C’est une intervention à la fois incisive, lucide et sans détour que le journaliste Ibou Fall a livrée dans l’émission Xorom thi thiin, diffusée sur iRadio et animée par le tout aussi éclairé Boubacar Diallo, alias Dj Boub’s.
Au cours d’un échange dense, le chroniqueur a procédé à un véritable tour d’horizon de la situation politique, économique et sociale du Sénégal, interrogeant sans complaisance l’exercice du pouvoir, les rapports entre l’État et le secteur privé, mais aussi la responsabilité des forces vives de la nation.
Au cœur de son analyse figure une interrogation essentielle : quel poids politique réel le pouvoir actuel pourrait-il conserver dans les prochaines années ? Pour Ibou Fall, la question est d’autant plus déterminante que le temps politique est compté.
Selon lui, si le pouvoir entend mesurer sa véritable assise populaire et disposer encore d’une marge de manœuvre pour corriger sa trajectoire, il aurait intérêt à consulter le pays et à retourner rapidement au contact des populations.
Mais l’exercice du pouvoir, rappelle-t-il, ne saurait se réduire à la détention des leviers de l’État. L’appareil administratif et institutionnel constitue certes une force considérable pour tout pouvoir exécutif, mais l’histoire politique sénégalaise montre que cette puissance ne garantit nullement la pérennité.
Les régimes qui ont bénéficié des moyens de l’État ont également connu l’usure, les revers et, finalement, l’alternance. Senghor, Diouf, Wade et Macky Sall ont chacun, à des degrés différents, incarné cette longue durée du pouvoir, mais aucune domination politique ne saurait être éternelle.
Dans cette perspective, Ibou Fall insiste sur une donnée fondamentale : l’usure du pouvoir. Les peuples finissent par se lasser, les attentes changent et les promesses perdent leur pouvoir de séduction lorsqu’elles se heurtent durablement aux réalités quotidiennes. La capacité d’un régime à se maintenir dépend donc autant de son bilan que de sa faculté à comprendre les mutations profondes de la société.
Au cours d’un échange dense, le chroniqueur a procédé à un véritable tour d’horizon de la situation politique, économique et sociale du Sénégal, interrogeant sans complaisance l’exercice du pouvoir, les rapports entre l’État et le secteur privé, mais aussi la responsabilité des forces vives de la nation.
Au cœur de son analyse figure une interrogation essentielle : quel poids politique réel le pouvoir actuel pourrait-il conserver dans les prochaines années ? Pour Ibou Fall, la question est d’autant plus déterminante que le temps politique est compté.
Selon lui, si le pouvoir entend mesurer sa véritable assise populaire et disposer encore d’une marge de manœuvre pour corriger sa trajectoire, il aurait intérêt à consulter le pays et à retourner rapidement au contact des populations.
Mais l’exercice du pouvoir, rappelle-t-il, ne saurait se réduire à la détention des leviers de l’État. L’appareil administratif et institutionnel constitue certes une force considérable pour tout pouvoir exécutif, mais l’histoire politique sénégalaise montre que cette puissance ne garantit nullement la pérennité.
Les régimes qui ont bénéficié des moyens de l’État ont également connu l’usure, les revers et, finalement, l’alternance. Senghor, Diouf, Wade et Macky Sall ont chacun, à des degrés différents, incarné cette longue durée du pouvoir, mais aucune domination politique ne saurait être éternelle.
Dans cette perspective, Ibou Fall insiste sur une donnée fondamentale : l’usure du pouvoir. Les peuples finissent par se lasser, les attentes changent et les promesses perdent leur pouvoir de séduction lorsqu’elles se heurtent durablement aux réalités quotidiennes. La capacité d’un régime à se maintenir dépend donc autant de son bilan que de sa faculté à comprendre les mutations profondes de la société.
Le journaliste s’est également montré particulièrement sévère sur ce qu’il considère comme un déficit de discernement dans la conduite des affaires publiques. À ses yeux, gouverner exige davantage que des convictions ou des certitudes : il faut de l’expérience, de la lucidité et surtout la capacité de mesurer les conséquences de ses choix.
L’État, rappelle-t-il en substance, est une mécanique autrement plus complexe que la simple conquête du pouvoir. Une erreur de jugement au sommet peut produire des effets considérables sur l’ensemble de la société.
Pour Ibou Fall, l’une des premières obligations d’un pouvoir nouvellement installé aurait dû être d’aller à la rencontre du pays réel : consulter les autorités territoriales, les élus locaux, les représentants des départements, les chefs coutumiers et les forces vives des différentes régions. Une telle démarche aurait permis, selon lui, de prendre la mesure des réalités nationales avant de gouverner à partir de certitudes préétablies.
L’autre grande préoccupation développée au cours de cette intervention concerne la relation entre l’État et le secteur privé.
Le constat est sans appel : l’économie sénégalaise demeure excessivement dépendante de la commande publique. Or, lorsque l’État devient le principal client des entreprises sans être en mesure d’honorer régulièrement ses engagements financiers, c’est toute une chaîne économique qui se trouve fragilisée.
Entrepreneurs, salariés, agriculteurs, commerçants et acteurs économiques se retrouvent alors pris dans une dépendance dangereuse à l’égard de la puissance publique. Pour le journaliste, il est temps de renverser cette logique et de redonner au secteur privé la place qui devrait être la sienne dans la construction nationale.
Cette réflexion conduit naturellement à une conception plus exigeante de la société civile. Ibou Fall récuse une vision réductrice qui limiterait celle-ci à quelques organisations ou porte-parole autoproclamés.
La véritable société civile, selon lui, est constituée de ceux qui travaillent, produisent, entreprennent, cultivent, emploient et créent de la richesse. Elle se trouve dans les entreprises, les ateliers, les exploitations agricoles, les associations et dans toutes ces initiatives qui font vivre concrètement le pays.
Cette « majorité silencieuse » ne devrait donc plus rester spectatrice de la marche des affaires publiques. Elle doit, au contraire, prendre ses responsabilités et peser sur les grandes orientations nationales. Car, estime-t-il, c’est précisément l’absence de réaction des acteurs économiques et sociaux qui a permis à l’État de prendre une place excessive dans la vie économique et politique du pays.
Ibou Fall plaide également pour une relation nouvelle entre la puissance publique et les investisseurs privés, fondée sur la confiance, la stabilité et la durée. Les grandes infrastructures, à l’image des autoroutes ou des équipements structurants, pourraient être développées dans le cadre de contrats de concession permettant au privé d’investir, d’exploiter et de rentabiliser ses capitaux sur plusieurs décennies, dans un cadre juridique stable et transparent.
Pour lui, les grands entrepreneurs et les milieux d’affaires doivent transcender les régimes politiques. Ils ne devraient pas être liés à un pouvoir particulier, mais participer durablement à la construction économique du pays.
Le Sénégal, estime-t-il, dispose d’ailleurs de compétences et de capitaux humains capables d’ambitionner davantage que le seul développement national : ils pourraient contribuer à bâtir l’Afrique de l’Ouest de demain.
Mais cette ambition suppose une rupture avec une vieille pratique : celle consistant à faire et défaire les fortunes privées au gré des changements de régime ou des rapports de proximité avec le pouvoir. Pour Ibou Fall, l’État ne peut être à la fois arbitre, donneur d’ordre, client principal et puissance capable de déterminer le destin économique des entrepreneurs.
Au terme de cette réflexion, une conviction se dégage : un pays ne se construit ni dans la dépendance à l’État ni dans la peur du pouvoir, mais dans l’affirmation responsable de ses forces vives. Le secteur privé, les entrepreneurs, les travailleurs, les agriculteurs et les citoyens organisés doivent prendre leur part dans la définition de l’avenir collectif.
L’intervention d’Ibou Fall aura ainsi eu le mérite de déplacer le débat. Au-delà des querelles partisanes et des affrontements de personnes, elle pose une question autrement plus fondamentale : quelle société les Sénégalais veulent-ils bâtir et quelle place chacun entend-il y occuper ?
Car, en définitive, le véritable enjeu n’est peut-être pas seulement de savoir qui détient le pouvoir, mais de déterminer qui aura le courage d’assumer la responsabilité de construire le pays. Et sur ce terrain, le journaliste a livré une analyse aussi incisive que salutaire, appelant les forces vives du Sénégal à sortir du silence, à prendre leurs responsabilités et à ne plus abandonner entre les seules mains de l’État le destin économique et social de la nation.
L’État, rappelle-t-il en substance, est une mécanique autrement plus complexe que la simple conquête du pouvoir. Une erreur de jugement au sommet peut produire des effets considérables sur l’ensemble de la société.
Pour Ibou Fall, l’une des premières obligations d’un pouvoir nouvellement installé aurait dû être d’aller à la rencontre du pays réel : consulter les autorités territoriales, les élus locaux, les représentants des départements, les chefs coutumiers et les forces vives des différentes régions. Une telle démarche aurait permis, selon lui, de prendre la mesure des réalités nationales avant de gouverner à partir de certitudes préétablies.
L’autre grande préoccupation développée au cours de cette intervention concerne la relation entre l’État et le secteur privé.
Le constat est sans appel : l’économie sénégalaise demeure excessivement dépendante de la commande publique. Or, lorsque l’État devient le principal client des entreprises sans être en mesure d’honorer régulièrement ses engagements financiers, c’est toute une chaîne économique qui se trouve fragilisée.
Entrepreneurs, salariés, agriculteurs, commerçants et acteurs économiques se retrouvent alors pris dans une dépendance dangereuse à l’égard de la puissance publique. Pour le journaliste, il est temps de renverser cette logique et de redonner au secteur privé la place qui devrait être la sienne dans la construction nationale.
Cette réflexion conduit naturellement à une conception plus exigeante de la société civile. Ibou Fall récuse une vision réductrice qui limiterait celle-ci à quelques organisations ou porte-parole autoproclamés.
La véritable société civile, selon lui, est constituée de ceux qui travaillent, produisent, entreprennent, cultivent, emploient et créent de la richesse. Elle se trouve dans les entreprises, les ateliers, les exploitations agricoles, les associations et dans toutes ces initiatives qui font vivre concrètement le pays.
Cette « majorité silencieuse » ne devrait donc plus rester spectatrice de la marche des affaires publiques. Elle doit, au contraire, prendre ses responsabilités et peser sur les grandes orientations nationales. Car, estime-t-il, c’est précisément l’absence de réaction des acteurs économiques et sociaux qui a permis à l’État de prendre une place excessive dans la vie économique et politique du pays.
Ibou Fall plaide également pour une relation nouvelle entre la puissance publique et les investisseurs privés, fondée sur la confiance, la stabilité et la durée. Les grandes infrastructures, à l’image des autoroutes ou des équipements structurants, pourraient être développées dans le cadre de contrats de concession permettant au privé d’investir, d’exploiter et de rentabiliser ses capitaux sur plusieurs décennies, dans un cadre juridique stable et transparent.
Pour lui, les grands entrepreneurs et les milieux d’affaires doivent transcender les régimes politiques. Ils ne devraient pas être liés à un pouvoir particulier, mais participer durablement à la construction économique du pays.
Le Sénégal, estime-t-il, dispose d’ailleurs de compétences et de capitaux humains capables d’ambitionner davantage que le seul développement national : ils pourraient contribuer à bâtir l’Afrique de l’Ouest de demain.
Mais cette ambition suppose une rupture avec une vieille pratique : celle consistant à faire et défaire les fortunes privées au gré des changements de régime ou des rapports de proximité avec le pouvoir. Pour Ibou Fall, l’État ne peut être à la fois arbitre, donneur d’ordre, client principal et puissance capable de déterminer le destin économique des entrepreneurs.
Au terme de cette réflexion, une conviction se dégage : un pays ne se construit ni dans la dépendance à l’État ni dans la peur du pouvoir, mais dans l’affirmation responsable de ses forces vives. Le secteur privé, les entrepreneurs, les travailleurs, les agriculteurs et les citoyens organisés doivent prendre leur part dans la définition de l’avenir collectif.
L’intervention d’Ibou Fall aura ainsi eu le mérite de déplacer le débat. Au-delà des querelles partisanes et des affrontements de personnes, elle pose une question autrement plus fondamentale : quelle société les Sénégalais veulent-ils bâtir et quelle place chacun entend-il y occuper ?
Car, en définitive, le véritable enjeu n’est peut-être pas seulement de savoir qui détient le pouvoir, mais de déterminer qui aura le courage d’assumer la responsabilité de construire le pays. Et sur ce terrain, le journaliste a livré une analyse aussi incisive que salutaire, appelant les forces vives du Sénégal à sortir du silence, à prendre leurs responsabilités et à ne plus abandonner entre les seules mains de l’État le destin économique et social de la nation.


Ibou Fall : « Le Sénégal ne se construit pas par le seul bon vouloir de l’État »
