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Démenti formel de Macodou Sène, ancien DAGE, affirmant n'avoir ni géré de fonds spéciaux ni été interpellé.

Rédigé par Dakarposte le Mardi 18 Août 2026 à 15:19 modifié le Mardi 18 Août 2026 - 17:19

Démenti formel de Macodou Sène, ancien DAGE, affirmant n'avoir ni géré de fonds spéciaux ni été interpellé.
Le débat sur la gestion des fonds politiques au Sénégal vient de connaître un nouvel épisode, aussi sensible que révélateur des tensions qui entourent désormais la question de la transparence dans la conduite des affaires publiques.

Lors d’un entretien accordé à plusieurs médias le 16 août, Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale et ancien Premier ministre, a évoqué l’existence d’un présumé « trou » de trois milliards de francs CFA dans les comptes de la Primature durant la période où il se trouvait à la tête du gouvernement. Une affirmation lourde de conséquences, tant par le montant évoqué que par les interrogations qu’elle ne manque pas de susciter sur la gestion des ressources publiques.

Selon les déclarations rapportées, Ousmane Sonko aurait cherché à obtenir des explications auprès de Macodou Sène, qui occupait alors les fonctions de Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE) à la Primature. Il aurait toutefois été invité à se rapprocher de Cheikh Diba, aujourd’hui ministre de l’Économie et des Finances, qui exerçait à cette époque les responsabilités de directeur de la Programmation budgétaire à la Direction générale du Budget.

L’affaire aurait pu en rester à ces quelques éléments, si Macodou Sène n’était venu publiquement contester cette version. Interrogé par la TFM, l’ancien DAGE a catégoriquement réfuté avoir été interpellé par Ousmane Sonko au sujet d’un quelconque déficit. « Non, je n’ai pas été interpellé ! », a-t-il déclaré, avant de préciser qu’en sa qualité de DAGE, il n’avait jamais eu la charge de gérer des fonds spéciaux.

L’ancien responsable administratif affirme, au contraire, que les fonds placés sous sa responsabilité étaient soumis aux règles de justification. Une précision qui, si elle est confirmée par les documents administratifs et comptables pertinents, mérite d’être prise au sérieux, car elle distingue clairement la gestion administrative ordinaire des mécanismes particuliers attachés aux fonds dits spéciaux.

Dès lors, une question essentielle demeure : de quels fonds parle-t-on exactement, de quelle période précise s’agit-il et surtout, sur quelles pièces comptables repose l’affirmation faisant état d’un manque de trois milliards de francs CFA ?

Dans une matière aussi grave, les déclarations publiques, aussi solennelles soient-elles, ne sauraient suffire. Il faut des traces, des pièces, des états financiers, des procès-verbaux, des rapprochements comptables et, le cas échéant, les conclusions d’un contrôle indépendant. La vérité administrative ne se décrète pas devant un micro ; elle se démontre dans les documents.

Le fait que Cheikh Diba soit également cité dans cette séquence donne naturellement à l’affaire une dimension supplémentaire. Son ancienne fonction de directeur de la Programmation budgétaire le situait au cœur de la chaîne budgétaire de l’État, mais cette seule circonstance ne permet évidemment pas, à elle seule, de tirer quelque conclusion que ce soit sur sa responsabilité personnelle.

Il convient donc de résister à la tentation, malheureusement fréquente dans le débat politique, de transformer une controverse comptable en procès d’intention. Un montant de trois milliards de francs CFA n’est pas une anecdote. Mais précisément parce que la somme est considérable, elle commande davantage de rigueur, davantage de preuves et moins de spéculations.

Le Sénégal gagnerait à ce que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Si un déficit a réellement été constaté, il faut en établir l’origine, la nature et les responsabilités éventuelles. Si, au contraire, il s’agit d’une confusion comptable, d’une différence d’interprétation ou d’une affirmation dépourvue de fondement documentaire, il appartient aux mêmes exigences de transparence de le démontrer.

Au fond, cette controverse dépasse les personnes. Elle touche à une question autrement plus importante : celle de la confiance que les citoyens peuvent accorder à la parole publique et à la gestion des deniers de la République.

Lorsque plusieurs milliards de francs CFA sont évoqués, la politique doit céder le pas à la comptabilité, aux pièces justificatives et au contrôle. Car, dans une République qui prétend faire de la rupture et de la transparence des principes cardinaux, la vérité ne peut avoir de couleur partisane.

Elle doit simplement être établie.

Démenti formel de Macodou Sène, ancien DAGE, affirmant n'avoir ni géré de fonds spéciaux ni été interpellé.

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