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Loi de finances rectificative 2026 : le Premier ministre entre en résistance politique, défend ses arbitrages et tend la main à l’Assemblée nationale

Rédigé par Dakarposte le Dimanche 25 Octobre 2026 à 19:40 modifié le Dimanche 25 Octobre 2026 - 20:41

Dans une séquence politique où les tensions institutionnelles se mêlent aux impératifs de redressement économique, le Premier ministre Al Amine Lo a choisi de rompre le silence.


Loi de finances rectificative 2026 : le Premier ministre entre en résistance politique, défend ses arbitrages et tend la main à l’Assemblée nationale
Face à la presse, le chef du gouvernement a livré une longue plaidoirie en faveur du projet de loi de finances rectificative (LFR) pour 2026, défendant les arbitrages budgétaires de son équipe, récusant les accusations d’obstruction et réaffirmant sa disponibilité à renouer le fil du dialogue avec l’Assemblée nationale.

Derrière les chiffres, les amendements et les controverses parlementaires, une question traverse toute son intervention : comment préserver les équilibres de l’État, protéger les ménages sénégalais et maintenir le cap d’une transformation économique ambitieuse dans un contexte de fortes contraintes financières ?

Le Premier ministre n’a pas esquivé cette équation. Il en a fait le cœur de son argumentaire, tout en adressant à la représentation nationale un message sans ambiguïté : le désaccord est légitime en démocratie, mais il ne saurait, selon lui, se transformer en blocage de l’action gouvernementale.


Loi de finances rectificative 2026 : le Premier ministre entre en résistance politique, défend ses arbitrages et tend la main à l’Assemblée nationale
Entre éthique de la conviction et éthique de la responsabilité


D’emblée, le chef du gouvernement a placé son intervention sous le signe de la responsabilité républicaine. Une nation, a-t-il rappelé en substance, ne se mesure pas à son aptitude à traverser l’existence sans difficultés, mais à sa capacité à affronter les épreuves sans perdre de vue l’essentiel.

S’appuyant sur la sagesse populaire et sur des références philosophiques, il a évoqué la nécessité de concilier l’éthique de la conviction et l’éthique de la responsabilité. Une distinction qui, dans le contexte actuel, prend les allures d’un fil conducteur : d’un côté, les positions politiques défendues par les acteurs parlementaires ; de l’autre, l’obligation, pour l’exécutif, de prendre des décisions qui garantissent la continuité de l’État et répondent aux préoccupations immédiates des populations.

Al Amine Lo a rappelé avoir, dès sa déclaration de politique générale du 8 septembre 2026, insisté sur l’impératif d’un dialogue technique entre l’exécutif et le législatif. Il affirme avoir proposé au président de l’Assemblée nationale la mise en place d’échanges entre leurs équipes respectives, notamment autour des prochaines lois de finances.

Selon son récit, le principe de cette concertation aurait été accueilli favorablement. Il regrette toutefois que ses tentatives ultérieures de relance n’aient pas débouché sur les discussions souhaitées.

Pour lui, l’enjeu dépasse désormais la seule controverse budgétaire : il touche à la capacité des institutions à faire prévaloir l’intérêt général sur les considérations partisanes.



Loi de finances rectificative 2026 : le Premier ministre entre en résistance politique, défend ses arbitrages et tend la main à l’Assemblée nationale
LFR 2026 : le gouvernement dénonce une obstruction et réclame des amendements précis


Sur le terrain parlementaire, le chef du gouvernement a fermement contesté le rejet du projet de loi de finances rectificative en commission, estimant que les critiques formulées à l’encontre du texte doivent se traduire par des propositions concrètes.

Il a invoqué l’article 82 de la Constitution, qui encadre le droit d’amendement, pour rappeler les prérogatives des députés, tout en soulignant les restrictions constitutionnelles applicables aux propositions susceptibles de diminuer les ressources publiques ou d’accroître les charges de l’État.

Son message aux parlementaires est direct : s’ils contestent les choix du gouvernement, qu’ils proposent des amendements précis, argumentés et conformes aux exigences constitutionnelles.

À ses yeux, les déclarations générales ne permettent ni de corriger les déséquilibres budgétaires ni d’identifier les dépenses à préserver ou à réorienter. Il estime qu’un débat parlementaire véritablement constructif doit aller au-delà de la dénonciation et déboucher sur des solutions chiffrées.

Le patron de l'establishment considère ainsi que la controverse actuelle ne saurait occulter la nature même d’une loi de finances rectificative : adapter le budget en cours d’exécution aux évolutions économiques, aux recettes effectivement mobilisables et aux dépenses devenues prioritaires.

Il a également rappelé que la loi de finances initiale pour 2026 avait été élaborée et adoptée sous le précédent gouvernement, avant que les nouvelles contraintes économiques ne rendent nécessaires certains ajustements.


Un choc financier de 540 milliards de francs CFA au cœur des arbitrages



L’argument central de la défense gouvernementale repose sur l’ampleur des contraintes financières auxquelles le Sénégal serait confronté.

Le Premier ministre a notamment évoqué la révision à la baisse de certaines recettes, l’augmentation des dépenses énergétiques et la nécessité de contenir le déficit public dans un environnement budgétaire déjà tendu.

La hausse des cours internationaux des hydrocarbures occupe, dans son raisonnement, une place déterminante. Selon les chiffres avancés au cours de son intervention, les hypothèses initiales de prix du baril, établies autour de 69 dollars, ont été dépassées, faisant peser une charge supplémentaire considérable sur les finances publiques.

Le gouvernement affirme avoir privilégié une solution consistant à absorber une partie du choc par le budget de l’État, plutôt que de répercuter intégralement son coût sur les consommateurs.

Le Premier ministre a notamment évoqué une enveloppe supplémentaire de l’ordre de 500 milliards de francs CFA liée aux contraintes énergétiques, ainsi qu’un besoin global d’ajustement qu’il situe autour de 540 milliards.

Selon lui, la Loi de finances rectificative ne signifie pas que le gouvernement abandonne ses objectifs de développement. Elle vise plutôt à réorganiser les dépenses de l’État pour maintenir en priorité celles qui sont les plus urgentes.

Ahmadou Al Aminou Lo a défendu une ligne de conduite : identifier les investissements qui peuvent effectivement être exécutés avant la fin de l’année, différer ceux dont les conditions de réalisation ne sont pas réunies et protéger, dans la mesure des ressources disponibles, les dépenses sociales prioritaires.



555 milliards d’investissements différés : le gouvernement plaide le réalisme budgétaire


L’un des points les plus sensibles de la controverse concerne la réduction annoncée des crédits d’investissement.

Le Premier ministre a évoqué une diminution de 555 milliards de francs CFA des crédits de paiement consacrés aux investissements. Il a toutefois tenu à distinguer cette mesure d’une suppression définitive des projets concernés.

Selon les explications fournies, les autorisations d’engagement, qui matérialisent la possibilité de programmer un projet sur plusieurs exercices, auraient été maintenues. Les ajustements porteraient principalement sur les crédits de paiement, c’est-à-dire les sommes effectivement mobilisables au cours de l’exercice budgétaire en cours.

Le raisonnement défendu par le chef du gouvernement est simple : inscrire une dépense au budget ne suffit pas à garantir sa réalisation. Encore faut-il que les conditions administratives, techniques et financières permettant son exécution soient réunies.
Dans le cas contraire, soutient-il, maintenir artificiellement des crédits indisponibles ou difficilement exécutables reviendrait à fragiliser davantage l’équilibre budgétaire.

Le gouvernement présente donc ces reports comme des arbitrages de calendrier, et non comme un abandon de sa politique d’investissement. La concrétisation de cette promesse dépendra néanmoins des inscriptions budgétaires futures, de la disponibilité des financements et de l’avancement effectif des projets concernés.


Les arriérés de paiement : 300 milliards pour desserrer l’étau sur les entreprises



L’autre volet majeur de la LFR concerne les arriérés de paiement de l’État. Le Premier ministre a annoncé l’inscription de 300 milliards de francs CFA destinés à apurer une partie de ces engagements, dans un contexte où il a fait état d’un stock global d’arriérés avoisinant 1 956 milliards de francs CFA.

Pour le chef du gouvernement, cette mesure constitue un levier économique et social de premier plan.
Le règlement des créances publiques permettrait aux entreprises du bâtiment et des travaux publics, entre autres secteurs concernés, de retrouver de la trésorerie, de payer leurs fournisseurs, de reprendre certains chantiers et de renouveler leurs équipements.

Derrière ces opérations comptables se trouvent des réalités humaines : des ouvriers en attente de salaire, des techniciens privés d’activité, des entreprises fragilisées et des familles confrontées à des difficultés croissantes pour honorer leurs dépenses courantes.
Le Premier ministre a donc averti que le rejet de la LFR risquerait, selon son analyse, de retarder le règlement de ces créances et de prolonger les difficultés rencontrées par de nombreux acteurs économiques.

L’argument est politique, mais aussi social : le budget rectificatif est présenté comme un instrument de soulagement pour des entreprises et des ménages directement affectés par les tensions de trésorerie.



Le PRES mis en cause dans le financement de certains investissements

Le chef du gouvernement a également mis en lumière les limites des financements attendus dans le cadre du Programme de redressement économique et social (PRES).

Selon les données qu’il a avancées, les encaissements attendus de ce programme s’élevaient à 173 milliards de francs CFA à la fin du mois de septembre. Cette mobilisation de ressources, jugée insuffisante au regard des prévisions initiales, aurait contraint l’exécutif à différer environ 295 milliards de francs CFA de dépenses.

Le Premier ministre a attribué une partie de ces difficultés aux hypothèses de recettes retenues lors de la préparation du budget initial.
Il a également évoqué les projets financés sur ressources extérieures, pour lesquels les décaissements attendus n’auraient pas été intégralement mobilisés. Les ajustements correspondants représenteraient, selon ses déclarations, environ 239 milliards de francs CFA, dont 143 milliards liés à des opérations financières dont les décaissements auraient été suspendus.

Dans ces conditions, le gouvernement affirme avoir privilégié les projets dont le financement était sécurisé et dont l'exécution pouvait se poursuivre.

Le Premier ministre a notamment cité des investissements dans les infrastructures universitaires et sanitaires, tout en annonçant que plusieurs projets différés devraient être reprogrammés en 2027.

Il a mentionné, entre autres, des infrastructures hospitalières à Mbour, Kolda, Ziguinchor, Saint-Louis et Bakel, ainsi que des travaux d’assainissement à Touba.

Ces annonces dessinent une ligne de défense : préserver les projets réalisables, éviter les engagements sans financement suffisamment assuré et reporter les opérations dont l’exécution immédiate apparaît compromise.

Reste que la traduction concrète de ces engagements dans le budget de 2027 constituera un indicateur essentiel pour apprécier la portée réelle de ces arbitrages.


Bourses de sécurité familiale : le filet social érigé en priorité

Sur le terrain social, le Premier ministre a défendu avec insistance l’augmentation des ressources destinées aux bourses de sécurité familiale.
Selon les chiffres communiqués, l’enveloppe consacrée à ce dispositif serait passée de 35 à 70 milliards de francs CFA en 2026, avec un objectif de 140 milliards en 2027.

Le nombre de ménages bénéficiaires devrait, selon les annonces du chef du gouvernement, progresser jusqu’à atteindre un million.
Cette orientation traduit, dans son argumentaire, une volonté de faire de la protection des ménages vulnérables une priorité, même lorsque les contraintes financières imposent de revoir à la baisse certains investissements publics.

Le Premier ministre a récusé les critiques qui assimileraient cette extension à une démarche essentiellement politique. Il a présenté la mesure comme une réponse à l’ampleur des besoins sociaux et à la nécessité d’élargir la couverture des populations les plus fragiles.

Il a également insisté sur la priorité accordée à l’agriculture, à l’élevage, à l’éducation, à la santé, à l’eau et à l’assainissement.

La philosophie budgétaire qu’il défend consiste ainsi à privilégier les dépenses dont l’impact social est immédiat, sans renoncer pour autant aux investissements structurants susceptibles de soutenir la croissance à moyen et à long terme.
Subventions énergétiques : amortir le choc sans hypothéquer l’avenir


La question du pouvoir d’achat a occupé une place centrale dans la défense du gouvernement.

Le Premier ministre a expliqué que le renchérissement des hydrocarbures avait profondément modifié les paramètres sur lesquels reposait le budget initial. Il a notamment opposé le niveau des prix anticipé lors de la préparation budgétaire à celui observé par la suite sur les marchés internationaux.

Selon lui, le gouvernement avait deux possibilités : répercuter plus largement le choc sur les consommateurs ou en absorber une partie par les finances publiques.

L’exécutif affirme avoir retenu la seconde option afin de limiter les conséquences immédiates sur les ménages et de préserver la stabilité sociale.

Cette politique a toutefois un coût. Le maintien de subventions importantes réduit les marges de manœuvre disponibles pour d’autres dépenses et impose des arbitrages supplémentaires.

Le Premier ministre a ainsi défendu la nécessité de réformer durablement les mécanismes de soutien énergétique, notamment par un meilleur ciblage des subventions. Il a néanmoins estimé que, dans l’urgence, la priorité devait rester la protection des populations contre les effets les plus brutaux de la crise.

L’équation demeure délicate : soutenir le pouvoir d’achat, préserver les finances publiques et financer les investissements prioritaires sont trois objectifs que la conjoncture rend difficiles à concilier.



Fonds spéciaux et train de vie de l’État : la défense du gouvernement

Interpellé sur la rationalisation des dépenses publiques et le contrôle des fonds spéciaux, le Premier ministre a affirmé que son gouvernement avait engagé des réductions substantielles des dépenses de fonctionnement.

Il a évoqué environ 180 milliards de francs CFA d’économies ou de réductions de crédits, ainsi que des abattements de 50 à 80 % sur certaines enveloppes destinées aux fournitures, aux consommables, aux conférences, aux séminaires et aux cérémonies, hors dépenses protégées.

Il a également abordé la réforme du secteur parapublic, affirmant que les travaux engagés précédemment faisaient encore l’objet d’un examen destiné à en vérifier la qualité et les conséquences sociales.

Sur ce point, le chef du gouvernement a refusé toute approche précipitée qui pourrait conduire à des suppressions de postes sans solution de redéploiement pour les agents concernés.

Il a insisté sur la nécessité de concilier rationalisation administrative, efficacité des structures publiques et préservation des emplois.
Concernant les fonds spéciaux, il a défendu le principe de leur existence, tout en se disant disposé à poursuivre les échanges sur leur encadrement.

Selon son explication, ces crédits répondent à des situations particulières qui ne peuvent pas toujours être traitées dans les circuits ordinaires de la dépense publique, notamment lorsque des impératifs d’urgence ou de sensibilité l’exigent.
Il a cependant renvoyé la représentation parlementaire à la nécessité d’un dialogue serein et documenté sur les modalités de contrôle et d’utilisation de ces ressources.



Dette publique et sincérité budgétaire : l’exécutif se dit ouvert à la transparence


Le Premier ministre a également réaffirmé la volonté du gouvernement de garantir la sincérité des comptes publics et la transparence de la dette.

Il a invité les parlementaires à préciser les informations qu’ils souhaiteraient obtenir au-delà de celles déjà présentées dans les documents budgétaires, assurant que les services compétents seraient mobilisés pour fournir les éclaircissements nécessaires.
Cette ouverture vise à répondre aux interrogations sur la situation financière du pays et sur les choix opérés par l’exécutif dans un contexte de marges budgétaires réduites.

Elle intervient alors que la question de la dette et de ses conséquences sur la capacité d’investissement de l’État demeure au cœur du débat économique national.

Pour le chef du gouvernement, la transparence ne devrait pas être un motif de confrontation, mais un terrain de travail commun entre les institutions.


Le président de l’Assemblée nationale invité à renouer le dialogue



Au-delà de la défense technique de la LFR, le Premier ministre a consacré la conclusion de son intervention à une nouvelle offre de dialogue adressée au président de l’Assemblée nationale.

Il a réaffirmé son refus de transformer les divergences institutionnelles en confrontation publique entre les plus hautes autorités de l’État, estimant qu’un débat direct entre le chef du gouvernement et le président de l’Assemblée nationale ne saurait se substituer aux mécanismes ordinaires de concertation républicaine.

Il a toutefois renouvelé sa disponibilité à se rendre à l’Assemblée nationale, accompagné du ministre des Finances et des autres membres du gouvernement concernés, afin de répondre aux interrogations des députés.

Il a même proposé que cette rencontre se tienne dès le lendemain de sa déclaration, dans l’objectif de clarifier les points de désaccord avant l’examen du texte en séance plénière.

Cette main tendue constitue l’un des principaux messages politiques de son intervention.

Le Premier ministre veut donner à voir un exécutif disposé à expliquer ses choix, à fournir des données complémentaires et à rechercher une issue institutionnelle au différend. Il entend, dans le même temps, rappeler que la responsabilité de la continuité de l’État ne saurait être dissociée de celle des parlementaires dans l’exercice de leurs prérogatives.


Une bataille des chiffres, mais surtout une bataille de confiance



Au terme de cette longue intervention, le débat autour de la loi de finances rectificative apparaît comme le révélateur d’une tension plus profonde : celle qui oppose la nécessité de préserver les équilibres financiers à l’exigence de répondre aux attentes sociales et économiques des Sénégalais.

Le gouvernement soutient que les ajustements proposés sont dictés par les contraintes objectives de l’exercice budgétaire et qu’ils visent à protéger les dépenses prioritaires, à honorer une partie des arriérés de paiement et à absorber le choc énergétique.

Ses contradicteurs, de leur côté, sont appelés à préciser leurs propositions et à assumer leurs choix dans le cadre constitutionnel. Mais la solidité de l’argumentaire gouvernemental devra également se mesurer à la transparence des chiffres, à la vérifiabilité des économies annoncées et à la concrétisation des projets reportés.

Car une loi de finances rectificative ne se juge pas seulement à la cohérence de ses justifications. Elle s’apprécie aussi à ses effets sur la vie quotidienne, à sa capacité à préserver les services publics et à la fidélité des engagements pris envers les populations.



« Nous ne sommes pas des ennemis » : le dernier mot au dialogue


En clôturant son propos, le Premier ministre a choisi de revenir à l’essentiel : le Sénégal. Il a rappelé que les divergences entre l’exécutif et le législatif ne devraient jamais faire oublier la finalité commune de l’action publique. Les institutions peuvent s’opposer sur les moyens, les priorités ou les méthodes ; elles ne devraient pas perdre de vue leur responsabilité collective envers la nation.

Son appel final se veut sans équivoque : renouer le dialogue, clarifier les incompréhensions et permettre au pays de poursuivre son chemin sans que les différends politiques ne compromettent les impératifs de l’État.

Reste désormais à savoir si cette main tendue trouvera un écho favorable à l’Assemblée nationale et si les explications fournies suffiront à dissiper les désaccords autour du budget rectificatif.

Au-delà des postures, des chiffres et des passes d’armes, c’est la capacité des institutions sénégalaises à conjuguer exigence démocratique, responsabilité budgétaire et justice sociale qui se trouve mise à l’épreuve.

Le Sénégal n’a pas seulement besoin d’un budget corrigé. Il a besoin d’un débat public éclairé, de chiffres vérifiables, d’engagements tenus et d’institutions capables de faire prévaloir l’intérêt général sur les calculs partisans.

C’est à cette aune que sera jugée la portée de cette intervention du Premier ministre. Car, dans une démocratie, la confrontation des idées est une richesse ; mais lorsque les divergences menacent de paralyser l’action publique, le dialogue cesse d’être une simple option politique : il devient une exigence républicaine.
Mamadou Ndiaye

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