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Le passif social de la Sotrac, Sias et Ama Sénégal : de l'impasse budgétaire à l'urgence vitale

Rédigé par Dakarposte le Jeudi 20 Août 2026 à 15:05 modifié le Jeudi 20 Août 2026 - 17:06

La situation des anciens travailleurs de la Sotrac, de la Sias et d’Ama Sénégal prend une tournure de plus en plus préoccupante.

Engagés dans une grève de la faim pour réclamer le règlement de leurs droits et l’exécution des engagements pris par l’État, plusieurs d’entre eux ont vu leur état de santé se détériorer dangereusement.

Au cours de la journée d’hier, l’un des grévistes a notamment dû être évacué par les sapeurs-pompiers, dans une scène particulièrement éprouvante pour ses camarades et les personnes présentes sur les lieux.

Amdi Moustapha NGom, secrétaire général du Cadre unitaire regroupant les anciens travailleurs de Sotrac, de la Sias et d’Ama Sénégal, a dénoncé ce qu’il considère comme une succession de promesses non suivies d’effets et d’engagements demeurés sans véritable concrétisation.

Selon lui, les travailleurs concernés attendent depuis longtemps le règlement de leurs droits et vivent désormais cette situation comme une profonde injustice.

Il rappelle notamment qu’une enveloppe de 5 milliards de francs CFA avait été annoncée comme un geste en faveur des anciens travailleurs.

Il affirme également qu’un montant de 13 milliards de francs CFA avait été inscrit et voté dans le budget de l’État pour permettre le règlement du dossier. Or, toujours selon le syndicaliste, seuls 1,6 milliard de francs CFA auraient effectivement été versés, laissant un reliquat de 11,4 milliards de francs CFA à régler.

Pour ces travailleurs, l’enjeu dépasse donc largement une simple revendication financière. Il s’agit d’abord d’une question de justice sociale et de respect de la parole donnée par la puissance publique.

Après des années d’attente, de démarches administratives et de négociations, le sentiment d’abandon s’est progressivement installé. La persistance de cette situation nourrit d’autant plus leur incompréhension qu’ils considèrent avoir consacré une partie de leur vie au service d’entreprises qui relevaient de secteurs essentiels à l’économie nationale.

L’arrivée du nouveau régime avait pourtant suscité, chez eux, un regain d’espoir. Ils estimaient pouvoir compter sur une nouvelle approche fondée sur davantage de transparence, de sincérité et de protection des citoyens.

D’après Amdi Moustapha Ngom, les autorités leur avaient demandé de faire preuve de patience, le temps de trouver une solution définitive à leur dossier. Mais, face à l’absence de règlement qu’ils jugent satisfaisant, les travailleurs ont finalement décidé d’engager une grève de la faim.

Cette décision, par nature extrême, traduit le degré de désespoir atteint par ces anciens employés. Une grève de la faim ne constitue jamais un moyen de revendication anodin : elle expose directement la vie et la santé de ceux qui y recourent.

L’évacuation de l’un des grévistes par les sapeurs-pompiers vient précisément rappeler la gravité de la situation et l’urgence d’une réponse des pouvoirs publics.

Le spectacle de ces hommes affaiblis, pris en charge dans des conditions particulièrement difficiles, a suscité une vive émotion parmi leurs collègues et les témoins de la scène.

Selon les témoignages recueillis sur place, certains agents et personnes présentes n’ont pu retenir leurs larmes devant l’état physique et moral des grévistes. Cette émotion traduit autant la gravité de leur situation que l’exaspération accumulée au fil des années.

Au-delà des chiffres, le dossier pose une question fondamentale : jusqu’où peut-on laisser s’enliser une revendication sociale lorsque les personnes concernées mettent désormais leur vie en jeu pour se faire entendre ?

Si l’État reconnaît l’existence d’une dette ou d’un engagement financier à l’égard de ces anciens travailleurs, sa responsabilité est de clarifier les modalités, les échéances et les ressources effectivement disponibles pour parvenir à un règlement définitif. À défaut, l’incertitude continuera d’alimenter la défiance et de radicaliser une situation déjà extrêmement tendue.

Les autorités sont donc désormais confrontées à une double urgence : apporter une réponse concrète à la revendication financière et prévenir une dégradation irréversible de l’état de santé des grévistes.

Une solution durable ne saurait se limiter à des annonces supplémentaires. Elle devrait s’appuyer sur un calendrier précis, des engagements vérifiables et un mécanisme transparent permettant aux travailleurs concernés de connaître exactement les sommes dues, les montants disponibles et les échéances de paiement.

Le cri d’alarme lancé par le Cadre unitaire apparaît ainsi comme un appel à la responsabilité. Ces anciens travailleurs ne demandent pas seulement que leur dossier soit à nouveau examiné ; ils réclament que des engagements présentés comme acquis deviennent enfin une réalité.

Alors que l’un d’entre eux a déjà dû être évacué, le temps des promesses semble, à leurs yeux, révolu.

L’urgence est désormais de préserver des vies et de restaurer la confiance par des actes concrets.

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