. Parfois, la plus grande preuve de responsabilité consiste à se retirer du vacarme médiatique et à rentrer chez soi.
Mame Makhtar Gueye, personne ne vous demande d’abandonner votre fille. Au contraire : on vous demande simplement de redevenir son père avant de redevenir le moraliste de la République.
Vous avez passé suffisamment de temps à expliquer aux Sénégalais comment ils devaient vivre. Peut-être est-il temps, pour une fois, de regarder votre propre maison avec la même sévérité que celle que vous avez toujours réservée aux maisons des autres.
Et à ceux qui seraient tentés de juger cette jeune femme, rappelons également ceci : nul ne sait de quoi demain sera fait. Nos familles sont toutes vulnérables aux épreuves de la vie. Que Dieu protège nos enfants, préserve nos foyers et nous épargne l’épreuve de voir nos propres proches confrontés à des situations que nous pensions réservées aux autres.
La véritable leçon, finalement, est peut-être là : avant de balayer devant la maison du voisin, il faut avoir le courage de regarder ce qui se trouve devant la sienne.
L’affaire impliquant Fatou Binetou Gueye aurait précisément dû être de ceux-là.
On peut comprendre le désarroi d’un père confronté aux difficultés de sa fille. On peut comprendre son inquiétude, sa colère, sa douleur et même son sentiment d’impuissance. Un père n’est jamais insensible aux épreuves que traverse son enfant. Mais lorsque l’on a consacré une partie de sa vie publique à distribuer des leçons de morale à la société, à dénoncer les comportements des autres et à se poser en vigie des mœurs sénégalaises, il faut aussi accepter que la lumière se retourne un jour vers soi.
Et c’est précisément là que le bât blesse.
Mame Makhtar Gueye veut aujourd’hui nous parler de « piège », de « complot » et de machination. Soit. Mais avant de voir partout la main d’adversaires tapis dans l’ombre, il faudrait peut-être commencer par regarder la réalité familiale avec lucidité et responsabilité.
Sa fille se retrouve aujourd’hui au cœur d’une procédure judiciaire. Elle conteste, selon son père, la propriété du chanvre indien retrouvé dans son sac et affirme que cette substance aurait pu y être introduite à son insu. La justice devra établir la vérité. Il faut donc laisser les enquêteurs travailler et les magistrats trancher.
Mais il existe également des épisodes antérieurs qui auraient dû inviter à davantage de retenue. La jeune femme avait déjà fait parler d’elle après une fugue, avant d’être retrouvée dans une auberge. Cet épisode, à lui seul, aurait dû inciter le père à privilégier l’accompagnement familial, la discrétion et la recherche de solutions plutôt que l’exposition médiatique.
Car le véritable courage d’un père n’est pas de venir expliquer à la nation les difficultés de son enfant. C’est parfois de fermer les portes, de couper les caméras, de mettre son orgueil de côté et de consacrer toute son énergie à sauver ce qui peut l’être.
Mame Makhtar Gueye, si vous avez encore un peu de vergogne, il serait peut-être temps de prendre du recul, voire de vous mettre en retrait de Jamra et de cesser de distribuer des certificats de bonne conduite morale à une société dont vous prétendez être le gardien.
Non pas parce que vous seriez le seul Sénégalais à connaître des difficultés familiales. Bien au contraire. Parce que personne n’est parfait.
Et c’est précisément cela qu’il faut rappeler : la morale n’appartient à personne.
Celui qui passe son temps à vilipender les enfants des autres doit savoir que les siens ne sont pas à l’abri des épreuves. Celui qui condamne publiquement les faiblesses d’autrui doit comprendre qu’il peut, demain, être confronté aux mêmes tourments dans sa propre maison.
Le Sénégal ne manque déjà pas de donneurs de leçons. Il manque davantage de personnes capables de pratiquer sur elles-mêmes l’exigence qu’elles imposent aux autres.
Pendant des années, Mame Makhtar Gueye a occupé l’espace public pour dénoncer les dérives supposées de la jeunesse, des familles, des artistes, des hommes politiques et, plus largement, de la société sénégalaise. Il est donc difficile, aujourd’hui, de demander aux Sénégalais de détourner pudiquement le regard lorsque les mêmes problématiques viennent frapper à sa propre porte.
Mais attention : cela ne signifie pas qu’il faille humilier sa fille, l'accabler ou transformer ses difficultés en spectacle public. Bien au contraire.
Il faut distinguer la responsabilité du père de celle de l’enfant. La justice doit faire son travail. La famille doit faire le sien. Et la société devrait savoir faire preuve d’un minimum d’humanité.
Mame Makhtar Gueye, plutôt que de chercher partout des complots, il serait peut-être temps de vous occuper de votre famille. De chercher, avec les professionnels compétents si nécessaire, les moyens d’accompagner votre fille, de l’aider à retrouver un équilibre et de préserver son avenir.
Une cure, un accompagnement psychologique ou toute autre forme d’aide adaptée ne devrait être ni une honte ni un sujet de propagande : lorsqu’un proche traverse une période difficile, on l’aide. On ne l’exhibe pas.
Et surtout, on ne transforme pas chaque difficulté familiale en conférence de presse.
Parfois, la meilleure réponse est le silence. Parfois, la plus grande preuve de responsabilité consiste à se retirer du vacarme médiatique et à rentrer chez soi.
Mame Makhtar Gueye, personne ne vous demande d’abandonner votre fille. Au contraire : on vous demande simplement de redevenir son père avant de redevenir le moraliste de la République.
Vous avez passé suffisamment de temps à expliquer aux Sénégalais comment ils devaient vivre. Peut-être est-il temps, pour une fois, de regarder votre propre maison avec la même sévérité que celle que vous avez toujours réservée aux maisons des autres.
Et à ceux qui seraient tentés de juger cette jeune femme, rappelons également ceci : nul ne sait de quoi demain sera fait. Nos familles sont toutes vulnérables aux épreuves de la vie. Que Dieu protège nos enfants, préserve nos foyers et nous épargne l’épreuve de voir nos propres proches confrontés à des situations que nous pensions réservées aux autres.
La véritable leçon, finalement, est peut-être là : avant de balayer devant la maison du voisin, il faut avoir le courage de regarder ce qui se trouve devant la sienne.


La morale des autres, l’épreuve des siens : Mame Makhtar Gueye face au miroir


