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Dakar étouffe sous les déchets et l’anarchie : il est temps de reprendre la ville en main

Rédigé par Dakarposte le Vendredi 14 Août 2026 à 15:41 modifié le Vendredi 14 Août 2026 - 17:41

Dakar étouffe sous les déchets et l’anarchie : il est temps de reprendre la ville en main
Il faut parfois cesser de détourner le regard pour accepter de voir ce qui crève les yeux. Dakar, notre capitale, croule sous les déchets plastiques, les sachets, les détritus de toutes sortes et les stigmates d’une indiscipline collective qui semble avoir fini par s’installer dans les habitudes.

Il suffit de parcourir certaines artères de la ville pour mesurer l’ampleur du mal : Dakar n’est pas une ville propre, et l’anarchie qui y règne dans bien des espaces publics donne parfois le sentiment que nul ne répond plus de rien.

Il faut y vivre, emprunter quotidiennement ses rues, ses trottoirs et ses ruelles pour mesurer à quel point la saleté est devenue familière. Et le constat, hélas, ne se limite pas à Dakar.

De nombreuses localités du pays sont confrontées à la même réalité : déchets abandonnés, espaces publics dégradés, occupation anarchique de la voie publique et absence persistante d’un véritable réflexe citoyen en matière d’environnement.

Soixante-six ans après l’accession du Sénégal à l’indépendance, il est difficile de se résigner à voir la capitale offrir encore, par endroits, le visage d’une ville où certaines rues demeurent sablonneuses et insuffisamment aménagées.

À défaut de goudron, certaines voies pourraient à tout le moins être pavées, entretenues et débarrassées de ces accumulations de sable et d’immondices qui rendent les déplacements pénibles et donnent une image peu flatteuse de la capitale.

Mais le problème ne s’arrête pas là. Les trottoirs, lorsqu’ils existent, sont trop souvent confisqués par des activités commerciales ou occupés de manière anarchique. Le piéton, pourtant premier usager de l’espace urbain, se retrouve contraint de descendre sur la chaussée et de se frayer un passage au milieu des véhicules.

Une situation dangereuse qui transforme le simple fait de marcher en exercice de prudence permanente.
Pour s’en convaincre, il suffit de faire un tour du côté de la rue Sandiniery, en plein cœur de Dakar, ou encore de parcourir l’avenue Ponty. Ces artères emblématiques racontent, à leur manière, une ville où la puissance publique semble parfois avoir renoncé à faire respecter les règles élémentaires de l’occupation de l’espace urbain.

Et pourtant, le Sénégal s’apprête à recevoir le monde entier à l’occasion des Jeux olympiques de la jeunesse. Dakar sera alors observée, photographiée, parcourue et jugée par des visiteurs venus de tous les horizons. Quelle image voulons-nous leur offrir ? Celle d’une capitale moderne, ordonnée et accueillante, ou celle d’une métropole où les déchets s’amoncellent, où les trottoirs sont accaparés et où le piéton doit constamment négocier son droit à circuler ?

À Dakarposte, nous estimons qu’il ne saurait être question de se contenter d’opérations ponctuelles de nettoyage destinées à donner, quelques jours durant, l’illusion d’une ville propre. Le Sénégal a besoin d’une véritable politique permanente de salubrité urbaine, fondée à la fois sur l’éducation, la prévention, le contrôle et la sanction.

L’État gagnerait donc à siffler clairement la fin de cette anarchie. Non seulement parce que l’image du Sénégal est en jeu, mais surtout parce que la qualité de notre environnement conditionne directement notre qualité de vie. Une ville propre n’est pas un luxe : c’est une exigence de santé publique, de dignité collective et de respect des générations futures.

Pourquoi, dès lors, ne pas envisager la création de brigades environnementales dans chaque commune, dotées de missions précises de surveillance, de sensibilisation, de nettoiement et de verbalisation ? Ces brigades pourraient agir quotidiennement sur le terrain, en coordination avec les collectivités territoriales, afin que le respect de l’environnement ne dépende plus de campagnes sporadiques, mais devienne une politique publique permanente.

Il faudra également avoir le courage de rappeler que l’État ne peut pas tout faire. Le citoyen qui jette son sachet dans la rue, le commerçant qui transforme le trottoir en extension de sa boutique, l’automobiliste qui se gare n’importe où et celui qui considère l’espace public comme une propriété privée participent, chacun à leur manière, à cette dégradation.

La responsabilité est donc collective. Mais lorsque l’incivisme devient massif et que l’anarchie s’installe durablement, la puissance publique doit reprendre ses prérogatives et faire respecter la règle.

Dakar mérite mieux que ses ordures, ses trottoirs confisqués et ses rues défigurées. Le Sénégal mérite mieux encore.
À l’approche des grands rendez-vous internationaux qui placeront notre pays sous les projecteurs du monde, il serait temps de comprendre que la propreté de nos villes n’est pas seulement une question d’esthétique : elle est le miroir de notre civisme, de notre gouvernance et de l’idée que nous nous faisons de notre propre pays.

Le ministre de l’Environnement est donc interpellé. Il est grand temps de passer des discours aux actes et de faire de la salubrité une politique durable, visible et contraignante.

Dakar étouffe sous les déchets et l’anarchie : il est temps de reprendre la ville en main

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