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17 décembre 1962 : date du divorce entre Mamadou Dia et Senghor

Dimanche 17 Décembre 2017
ACTUALITÉ

17 décembre 1962 : date du divorce entre Mamadou Dia et Senghor

La date du 17 décembre 1962 demeure une tache sombre dans l’histoire politique du Sénégal. Le lundi 17 décembre 1962, Mamadou Dia fait évacuer l’Assemblée et déploie un cordon de gendarmerie autour du bâtiment. Quatre députés sont arrêtés. Mais la motion est tout de même votée dans l’après-midi du 17 au domicile du président de l’Assemblée, maître Lamine Guèye. Le 18, Mamadou Dia et ses compagnons dont arrêtés par un détachement de paras-commandos. 
Mis en accusation, il est jugé du 9 au 13 mai 1963 par la Haute Cour. Il est défendu par plusieurs avocats, dont l’ancien président sénégalais, Abdoulaye Wade. Il est condamné à la déportation perpétuelle dans une enceinte fortifiée. Il est transféré à Kédougou.
Mamadou Dia sera libéré douze ans plus tard, en 1974. Sans jamais retrouver l’importance politique qu’il avait lors de l’indépendance, il a continué depuis à jouer le rôle d’intellectuel et de figure morale.
Cette chute n’est cependant rendue possible que par la dégradation des relations entre Mamadou Dia et Léopold Sédar Senghor, entre les deux têtes de l’Etat sénégalais indépendant.
Le différend entre les deux hommes 
Les deux hommes ont déjà connu de profonds désaccords, notamment quand le général De Gaulle a proposé le référendum de 1958 sur la communauté française. Les deux hommes s’étaient alors opposés dans un débat d’idées de plusieurs heures à Gonneville-sur-Mer en Normandie (nord-ouest de la France). Senghor veut alors le maintien dans la communauté, Dia souhaite la rupture. Senghor tranche le débat en avouant qu’il a déjà pris des dispositions pour faire voter « oui ». Et qu’il a déjà fait des promesses au gouvernement français.
Mais au début de ces années 60, les désaccords s’approfondissent, notamment sur les orientations à donner au pays et la politique menée par Dia. « Senghor lui-même ne disait rien sur ces réformes ; il n’exprimait pas son hostilité, mais je sentais qu’il n’était point enthousiaste : il restait froid. Cependant, il se faisait de temps en temps l’écho d’amis qui se plaignaient que ma politique ‘était en train d’apeurer les capitaux et qu’à la limite elle les ferait fuir’ ».
Mamadou Dia persiste et le prouve dans un discours qui va pousser ses détracteurs à l’action. Le 8 décembre 1962, il prononce à Dakar l’allocution de clôture d’un colloque international intitulé « les politiques de développement et les diverses voies africaines du socialisme ».  Il y réaffirme ses thèses. Proclame notamment la nécessité du « rejet révolutionnaire des anciennes structures ». Et appelle à « concevoir une mutation totale qui substitue à la société coloniale et à l’économie de traite une société libre et une économie de développement ». A la suite de ce discours, une partie des députés décide de passer à l’attaque et dépose une motion de censure.
Dia pense que la motion est irrecevable, parce que conçue en dehors des structures légales du parti et formulée dans un contexte d’état d’urgence. Il demande que le Conseil national du parti puisse l’examiner. Senghor, lui, souhaite que l’Assemblée se réunisse pour examiner la motion. Mamadou Dia tente d’empêcher la tenue de cette réunion. Le lundi 17 décembre 1962, il évacue l’Assemblée nationale, mais la motion sera votée au domicile du président de l’Assemblée. s’en suivra son arrestation et sa condamnation.
Décédé à l’âge de 99 ans, en 2009, le premier ministre du Sénégal lors de son indépendance profitait de son expérience pour intervenir dans les médias sénégalais comme commentateur de la vie politique locale.
Senego avec Rfi

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