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Port autonome de Dakar : le geste inaugural de Doune Pathé Mbengue au nom de la rigueur et de la légalité administrative

Rédigé par Dakarposte le Vendredi 14 Août 2026 à 22:14 modifié le Samedi 15 Août 2026 - 00:14

Port autonome de Dakar : le geste inaugural de Doune Pathé Mbengue au nom de la rigueur et de la légalité administrative
À peine installé à la tête du Port autonome de Dakar, Doune Pathé Mbengue a posé un premier acte administratif qui ne manque pas de retenir l’attention. Le nouveau directeur général a décidé d’annuler une procédure de passation de marché engagée sous la direction de son prédécesseur, Waly Diouf Bodiang, estimant que les conditions dans lesquelles elle avait été initiée soulevaient des difficultés d’ordre organisationnel et de conformité administrative.

L’affaire remonte au 11 août 2026, date à laquelle un avis d’appel d’offres ouvert sans préqualification a été publié dans les colonnes du quotidien Le Soleil. La particularité de cette procédure réside dans le fait que l’avis portait la signature de Waly Diouf Bodiang, alors même que celui-ci avait été relevé de ses fonctions de directeur général du Port autonome de Dakar par décret pris lors du Conseil des ministres du 16 juillet 2026. La publication intervenait, en outre, à la veille de la cérémonie officielle de passation de service avec la nouvelle direction.

Saisi de cette procédure dès son arrivée, le nouveau directeur général a choisi de mettre un terme au processus. Cette décision, présentée comme motivée par des considérations d’organisation et de conformité administrative, intervient dans un contexte où la régularité des actes pris au sein des établissements publics revêt une importance particulière.

Au-delà de l’annulation elle-même, l’épisode soulève une interrogation institutionnelle de fond : dans quelles conditions un responsable qui a été officiellement relevé de ses fonctions peut-il encore engager, par sa signature, un établissement public à travers une procédure susceptible d’emporter des conséquences administratives, juridiques et financières ? La question mérite d’autant plus d’attention que la commande publique obéit à des règles strictes, précisément destinées à préserver l’égalité entre les soumissionnaires, la transparence des procédures et la protection des deniers publics.

Il appartient naturellement aux autorités compétentes d’établir, au regard des textes applicables, la portée juridique exacte de l’acte concerné et les circonstances dans lesquelles il a été signé. Il serait donc prématuré d’en tirer des conclusions définitives sur d’éventuelles responsabilités. Mais l’incident suffit à rappeler une exigence essentielle de la gouvernance publique : la continuité administrative ne saurait se confondre avec la prolongation indéfinie des prérogatives d’un responsable dont la cessation de fonctions a été officiellement actée.

Dans cette affaire, la nouvelle direction du Port autonome de Dakar semble avoir privilégié la prudence administrative en interrompant une procédure dont la régularité appelait, à tout le moins, une clarification. Cette décision peut être regardée comme un signal en faveur d’une gestion davantage attentive aux règles, aux procédures et à la traçabilité des actes publics.

Le principe est simple, mais fondamental : dans une institution publique, la signature n’est pas un simple geste administratif. Elle engage une autorité, une responsabilité et, potentiellement, les ressources de la collectivité. Elle doit donc être apposée dans le strict respect des compétences et des habilitations prévues par les textes.

L’épisode intervient également à un moment où la commande publique fait l’objet d’une attention accrue au Sénégal. La transparence, la responsabilité et la bonne gouvernance ne peuvent être de simples slogans. Elles doivent se traduire dans la pratique quotidienne des administrations et des établissements publics, jusque dans les actes les plus techniques.

En annulant cette procédure dès sa prise de fonctions, Doune Pathé Mbengue entend manifestement inscrire son action dans cette exigence de rigueur. Il appartiendra désormais à la nouvelle équipe dirigeante de veiller à ce que chaque procédure engagée par le Port autonome de Dakar soit juridiquement sécurisée, administrativement régulière et conforme aux principes de transparence qui doivent présider à la gestion des ressources publiques.

Au-delà des personnes et des circonstances particulières, cette séquence rappelle une vérité républicaine : les institutions demeurent, les dirigeants passent et les règles doivent rester. C’est précisément dans cette continuité du droit, au-delà des alternances à la tête des organismes publics, que se mesure la solidité d’une gouvernance.

Au Port autonome de Dakar, le premier geste de la nouvelle direction aura donc été celui de la prudence et de la vérification. Une manière, peut-être, de faire du triptyque « Jub, Jubal, Jubanti » non pas une simple formule, mais une exigence concrète de l’action publique.

Port autonome de Dakar : le geste inaugural de Doune Pathé Mbengue au nom de la rigueur et de la légalité administrative
Mamadou Ndiaye

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