Mame Mbaye Niang : «Nous avons intérêt à aller aux législatives en coalition»

Mercredi 1 Février 2017
POLITIQUE

Mame Mbaye Niang : «Nous avons intérêt à aller aux législatives en coalition»
Mame Mbaye Niang dit ses vérités. Dans cet entretien, le ministre de la Jeunesse, de l’emploi et de la construction citoyenne se prononce sur les sujets de l’heure. De la gestion de l’Alliance pour la République à la gestion du pays, le dossier gambien, l’affaire Barthélémy Dias, l’attitude des opposants, ce responsable de l’Apr donne son point de vue.

Quel est le mérite du Président Macky Sall dans la résolution de la crise gambienne ?

Vous savez très bien que le Président vient de réussir un coup, sécuritaire, militaire et diplomatique. Je pense que les enjeux étaient tellement élevés que vouloir passer cet exploit sous silence ou le banaliser ne serait pas honnête. Du Président Diouf en passant par Wade, il y a eu beaucoup d’activités qui ont joué sur la stabilité de notre pays auxquelles le Président Sall vient de trouver solution, par la grâce de Dieu, en mobilisant l’opinion nationale et internationale. Sans écorner l’image de notre pays.

Est-il imaginable de penser que sans le Président, cette crise politique n’aurait pas trouvé solution ?

Je ne le pense pas. Il faut dire que c’est parce qu’il a pris des initiatives, en mobilisant l’opinion nationale et internationale, que ce problème a été définitivement réglé.

Pourtant, vos adversaires politiques ne le voient pas de la même manière…

Personnellement, je continue à me demander pourquoi éprouvent-ils autant de pudeur à féliciter le Président de la République pour le règlement de la crise en Gambie ? Ils adressent leurs félicitations à l’Armée en omettant son chef suprême. Cela prouve que ce n’est pas crédible : ils ne sont pas sincères.

À votre avis, ces «détracteurs» ne fondent pas leurs arguments sur du concret ?

Comment la résolution de cette crise, qui va permettre de solutionner beaucoup de choses au Sénégal comme le trafic de bois, l’insécurité, la construction du pont de Farafégni qu’il a réussie doit-elle lui être soustraite ? Non, ils doivent avoir l’honnêteté de savoir que cette politique a été portée par une personne, en l’occurrence le Président Sall. Je pense que l’opposition devrait profiter de ces occasions-là pour montrer que malgré les désaccords sur certains points, ce qui est normal, le Président Macky Sall est en train de réussir quelque chose, notamment à solutionner en Gambie en positionnant le Sénégal à travers la mobilisation de la communauté internationale. C’est notre diplomatie qui
vient de retrouver ses lettres de noblesse. Je crois que reconnaître cet état de fait la rendrait plus crédible auprès de l’opinion.

Justement, avec l’offensive de l’opposition devant une Apr qui se déchire, est-ce qu’il n’y a pas craindre ?

Je ne vois pas de déchirements, je vois juste trois ou cinq personnes qui s’agitent. Ce ne sont pas trois ou cinq personnes qui vont créer le malaise dans nos rangs. Ils se gargarisent d’une influence politique qu’ils n’ont pas. L’opposition a le droit de s’organiser. De notre côté, l’objectif c’est de nous organiser en conséquence. En expliquant aux Sénégalais l’état dans lequel le président a pris le pays. Qu’est-ce qu’on lui reproche ? D’anticiper sur des questions futures auxquelles notre jeunesse sera confrontée ? Si la bataille s’organise autour de ces arguments, il n’y a pas de raison d’avoir peur.

Est-ce que cette organisation est possible avec ces bagarres notées à l’Apr ?

Il faut reconnaître que toute organisation est composée par des sensibilités différentes. Mais, c’est le leadership du président qui a dû mettre en synergie toutes ces forces-là pour en faire un parti et une coalition qui reste très soudée et très dynamique. C’est une prouesse au moment où l’opposition tente de la briser. Je pense qu’on ne doit pas se focaliser sur des divergences internes qui existent dans toute entité. C’est au manager, au leader, de maintenir ces forces en ordre de bataille.

La jeunesse de l’Apr a-t-elle retrouvé son unité ?

Non, il ne faut pas créer une confusion. La jeunesse de l’Apr se retrouve au sein de la Cojer et autour du mouvement des élèves et étudiants républicains. Mais, il y a d’autres jeunes qui sont issus d’autres sensibilités, qui s’organisent autour de la vision du président de la République. Ces forces sont en rivalité, et naturellement, il appartient au manager d’être le catalyseur pour les optimiser. C’est ce qui est en train de se faire. Il n’y a pas de division, en ce sens que notre dénominateur commun aujourd’hui, c’est le Président Macky Sall. Nous n’avons pas le droit d’exclure des gens qui se retrouvent dans la politique du président sous prétexte qu’ils sont de la 25ème heure. C’est la jeunesse sénégalaise qui s’organise autour d’un projet politique qui s’appelle le Pse. Il faut donner l’opportunité à d’autres Sénégalais qui veulent aider à faire réélire le président de venir se battre…

En organisant la transhumance ?

Non ! Pourquoi on va parler de transhumance ? Vérifiez et vous verrez qu’il n’y a que 10 à 15% des populations qui s’activent dans la politique au vrai sens du mot. Et les autres, vous pensez qu’on va les ignorer ? Notre mission, c’est de les organiser.

Ces jeunes ne peuvent-ils pas se retrouver au sein de la Cojer ?

Il faut juste savoir qu’en dehors de notre parti, il y a des formations alliées qui ont des jeunes dynamiques qui participent à notre politique de jeunesse, qui mettent en relief la politique du président de la République. Nous avons l’obligation de rassembler ces forces, de les manager afin que les résultats puissent être profitables à notre politique de jeunesse. Cependant, on ne va pas se limiter à ça. Le travail politique que nous voulons faire, c’est de rassembler l’ensemble des jeunes sénégalais qui adhèrent à cette vision. Très bientôt, nous mettrons en place une plateforme où les jeunes des autres partis, qui participent au développement du pays, se retrouveront.

Quel est le défi le plus immédiat à relever pour votre régime ?

Je pense que le défi le plus immédiat, c’est de se retrouver autour de l’essentiel. Pour donner une majorité au président d’abord, parce que les conditions sont réunies. Le bilan est très positif, mais il faut l’expliquer aux populations. Les Sénégalais qui ne sont pas dans une politique de confusion ou de soustraction des réalisations du président peuvent comprendre. Dans tous les secteurs on a quitté le point A pour aller vers le point B. Partout, il y a de la transformation. Même si on peut ne pas apprécier le rythme d’évolution. Pour la première fois, depuis l’indépendance du Sénégal, on a un canevas qui va jusqu’en 2035.


Qu’est-ce que ça vous fait d’être comparé à un « Baye Fall » de Macky Sall à l’image de Farba Senghor au Pds ?

Non, je ne peux être comme Farba Senghor. On n’a pas le même cursus, encore moins le même background. Moi, je m’identifie à la politique du Président à laquelle j’ai participé à l’élaboration. Et moralement, je ne peux pas me permettre de souffrir d’un défaut d’engagement. Je ne le fais pas par rapport à un positionnement. Si c’est le titre de « Baye Fall » qui sied, il n’y pas de problème.

Pourtant l’opposition parle de scandale du pétrole et du gaz ?

Elle le disait avant et pas maintenant. Il faut retenir qu’elle a dit beaucoup de choses. Au début, elle disait que le pouvoir n’avait pas de vision. Or aujourd’hui cette vision est en train de repositionner le Sénégal. Après, elle a agité des problèmes de dynastie. À la fin de la journée, on s’est rendu compte que ça ne reposait sur rien du tout. Après, elle a évoqué l’histoire du pétrole qui s’est dégonflée. Il faut dire qu’elle va continuer. Nous n’avons pas une opposition, nous sommes en face d’une bande d’agitateurs et de conspirateurs.

Sur quoi alors ?

Vous voyez, elle parle de procès politiques pour liquider des adversaires…

Ce n’est pas vrai ?

En quoi ce sont des procès politiques ? Qu’est-ce qui lie le Président Macky Sall à un divorce, à un meurtre, à une agression ou encore à un détournement de deniers publics ? Il faut éviter cette manière de se faire passer pour une victime.

À qui pensez-vous quand vous parlez de détournements de deniers publics ?

À ceux qui ont bouffé l’argent du contribuable. Je parle de tous ceux qui ont géré l’argent public et qui passent leur temps à faire dans la victimisation. Ils en ont obtenu des choses avec l’arme de la victimisation, mais leur règne va
bientôt prendre fin. Nous allons d’ailleurs mettre en place une plateforme générationnelle qui va être une force de réaction rapide et qui va s’atteler à contenir leur conspiration.

Pourtant, le président avait semblé innocenter Barthélémy aux premières heures de son incarcération ?

Le Président de la République n’a jamais innocenté qui que ce soit. Si c’est pour parler de Barthélémy Dias, il a eu mon soutien. Parce que je demeure convaincu qu’au moment où il devait le faire, il l’a fait. Et tel qu’il nous l’a rapporté, on l’avait soutenu. Mais, aujourd’hui qu’il demande à être éclairé, pourquoi devrait-on s’en offusquer ? Quand Macky Sall prenait le pouvoir, Dias était en prison et le procès doit continuer. Chaque Sénégalais a le droit de conquérir aux suffrages, mais qu’on le fasse conformément aux règles établies à nos valeurs et non sur la conspiration. Au Sénégal, il y a la séparation des pouvoirs. Il n’y a pas de procès politique.

Toutes les conditions sont-elles réunies pour permettre à l’Apr d’aller aux législatives avec Benno ?

L’Apr va se prononcer. Mais, personnellement, je pense que nous avons intérêt à y aller. Notre coalition, Benno, est très solide et très dynamique. Malgré les tentatives de la faire voler en éclats, il faut reconnaître qu’elle est majoritaire aujourd’hui dans ce pays.

À votre avis, qui est le plus indiqué pour conduire la liste de la coalition ?

Je pense que la tête de liste reviendra à celui que le président va choisir. Personne n’est plus méritant qu’un autre. Il n’y a pas de militant de première ou de la 25ème heure. Le président a suffisamment d’informations pour le savoir. Tout le monde sera obligé de se conformer à son choix.

Où en êtes-vous sur le défi de la création d’emplois des jeunes ?

Ça, ce sont des problèmes auxquels nous sommes confrontés dans la réalité. C’est un problème mondial. Et nous y travaillons de façon honnête, transparente et élaborée. Le problème, c’est qu’il y a un déphasage entre les professions enseignées et la réalité du terrain. C’est pourquoi nous avons lancé des formations adéquates au marché du travail. Entre autres, il y a les Isep et les réformes dans les universités. Pour le reste, le président encourage l’auto-emploi. Et nous avons mis des fonds pour cela. Avec un bon projet, l’État finance. Beaucoup de jeunes en ont déjà bénéficié. Le défi de l’emploi, ce n’est plus de régler 5 cent mille emplois, mais de régler ce déficit de qualification. Il faut se battre pour doter les jeunes de qualification pour que les emplois à venir ne soient pas captés par des étrangers. Au niveau des parcs industriels, on était obligé d’aller chercher des ferrailleurs étrangers.

La Tribune

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