Dialogue Politique, «La Prétendue Société Civile Autoproclamée N’a Pas Sa Place… », Selon Jean Paul DIAS

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Dialogue Politique, «La Prétendue Société Civile Autoproclamée N’a Pas Sa Place… », Selon Jean Paul DIAS
Contrairement à plusieurs partis de l’opposition qui ont boycotté la rencontre avec le ministre de l’Intérieur la semaine dernière, sur le processus électoral, Jean Paul Dias et le Bcg y étaient.
Par contre, ils se disent «déçus et désappointés» par la tournure des événements. «Au lieu de ce qui était proposé dans le corps de votre lettre, c’est un tout autre ordre du jour qui fut imposé aux partis politiques»,indique Jean Paul Dias dans une lettre adressée au ministre de l’Intérieur. Le patron du Bcg fait remarquer d’emblée qu’un document intitulé «Termes de Référence» a été distribué pour tenir lieu de canevas de travail alors que le contenu de ce texte aurait dû être examiné, préalablement, par les participants pour parvenir à des termes de référence consensuels et non imposés. Résultat, souligne le Bcg,  «le document est rempli d’inexactitudes et d’omissions volontaires. Par exemple, on persiste à parler de refonte partielle du fichier alors qu’il s’était agi d’une refonte totale ainsi que le Bcg en avait fait l’observation, par écrit, à votre prédécesseur». Mieux, poursuit Jean Paul Dias, «contrairement à ce qui est prétendu, la ‘crédibilité’  des élections législatives passées a bel et bien été  entamée ; les suspicions réelles et objectives qui ne constituent pas de simples  malentendus sont toujours vivaces et non le contraire. L’organisation d’une fraude industrielle avait été mise en place au point où des électeurs de plusieurs dizaines ou centaines de bureaux de vote n’ont pu accomplir leur devoir de citoyen. Aucune urgence, certainement pas un souci d’élimination de stock mort  ne commandait l’établissement de nouvelles cartes d’identité  d’autant que la Cedeao avait imparti 4 ans aux Etats membres pour y parvenir, que les nôtres ne comportent même pas de filiation, dans un pays à homonymie étendue, que les cartes n’ont rien de biométrique, que les nombreux doublons prouvent la mauvaise qualité du travail et donc potentiellement la reconstitution d’un stock mort  etc…»
Jean Paul Dias précise aussi que le pouvoir a eu recours à la mobilisation des forces de police pour la protection de ses candidats et pour tirer des grenades lacrymogènes sur les autres. «Enfin, ce n’est pas le nombre de cartes produites  qui compte mais bien celui des cartes, dépourvues d’erreurs et effectivement distribuées dans le pays et en diaspora», fait-il encore remarquer au ministre de l’Intérieur. «Pour dire la nécessité d’un débat diagnostic franc avant engagement de quelques concertations que ce soient. Toute tentative de banalisation ou de falsification de la gravité des faits constitue un délit de dissimulation de la vérité. De tout cela vous n’étiez pas, personnellement, responsable donc ne vous laissez pas induire en erreur», ajoute-t-il.
Par ailleurs le Bcg estime que «la prétendue société civile autoproclamée n’a pas sa place dans ce type de rencontre politique. Ces gens n’admettent pas les partis politiques dans leurs réunions. Eux-mêmes ne sont pas associés aux concertations impliquant les syndicats».
Quant à la Cena et au Cnra «qui se sont discrédités au plus haut niveau, il aurait été plus judicieux pour le ministère de l’Intérieur de pousser au renouvellement de certains mandats plutôt que de nous infliger leur présence. Lors des dernières élections, leurs prestations ont été des plus déplorables».
Dans ses contre-propositions, Jean Paul Dias suggère que le ministère de l’Intérieur s’attache, d’abord, à remplir ses obligations à savoir s’activer à la distribution effective des cartes nationales d’identité et que dans le même temps il soit procédé aux rectifications d’erreurs manifestes sur les cartes d’identité distribuées. «Ce n’est qu’à l’issue de cet exercice qu’une première mouture du fichier électoral, plus ou moins fiable, pourrait être établie, pas avant. Le respect de la loi, du Code électoral, par vos services constitue le début et la base des solutions à apporter ; ce qui évitera de se couvrir du manteau des avis du Conseil constitutionnel pour rattraper, par voie illégale, des manquements de l’Administration», affirme le leader du Bcg qui assujettit sa prochaine participation à ces concertations, à la prise en compte de tous les faits relevés dans la lettre.
 
Georges Nesta DIOP
walfnet.com

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