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Fonds spéciaux : Ousmane Sonko met en cause la gestion passée et interpelle Cheikh Diba

Rédigé par Dakarposte le Lundi 17 Août 2026 à 01:18 modifié le Lundi 17 Août 2026 - 03:18

Lors de son face-à-face avec la presse, Ousmane Sonko a livré une séquence particulièrement remarquée en évoquant la gestion des fonds spéciaux et, surtout, en mettant directement en cause des opérations intervenues sous la responsabilité de l’ancien DAGE. Dans un passage dont la portée politique ne manquera pas d’alimenter les commentaires, le président de l’Assemblée nationale affirme que plus de trois milliards de francs CFA auraient été pompés autour des mois de mars et d’avril, avant et après une période qu’il présente comme particulièrement sensible.

Mais le plus troublant dans ses propos réside dans le fait qu’il affirme ne pas avoir reçu toutes les explications qu’il estime nécessaires.
S’adressant indirectement à l’actuel ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, Ousmane Sonko réclame un état précis des mouvements financiers concernés. « Il faut qu’on me fasse le point sur ça », a-t-il lancé en substance, laissant entendre que certaines opérations mériteraient encore d’être éclaircies.

Le leader de Pastef avance ensuite des montants qui donnent à cette séquence une dimension particulière. Il évoque notamment 2,090 milliards de francs CFA pour la période 2024-2025 et 1,870 milliard pour 2026, avant d’annoncer qu’il entend expliquer lui-même la manière dont il aurait géré les fonds placés sous sa responsabilité.
C’est à ce moment que le ton change. Ousmane Sonko assure vouloir démontrer que, de son côté, chaque franc aurait été utilisé et justifié. « Je vais vous dire ce qui s’est passé. Et après je vais vous dire comment j’ai géré ce fonds, centime par centime », affirme-t-il, en insistant sur le caractère documenté des dépenses et sur l’existence, selon lui, de justificatifs.

Mais derrière cette volonté affichée de rendre des comptes se dessine une interrogation plus lourde : si des anomalies ou des irrégularités ont réellement été constatées dans la gestion antérieure des fonds spéciaux, pourquoi ces éléments n’ont-ils pas été publiquement établis et documentés jusqu’ici ? Et surtout, quelle part de responsabilité incombe précisément au DAGE, à l’administration financière et aux différentes autorités qui ont validé ou exécuté les opérations concernées ?

L’évocation de Cheikh Diba est, à cet égard, loin d’être anodine. Celui qui occupe aujourd’hui le portefeuille des Finances et du Budget se trouve placé au cœur d’une demande d’explication formulée publiquement par le président de l’Assemblée nationale. Ousmane Sonko semble lui demander, en substance, de produire la photographie exacte des mouvements financiers afin que chacun puisse distinguer ce qui relève des crédits normalement engagés, des dépenses effectivement exécutées et des éventuelles opérations qui nécessiteraient des éclaircissements.

Il faut toutefois se garder, à ce stade, de transformer ces déclarations politiques en conclusions judiciaires. Une accusation ou une révélation formulée dans une émission ne vaut pas, à elle seule, preuve d’une infraction.
Les montants évoqués doivent être confrontés aux documents comptables, aux ordres de paiement, aux pièces justificatives et, le cas échéant, aux conclusions des organes de contrôle compétents.
Reste que le passage est politiquement explosif. Car Ousmane Sonko, en évoquant ces milliards et en demandant lui-même que toute la lumière soit faite, ouvre une porte qu’il sera difficile de refermer.
Si les chiffres sont exacts, il appartient désormais aux autorités compétentes d’établir clairement qui a dépensé quoi, quand, sur quelle base et avec quels justificatifs.

La transparence ne saurait être à géométrie variable. Hier comme aujourd’hui, sous l’ancienne administration comme sous la nouvelle, les fonds publics doivent pouvoir être retracés.
Et lorsqu’un responsable politique affirme être capable de présenter l’utilisation des crédits « centime par centime », l’opinion est parfaitement fondée à demander que cette démonstration soit faite, pièces à l’appui.

La balle est désormais dans le camp de ceux qui détiennent les documents.
Les déclarations sont faites ; les chiffres sont avancés. Il reste maintenant à laisser parler les comptes.

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