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REJET DE LA LFR : QUAND LA MAJORITÉ PASTEF MET SON PROPRE GOUVERNEMENT À L'ÉPREUVE (Baba Gaye)

Rédigé par Dakarposte le Dimanche 8 Novembre 2026 à 17:38 modifié le Dimanche 8 Novembre 2026 - 23:06

Le rejet de la Loi de finances rectificative (LFR) par l'Assemblée nationale ouvre une séquence politique qui interpelle sur la cohérence et la responsabilité de la majorité parlementaire.

Le plus surprenant dans cette affaire n'est pas simplement le rejet d'un texte budgétaire, mais le fait qu'il émane de députés appartenant au même camp politique que le gouvernement. Une situation qui soulève une question fondamentale : peut-on prétendre gouverner efficacement lorsque sa propre majorité parlementaire bloque l'examen d'un texte porté par l'exécutif ?

Au centre de cette séquence, Cheikh Diba, ministre de l'Économie et des Finances, qui a défendu la nécessité de cette loi de finances rectificative. Son travail mérite un débat sérieux, des questions précises et un contrôle rigoureux. Mais le contrôle parlementaire doit-il nécessairement se traduire par le blocage de l'examen d'un texte aussi important pour la gestion des finances publiques ?

Les députés ont parfaitement le droit de contester les choix du gouvernement. Cependant, ce droit implique également une responsabilité : celle de proposer des alternatives et de mesurer les conséquences de leurs décisions.

Le Sénégal ne peut pas devenir le terrain d'un bras de fer permanent entre les différentes composantes d'un même pouvoir. Les divergences politiques ne doivent pas prendre le dessus sur les impératifs économiques et sociaux.

Le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko sont désormais face à un enjeu majeur : rétablir la cohérence entre l'exécutif et sa majorité parlementaire.

La transparence budgétaire est une exigence. Le contrôle parlementaire est un droit. Mais la responsabilité politique est un devoir.

Une majorité parlementaire ne doit pas être une simple chambre d'enregistrement, mais elle ne peut pas non plus transformer chaque désaccord en crise institutionnelle.

Au final, une question mérite d'être posée : qui assume les conséquences lorsque ceux qui gouvernent et ceux qui soutiennent le gouvernement ne parviennent plus à avancer dans la même direction ?

Le Sénégal a besoin de solutions, pas d'une confrontation permanente au sommet de ses institutions.


Par Baba Gaye
Citoyen Sénégalais

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