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ANTA BABACAR NGOM — LE DESTIN D’UNE FEMME QUI OSE VOIR GRAND

Rédigé par Dakarposte le Mercredi 2 Septembre 2026 à 16:00 modifié le Mercredi 2 Septembre 2026 - 18:47

De l’entreprise à l’Assemblée nationale, de l’héritage familial à l’engagement politique, Anta Babacar Ngom trace, à coups de travail, d’audace et de conviction, une trajectoire qui ne laisse guère indifférent.
Fille d’un bâtisseur dont le nom est intimement lié à l’essor de l’agro-industrie sénégalaise, elle aurait pu se contenter de l’ombre confortable d’un héritage. Elle a choisi la lumière, le risque et le combat.
À la tête de l’Alternative pour la Relève Citoyenne, elle veut désormais transformer l’engagement politique en une alternative au service du Sénégal. Portrait d’une femme qui semble avoir fait du défi non pas un obstacle, mais une vocation.


Il y a des noms que l’on reçoit comme un héritage.
Et il y a ceux que l’on s’efforce de mériter.
Anta Babacar Ngom appartient à cette seconde catégorie.

Son nom évoque d’abord une famille, une entreprise, une aventure entrepreneuriale devenue emblématique. Mais derrière la fille de Babacar Ngom, derrière l’héritière présumée d’un empire construit à la force du poignet, il y a une femme qui a choisi de se confronter au réel, d’apprendre, de travailler, de prendre des responsabilités et, finalement, de s’exposer à l’épreuve suprême de la politique.
C’est cette histoire-là qui mérite d’être racontée.
Non celle d’une privilégiée que son patronyme aurait miraculeusement portée au sommet.
Mais celle d’une femme qui, consciente de l’héritage reçu, a voulu lui donner une autre dimension.
Car chez Anta Babacar Ngom, la filiation n’est pas un fauteuil : c’est une obligation de résultat.

ANTA BABACAR NGOM — LE DESTIN D’UNE FEMME QUI OSE VOIR GRAND
Une fille de… qui refuse d’être seulement la fille de...


Elle est la fille de Babacar Ngom, fondateur de SEDIMA et figure majeure de l’entrepreneuriat sénégalais. Le raccourci serait tentant : fille d’un grand patron, donc naturellement promise aux responsabilités. Mais ce serait oublier l’essentiel.

Un nom peut ouvrir une porte. Il ne permet pas de franchir toutes les autres.
Anta Babacar Ngom l’a compris.

Très tôt, elle se familiarise avec l’univers de l’entreprise. Puis viennent les études, les expériences, les responsabilités. Elle se forme au Canada, en France, s’ouvre aux grandes écoles et aux nouveaux savoirs, avant de revenir au Sénégal.

Elle aurait pu rester ailleurs.
Elle choisit de rentrer.
Et ce retour dit déjà quelque chose de sa personnalité.
Elle ne veut pas seulement réussir ; elle veut réussir ici.

Dans ce Sénégal qui l’a vue naître, dans cette Afrique dont elle mesure les immenses potentialités, dans cet environnement économique où tant de talents cherchent encore les conditions de leur épanouissement.

ANTA BABACAR NGOM — LE DESTIN D’UNE FEMME QUI OSE VOIR GRAND
L’apprentissage du pouvoir commence par celui du travail


C’est sans doute l’un des aspects les plus significatifs de son parcours.
Anta Babacar Ngom ne saute pas directement du statut de fille du fondateur à celui de dirigeante.
Elle gravit les échelons.
Elle découvre l’entreprise par ses entrailles : ses hommes, ses contraintes, ses chiffres, ses stratégies, ses urgences, ses échecs et ses victoires.

Attachée de direction, responsable de la stratégie et du développement, puis directrice de ce pôle, directrice générale déléguée et enfin directrice générale : chaque étape ajoute une pierre à l’édifice.
Cette ascension progressive constitue aujourd’hui l’un des marqueurs de sa trajectoire.
Elle apprend avant de commander. Elle observe avant de décider. Elle assume avant de revendiquer.
Voilà peut-être la meilleure définition de son rapport à la responsabilité.
Dans une époque où l’on veut parfois récolter avant même d’avoir semé, son parcours rappelle une évidence : la compétence se construit, elle ne s’improvise pas.

ANTA BABACAR NGOM — LE DESTIN D’UNE FEMME QUI OSE VOIR GRAND
Le goût du challenge comme seconde nature


Il existe chez elle une constante : le refus de la résignation.
Anta Babacar Ngom semble appartenir à cette race d’entrepreneurs pour lesquels le mot « impossible » appelle moins le renoncement que la recherche d’une solution.
Diriger une entreprise ne lui suffit pourtant pas.
Elle veut entreprendre autrement.
Elle veut agir autrement.
Elle veut désormais convaincre autrement.
Et c’est là que commence le second acte de son parcours.
Celui de la politique.

ANTA BABACAR NGOM — LE DESTIN D’UNE FEMME QUI OSE VOIR GRAND
2023 : le saut dans l’arène



En 2023, Anta Babacar Ngom fonde l’Alternative pour la Relève Citoyenne.
Le choix est audacieux.
Entrer en politique au Sénégal, c’est accepter de s’exposer à une opinion publique exigeante, à des rivalités parfois féroces, à l’épreuve du suffrage et au verdict, toujours imprévisible, des urnes.
Elle le sait.
Elle y va néanmoins.
En 2024, elle devient la seule femme candidate à l’élection présidentielle sénégalaise.
Le score obtenu ne fut pas celui qu’espéraient ses partisans.
Mais une candidature ne se mesure pas uniquement au nombre de bulletins déposés dans une urne.
Elle se mesure aussi au courage qu’il faut pour y aller.
Et Anta Babacar Ngom y est allée.

ANTA BABACAR NGOM — LE DESTIN D’UNE FEMME QUI OSE VOIR GRAND
L’ARC veut changer le logiciel


Trois ans après sa création, l’ARC franchit une nouvelle étape.
Le 22 août 2026, le parti inaugure son siège national aux Almadies, au rond-point Dioulékaye. La cérémonie est également marquée par l’investiture d’Anta Babacar Ngom à la tête de la formation politique et par la présentation de nouvelles instances dirigeantes.
Le symbole est fort.
Un parti qui veut désormais quitter le temps des balbutiements pour entrer dans celui de la construction.
L’objectif affiché est clair : renforcer l’organisation, se déployer dans les territoires et aller à la rencontre des Sénégalais.
Dans son discours, Anta Babacar Ngom place cette nouvelle étape sous le signe du patriotisme, du travail et de la responsabilité.
Une phrase résume son credo :
« Au-dessus de nos appartenances, le Sénégal. »
Tout est dit.
La politique ne devrait être, selon cette conception, ni une guerre de personnes ni une compétition permanente d’ego.
Elle devrait être un instrument.
Un instrument au service d’une nation.

Une femme qui veut remettre le travail au cœur du débat


Vie chère.
Chômage des jeunes.
Dette.
Pouvoir d’achat.
Lenteur du secteur privé.
Souveraineté économique.
Autant de dossiers qui nourrissent le discours de la présidente de l’ARC.


Son logiciel est celui d’une femme venue du monde de l’entreprise : produire, travailler, investir, responsabiliser, évaluer les résultats.
Elle veut notamment placer la souveraineté économique au centre du projet national et défendre une politique davantage tournée vers la production et l’emploi.

Son message tient en une idée simple, presque brutale dans sa simplicité :
un pays ne se développe pas uniquement avec des discours ; il se développe avec du travail.

C’est peut-être ce qui distingue le plus nettement son discours.
Elle parle de politique, mais avec le vocabulaire de quelqu’un qui connaît l’entreprise.
Elle parle d’emploi avec le regard de quelqu’un qui sait ce que signifie créer et maintenir des emplois.
Elle parle de mérite parce qu’elle a fait de la progression professionnelle un élément de son propre parcours.

ANTA BABACAR NGOM — LE DESTIN D’UNE FEMME QUI OSE VOIR GRAND
À l’Assemblée, la voix d’une opposition qui entend compter


Son entrée à l’Assemblée nationale ouvre un nouveau chapitre.
Le 28 avril 2026, elle appelle le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye à envisager la dissolution de l’Assemblée nationale, jugeant nécessaire l’émergence d’un Parlement « à la hauteur » des défis du pays.

Sur la modification du Code électoral, elle dénonce un « passage en force » et met en garde contre ce qu’elle considère comme un affaiblissement de la culture du consensus.

Puis vient cette formule qui mérite de rester dans les annales du débat institutionnel : « La démocratie, au-delà de la règle de la majorité, est une affaire d’élégance institutionnelle. »

La phrase a la force des formules qui dépassent la polémique du jour.

Elle traduit une certaine idée de la démocratie : la majorité gouverne, certes, mais elle ne devrait jamais oublier qu’elle gouverne au nom d’une communauté nationale dont la minorité fait également partie.

Elle ne veut pas seulement être élue : elle veut être utile


C’est peut-être là que réside le véritable enjeu de son engagement.
Être élue est une chose.
Être utile en est une autre.

Anta Babacar Ngom veut inscrire son action dans cette seconde perspective.
Elle appelle régulièrement les militants de l’ARC à retourner sur le terrain, à écouter les populations et à démontrer concrètement l’utilité de l’engagement politique.
Cette approche peut sembler évidente.
Elle ne l’est pourtant pas toujours.

Dans une vie politique souvent absorbée par les querelles partisanes, le pouvoir et les stratégies électorales, revenir aux préoccupations quotidiennes des citoyens constitue déjà un choix.
La politique, pour elle, ne doit pas être une fin de carrière. Elle doit être un moyen d’action.

Aux femmes : l’exemple plutôt que le discours


Il y a dans la trajectoire d’Anta Babacar Ngom une leçon particulière à l’endroit des femmes.
Une leçon qui ne tient pas dans un slogan.
Elle se lit dans les actes.
Elle dit qu’une femme peut avoir de l’ambition sans s’excuser de l’avoir.
Qu’elle peut diriger sans demander pardon pour son autorité.
Qu’elle peut entreprendre sans attendre qu’on lui fasse une place.
Qu’elle peut entrer en politique sans se résigner à jouer les seconds rôles.
Qu’elle peut viser haut.
Très haut.
Et surtout qu’elle peut accepter le risque inhérent à toute grande ambition.

À une époque où certaines jeunes femmes semblent parfois se laisser enfermer dans des horizons étriqués, où l’on confond visibilité et réussite, célébrité et accomplissement, confort et bonheur, le parcours d’Anta Babacar Ngom rappelle une autre définition de la réussite.
Travailler. Se former. Oser. Construire. Persévérer. Transmettre.
Voilà le véritable message.

L’héritage du père, la signature de la fille


On ne peut raconter Anta Babacar Ngom sans évoquer son père. Mais on ne peut davantage raconter sa trajectoire en la réduisant à son père.

Babacar Ngom a construit.
Sa fille poursuit, mais à sa manière.

Lui a bâti une entreprise.
Elle veut désormais contribuer à bâtir une vision politique.

Lui a fait de l’entrepreneuriat son terrain de conquête.
Elle veut faire de la politique un nouvel espace de transformation.
L’héritage existe.

Mais la signature est différente. Et c’est précisément ce qui rend la trajectoire intéressante.
Avoir de qui tenir n’est pas avoir tout obtenu. C’est avoir reçu une exigence supplémentaire : être digne de ce que l’on porte.

Une femme dans son époque, une ambition pour son pays


Anta Babacar Ngom n’est certainement pas arrivée au bout de son histoire. Elle en est peut-être encore aux premiers chapitres.

Le chemin politique sera long. L’ARC devra démontrer sa capacité à s’enraciner durablement dans les territoires, à élargir son audience, à convaincre au-delà de son cercle militant et à transformer ses propositions en véritable projet de société.
La route sera rude.
Mais les grandes ambitions n’ont jamais été des chemins pavés.
Ce qui frappe, chez elle, c’est cette capacité à recommencer.
À entreprendre.
À apprendre.
À se remettre en question.
À repartir à la conquête.
C’est cette énergie qui donne à son parcours une résonance particulière.

Et maintenant, le Sénégal ?

Au fond, la question n’est peut-être plus de savoir qui est Anta Babacar Ngom.
La réponse est désormais connue.
Elle est une entrepreneure.
Une dirigeante.
Une femme politique.
Une députée.
Une présidente de parti.
Mais derrière ces titres, il y a quelque chose de plus difficile à mesurer : une volonté.
La volonté de croire qu’une femme peut prendre sa part dans la construction d’un pays.
La volonté de croire que l’entreprise peut servir la souveraineté économique.
La volonté de croire que la politique peut retrouver ses lettres de noblesse.
La volonté, surtout, de ne pas accepter que le Sénégal soit condamné à regarder passer son avenir.
Son parcours est encore en mouvement.
Son destin politique reste à écrire.

Les Sénégalais seront, en dernier ressort, seuls juges de la pertinence de ses choix, de la solidité de ses propositions et de la sincérité de son engagement.
Mais une chose demeure: Dans une Afrique qui cherche de nouveaux visages, de nouvelles énergies et de nouvelles façons de penser l’avenir, Anta Babacar Ngom incarne déjà une génération qui refuse de demander la permission d’être ambitieuse.
Elle a reçu un nom. Elle s’est forgé une réputation. Elle veut maintenant conquérir une place dans l’Histoire.
Et l’Histoire, lorsqu’elle se montre généreuse, ne retient pas seulement ceux qui ont gagné.
Elle retient aussi ceux qui ont osé.
Anta Babacar Ngom a osé.

Reste désormais à savoir jusqu’où cette audace la conduira.
Car le Sénégal, comme l’Afrique, n’a jamais eu autant besoin de femmes qui ne se contentent pas de rêver l’avenir, mais qui décident de le construire.

Le rendez-vous est pris.
Mamadou Ndiaye

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