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Affaire de la CDC : deux agents du CACO placés sous contrôle judiciaire après un cautionnement immobilier

Rédigé par Dakarposte le Jeudi 27 Août 2026 à 19:28 modifié le Jeudi 27 Août 2026 - 21:28

Une procédure judiciaire désormais ouverte




L’affaire relative au détournement présumé de deniers publics au préjudice de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) connaît un nouveau développement. Selon les informations rapportées par Seneweb, deux agents du Consortium africain de conseil et d’organisation (CACO), mis en cause dans ce dossier, ont été inculpés par le juge du troisième cabinet du Pool judiciaire financier avant d’être admis au bénéfice d’une liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire.
Cette décision intervient dans le cadre d’une information judiciaire désormais ouverte, à la suite des investigations conduites par la Division des investigations criminelles (DIC) et des réquisitions du parquet financier.

Affaire de la CDC : deux agents du CACO placés sous contrôle judiciaire après un cautionnement immobilier
Un préjudice évalué à plus de 2,2 milliards de francs CFA



L’affaire trouve son origine dans une plainte déposée le 18 novembre 2024 par le directeur général du CACO auprès de la DIC. Celle-ci portait sur des paiements de factures qui, selon les premiers éléments de l’enquête, ne correspondaient à aucune prestation effectivement réalisée.

Les investigations ont par la suite mis au jour plusieurs anomalies, notamment des faits présumés de surfacturation ainsi que l’existence de prestations fictives. Initialement évalué à plus d’un milliard de francs CFA, le préjudice allégué a été substantiellement réévalué à la faveur d’un audit interne, pour atteindre précisément 2 225 584 769 francs CFA.
Le parquet financier avait rendu publics les principaux éléments de cette affaire dans un communiqué en date du 13 août dernier.

Affaire de la CDC : deux agents du CACO placés sous contrôle judiciaire après un cautionnement immobilier
Des qualifications pénales particulièrement lourdes




Eu égard à la nature et à l’ampleur des faits dénoncés, le procureur financier avait requis l’ouverture d’une information judiciaire à l’encontre des deux agents concernés.

Ceux-ci sont poursuivis, selon les éléments communiqués dans le cadre de la procédure, pour des faits susceptibles de recevoir les qualifications d’association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écriture privée de commerce ou de banque, détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et complicité de détournement de deniers publics.

Ces qualifications, particulièrement sévères, devront toutefois être appréciées à l’aune des investigations du juge d’instruction, les intéressés demeurant présumés innocents jusqu’à l’issue définitive de la procédure.

Affaire de la CDC : deux agents du CACO placés sous contrôle judiciaire après un cautionnement immobilier
Le cautionnement en nature comme garantie judiciaire



Conduits devant le parquet financier par les enquêteurs de la DIC, les deux mis en cause ont ensuite été présentés au juge du troisième cabinet du Pool judiciaire financier mardi dernier.

Dans le cadre de leur demande de mise en liberté, ils ont procédé à un cautionnement en nature, constitué de titres fonciers. Les biens immobiliers proposés en garantie auraient fait l’objet d’une expertise destinée à en déterminer la valeur.


Selon les informations disponibles, l’évaluation de ces biens correspondrait au montant du préjudice retenu dans le réquisitoire introductif du procureur financier, soit plus de 2,2 milliards de francs CFA.

Une liberté provisoire sous contrôle judiciaire



Après consignation de ces garanties immobilières, le magistrat instructeur a procédé à leur inculpation avant de leur accorder une liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire.

Cette mesure ne saurait, sur le plan juridique, être assimilée à un classement de l’affaire ni à une exonération de responsabilité. Elle permet aux intéressés de demeurer en liberté pendant le déroulement de l’information judiciaire, sous réserve du respect des obligations qui leur sont imposées par le magistrat instructeur.

L’enquête judiciaire entre ainsi dans une nouvelle phase. Il appartiendra désormais au juge d’instruction de poursuivre les investigations, de déterminer avec précision les responsabilités individuelles et de réunir les éléments de preuve susceptibles de confirmer ou, le cas échéant, d’infirmer les charges actuellement retenues.

Une affaire appelée à connaître de nouveaux développements



Au-delà du montant considérable du préjudice allégué, évalué à 2,225 milliards de francs CFA, cette procédure revêt une importance particulière en raison de la nature des faits dénoncés et des qualifications pénales envisagées.

L’ouverture de l’information judiciaire marque donc une étape importante, sans préjuger de l’issue du dossier. Les prochains actes de procédure devraient permettre de préciser les circonstances dans lesquelles les paiements litigieux auraient été effectués, l’éventuelle réalité des prestations facturées ainsi que le degré d’implication de chacune des personnes mises en cause.

La justice devra désormais établir les faits, apprécier les responsabilités et, le cas échéant, déterminer les suites pénales appropriées, dans le strict respect des principes directeurs de la procédure pénale et, notamment, de la présomption d’innocence.

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