Ngoné Ndoye, ancien ministre: « L’organisation des élections pose problème…»

Lundi 12 Juin 2017
POLITIQUE

Ngoné Ndoye, ancien ministre: « L’organisation des élections pose problème…»
L’ancien ministre des Sénégalais de l’Extérieur, Ngoné Ndoye, a été, samedi dernier, l’invité du Grand Oral. Sur les ondes de la 97.5 Rewmi FM, elle est longuement revenue sur l’organisation des prochaines élections législatives, les coalitions, la pléthore de listes, les relations diplomatiques entre le Sénégal et les pays du Moyen-Orient. Morceaux choisis.

L’organisation des prochaines législatives

« Ce que je pense, c’est qu’il y a rupture de dialogue au Sénégal. Au-delà de la délivrance des cartes, il y a aussi cette question de listes. Il faut un suivi rigoureux sur d’abord les partis politiques qui ont des récépissés. Il faut qu’on puisse les suivre, savoir réellement s’ils ont un certain siège, est-ce qu’ils vont régulièrement aux élections ? Comment ils y vont ? Un parti qui va en coalition deux à trois fois et ne peut rien ramener, il faut qu’on le dissolve. Parce que toutes ces difficultés naissent de la pléthore des listes. Il faut qu’on puisse réguler, contrôler et après accompagner tous les partis politiques qui se déclarent être une association. Et nous avons des pléthores de listes législatives parce que dans les partis politiques aussi, il n’y a pas cette démocratie, cette liberté d’expression. Il y a souvent des décisions unanimes, centralistes qui font que certains sont découragés ».

Difficultés à avoir une carte d’identité

« Au-delà de tout cela, on ajoute la difficulté d’avoir sa carte d’identité. Il faut le dire, les cartes d’identité n’existent plus au Sénégal. Nous sommes tous en fraude. Et si par-dessus le marché nous n’avons plus nos prochaines cartes qui sont aussi des cartes d’identité qui doivent nous identifier, mais tout le pays est en fraude. Et, ce n’est pas normal ».

La pléthore de listes

« Je pense qu’on aurait pu faire mieux. Mais on ne peut pas empêcher à un Sénégalais qui pense pouvoir briguer le suffrage des Sénégalais de se présenter. Moi, ce qui me gêne, c’est les personnes qui disent que je suis candidat parce que simplement je suis fort. Il faut être candidat parce qu’on a un programme. Il faut pouvoir proposer quelque chose aux Sénégalais. Moi je pense que c’est là où on devait s’accentuer. Et maintenant, 49 listes peuvent tenir sur une feuille. Un seul document et apprendre aux Sénégalais comment voter avec un seul document, faire une croix et c’est facile. Donc, c’est l’organisation même des élections qui pose problème, mais pas le nombre de listes. Et quand le Sénégal entier votait lors du référendum, il savait qu’on avait ouvert la voie à tout le monde d’être candidat. Donc, le Sénégal n’a qu’à assumer ».

Le jeu des coalitions

« Les coalitions, c’est un effet de mode qui, aujourd’hui, a contribué à dévoyer la politique. La politique est un exercice où des personnes qui voient le même horizon (…) se mettent ensemble pour former un parti. Mais aujourd’hui, nous avons une multitude de partis qui se mettent ensemble, surtout les minorités. Le Président Sall a démis le Président Wade parce que toutes les minorités se sont mises ensemble pour battre une majorité. Aujourd’hui, les minorités sont en train de se mettre ensemble pour battre une majorité. Vous savez où nous allons dans ça ? Un groupe fait descendre un groupe et demain un autre groupe fera descendre un autre groupe, et ainsi de suite. Il n’y aura plus de vision. Il n’y aura plus de programme. Le Sénégal en tant que pays, les Sénégalais en tant que peuple, et l’Afrique en tant qu’union, n’aura comme quotidien que des élections, pré-élections et préparation des élections. Mais alors, nous n’allons pas travailler. Et, il ne faut pas tomber dans le panneau des Occidentaux. Parce que pendant ce temps, l’Europe nous envahit, l’Asie a fini d’habiter dans nos chambres jusque dans nos lits, tout le monde nous fourgue sa camelote (…). Et nous, on a le temps qu’à faire des coalitions, des regroupements, je suis écœurée par ça ».

La crise au Moyen-Orient

« Vous savez que les Etats n’ont pas d’amis, ils ont des intérêts. Et tout le monde sait que les relations avec l’Arabie Saoudite sont des relations séculaires. Et Serigne Moustapha Cissé que je cite très souvent en exemple, fait partie des pionniers, en matière de diplomatie, à avoir représenté le Sénégal d’abord en Egypte et dans tous les pays autour de l’Egypte et en Arabie Saoudite. Il est vrai que la situation est très critique. L’Etat du Sénégal est très rangé du côté de ceux qui luttent contre le terrorisme depuis pas mal de temps déjà. C’est ce qui a valu au Président Sall d’aller marcher auprès de Charlie Hebdo. Tout le monde s’était offusqué de cela. Il a peut être très mal vu les attentats en France particulièrement, et il s’était exprimé. Donc, dans ces relations, le Sénégal privilégie ses amis. Si aujourd’hui le Sénégal rappelle son ambassadeur au Qatar, on pensait que c’est pour se solidariser avec l’Arabie Saoudite ».

Karim Wade et la situation au Qatar

« Ce que je disais et qui pouvait avoir une influence, c’est que ou le Qatar dit écoutez, vous ne voulez pas de moi, je ne veux pas de vous et je vous rends mon ami. Ou, vous ne voulez pas de moi mais je garde mon ami. Les déballages et autres, c’est des affaires sénégalaises. Vous savez que les gens n’ont pas le temps de déballer. Les gens ont le temps d’être positifs pour ce qui les arrange ».

Le Sénégal renoue ses relations diplomatiques avec l’Israël

« Il ne faut pas mélanger les genres. Le Sénégal a toujours soutenu la Palestine et n’avait pas empêché que l’Israël ait une porte au Sénégal. Ce sont les Israéliens qui ont ravalé leurs vomis. Parce qu’ils se sont énervés et ont rappelé à leur Ambassadeur. Aujourd’hui, à ce que je sache, c’est Netanyahou qui a demandé au Sénégal de rouvrir. Donc le Sénégal a un rôle vraiment prestigieux là-dessus. (…) vous savez que toutes les grandes guerres se sont résolues autour d’une table. Il faut que nous apprenions à parlementer. Moi je suis pour le dialogue, la discussion. Et, la Palestine a pris les armes jusqu’à ce qu’Arafat dise : chaque Palestinienne faites 12 enfants et offrez moi 10 pour la cause. Mais, cela n’empêchait pas au Sénégal de laisser Israël avoir une porte pour discuter. Qui sait : le Sénégal pourrait demain être un trait d’union important pour pouvoir accueillir et la Palestine et Netanyahou ».

Rewmi

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