Au départ, une plainte pour séquestration, violences et tentative d’extorsion de fonds a été déposée par O. Fofana, cuisinier âgé de 48 ans. Au cours de l’enquête, les éléments du commissariat central de Rufisque ont découvert des éléments à caractère sexuel, la collecte et la diffusion présumées de données personnelles, ainsi que des accusations d’acte contre nature, d’incitation à la débauche et de corruption de mineur.
Par la suite, l’auteur de la plainte et quatre jeunes, dont un mineur de 16 ans, ont été déférés hier devant le procureur du tribunal de grande instance de Rufisque. Le procureur Cheikh Diakhoumpa a opté pour l’ouverture d’une information judiciaire. Le dossier a été confié au juge du premier cabinet, qui a placé toutes les 5 personnes sous mandat de dépôt. Le mineur a été conduit à la MAC de Fort B. Hann, tandis que les autres ont été écroués à Rebeuss.
Sur les faits
Le 10 août 2026, O. Fofana, domicilié à la Cité Taco, s’est présenté au commissariat central de Rufisque. Dans sa plainte, le cuisinier affirme avoir été séquestré et dépouillé à son domicile la veille. Selon son récit, les faits seraient liés à un différend financier né à la suite du Grand Magal de Touba. Fofana explique avoir été chargé par une dame de la restauration de ses hôtes et avoir recruté plusieurs jeunes pour l’aider dans cette tâche. Chacun devait percevoir 50 000 FCFA.
Quelques jours après son retour, il a appris que les frères jumeaux A. et O. Ly, maçons âgés de 22 ans, estimaient leur rémunération insuffisante et réclamaient un complément. Une demande à laquelle il aurait opposé un refus. D’après lui, le 9 août, vers 17 heures, M. Faye, 20 ans, ouvrier domicilié à Darourakhmane, s’est présenté à son domicile après l’avoir appelé pour lui proposer une rencontre. À peine les deux hommes avaient-ils commencé à discuter que les jumeaux et M. Guèye alias « Paco », footballeur âgé de 16 ans, ont fait irruption dans la chambre.
Fofana affirme avoir été immobilisé, les mains attachées dans le dos à l’aide d’un foulard récupéré dans l’armoire de son épouse. Il a ensuite été frappé et menacé avec un couteau pour qu’il remette son argent. Dans la foulée, les mis en cause ont fouillé la chambre. Une somme de 380 000 FCFA a finalement été découverte et emportée. Le téléphone portable de Fofana a également été saisi. Les jeunes ont tenté d’accéder à son compte Wave en lui réclamant son code. Le plaignant affirme encore que son téléphone contenait des éléments compromettants le concernant. Il a ainsi été contraint de désinstaller WhatsApp afin d’effacer des éléments de chantage. Avant de partir, les jeunes garçons ont également emporté sa carte nationale d’identité et ses AirPods.
L’affaire ne s’arrête toutefois pas à la chambre du cuisinier. Alors qu’il se trouve au commissariat pour son audition, Fofana continue de recevoir des appels téléphoniques. Selon le procès-verbal, O. Ly lui aurait réclamé cette fois 300 000 FCFA et lui aurait donné rendez-vous à Fass Container. Les enquêteurs décident alors de mettre en place une opération. Les suspects sont interpellés puis conduits au commissariat central de Rufisque.
Placés en garde à vue, A. Ly, O. Ly, M. Guèye alias « Paco » et M. Faye ont reconnu leur participation aux faits, tout en avançant une autre version pour justifier leur acte.
Les suspects invoquent des « avances »
Lors de leurs auditions, les jeunes ont expliqué que leur passage à l’acte était lié aux avances sexuelles que Fofana leur aurait faites. A. Ly a reconnu avoir participé à l’élaboration du plan visant à séquestrer Fofana et à lui soutirer son argent. Il a admis être celui qui lui a attaché les mains, tout en attribuant à « Paco » la menace avec une arme blanche. Il a également reconnu avoir, avant l’interpellation du groupe, appelé Fofana pour lui réclamer 300 000 FCFA.
Les enquêteurs ont alors décidé d’élargir leurs investigations à un autre volet de l’affaire, compte tenu des déclarations recueillies et des éléments découverts. Lors de la fouille effectuée à leur arrivée au commissariat, M. Guèye alias « Paco » a été trouvé en possession d’une clé USB. Le jeune homme a expliqué que le support contenait des vidéos et des enregistrements audio qu’il présentait comme des éléments concernant la vie privée de Fofana. Cette découverte a conduit les enquêteurs à retenir également des faits liés à la collecte et à la diffusion de données à caractère sexuel ainsi qu’à une tentative d’extorsion de fonds.
Fofana reconnaît avoir proposé un rapport sexuel
Convoqué à nouveau, O. Fofana a reconnu, lors de son audition, avoir proposé à A. Ly une relation sexuelle en contrepartie d’une importante somme d’argent. Il a expliqué qu’il s’est ensuite intéressé à « Paco », qu’il jugeait plus séduisant. Fofana soutient toutefois que cette situation a été exploitée par les jeunes pour lui tendre un piège. Il affirme que les intéressés ont utilisé des éléments de sa vie privée pour exercer un chantage sur lui avant de faire irruption dans sa chambre.
Ce que révèlent les examens médicaux
Face aux déclarations contradictoires et aux soupçons évoqués dans le dossier, les enquêteurs ont requis le directeur de l’hôpital Youssou Mbargane Diop de Rufisque afin que des examens sérologiques et médicaux soient réalisés sur les personnes concernées. Les résultats sérologiques se sont révélés négatifs pour tous les intéressés. En revanche, le procès-verbal fait état de constatations médicales concernant deux des jeunes : une « ulcération à 12 heures » pour A. Ly et une « lésion linéaire de moins d’un millimètre d’épaisseur » pour M. Faye.
Interrogés sur ces résultats, les deux concernés ont nié avoir eu des rapports sexuels avec Fofana ou avec une autre personne, sans parvenir, selon les enquêteurs, à fournir d’explication sur les constatations médicales.
À l’issue de l’enquête, les faits visés à l’encontre des quatre jeunes sont notamment l’association de malfaiteurs, la violation de domicile, le vol avec violences et voies de fait, la collecte et la diffusion de données à caractère sexuel et la tentative d’extorsion de fonds.
O. Fofana est, pour sa part, poursuivi pour acte contre nature, incitation à la débauche et corruption de mineur et de la jeunesse. L’enquête a révélé, par ailleurs, que O. Fofana est connu des services de police pour une condamnation prononcée en 2016 dans une affaire de viol sur mineur et d’acte contre nature.
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Par la suite, l’auteur de la plainte et quatre jeunes, dont un mineur de 16 ans, ont été déférés hier devant le procureur du tribunal de grande instance de Rufisque. Le procureur Cheikh Diakhoumpa a opté pour l’ouverture d’une information judiciaire. Le dossier a été confié au juge du premier cabinet, qui a placé toutes les 5 personnes sous mandat de dépôt. Le mineur a été conduit à la MAC de Fort B. Hann, tandis que les autres ont été écroués à Rebeuss.
Sur les faits
Le 10 août 2026, O. Fofana, domicilié à la Cité Taco, s’est présenté au commissariat central de Rufisque. Dans sa plainte, le cuisinier affirme avoir été séquestré et dépouillé à son domicile la veille. Selon son récit, les faits seraient liés à un différend financier né à la suite du Grand Magal de Touba. Fofana explique avoir été chargé par une dame de la restauration de ses hôtes et avoir recruté plusieurs jeunes pour l’aider dans cette tâche. Chacun devait percevoir 50 000 FCFA.
Quelques jours après son retour, il a appris que les frères jumeaux A. et O. Ly, maçons âgés de 22 ans, estimaient leur rémunération insuffisante et réclamaient un complément. Une demande à laquelle il aurait opposé un refus. D’après lui, le 9 août, vers 17 heures, M. Faye, 20 ans, ouvrier domicilié à Darourakhmane, s’est présenté à son domicile après l’avoir appelé pour lui proposer une rencontre. À peine les deux hommes avaient-ils commencé à discuter que les jumeaux et M. Guèye alias « Paco », footballeur âgé de 16 ans, ont fait irruption dans la chambre.
Fofana affirme avoir été immobilisé, les mains attachées dans le dos à l’aide d’un foulard récupéré dans l’armoire de son épouse. Il a ensuite été frappé et menacé avec un couteau pour qu’il remette son argent. Dans la foulée, les mis en cause ont fouillé la chambre. Une somme de 380 000 FCFA a finalement été découverte et emportée. Le téléphone portable de Fofana a également été saisi. Les jeunes ont tenté d’accéder à son compte Wave en lui réclamant son code. Le plaignant affirme encore que son téléphone contenait des éléments compromettants le concernant. Il a ainsi été contraint de désinstaller WhatsApp afin d’effacer des éléments de chantage. Avant de partir, les jeunes garçons ont également emporté sa carte nationale d’identité et ses AirPods.
L’affaire ne s’arrête toutefois pas à la chambre du cuisinier. Alors qu’il se trouve au commissariat pour son audition, Fofana continue de recevoir des appels téléphoniques. Selon le procès-verbal, O. Ly lui aurait réclamé cette fois 300 000 FCFA et lui aurait donné rendez-vous à Fass Container. Les enquêteurs décident alors de mettre en place une opération. Les suspects sont interpellés puis conduits au commissariat central de Rufisque.
Placés en garde à vue, A. Ly, O. Ly, M. Guèye alias « Paco » et M. Faye ont reconnu leur participation aux faits, tout en avançant une autre version pour justifier leur acte.
Les suspects invoquent des « avances »
Lors de leurs auditions, les jeunes ont expliqué que leur passage à l’acte était lié aux avances sexuelles que Fofana leur aurait faites. A. Ly a reconnu avoir participé à l’élaboration du plan visant à séquestrer Fofana et à lui soutirer son argent. Il a admis être celui qui lui a attaché les mains, tout en attribuant à « Paco » la menace avec une arme blanche. Il a également reconnu avoir, avant l’interpellation du groupe, appelé Fofana pour lui réclamer 300 000 FCFA.
Les enquêteurs ont alors décidé d’élargir leurs investigations à un autre volet de l’affaire, compte tenu des déclarations recueillies et des éléments découverts. Lors de la fouille effectuée à leur arrivée au commissariat, M. Guèye alias « Paco » a été trouvé en possession d’une clé USB. Le jeune homme a expliqué que le support contenait des vidéos et des enregistrements audio qu’il présentait comme des éléments concernant la vie privée de Fofana. Cette découverte a conduit les enquêteurs à retenir également des faits liés à la collecte et à la diffusion de données à caractère sexuel ainsi qu’à une tentative d’extorsion de fonds.
Fofana reconnaît avoir proposé un rapport sexuel
Convoqué à nouveau, O. Fofana a reconnu, lors de son audition, avoir proposé à A. Ly une relation sexuelle en contrepartie d’une importante somme d’argent. Il a expliqué qu’il s’est ensuite intéressé à « Paco », qu’il jugeait plus séduisant. Fofana soutient toutefois que cette situation a été exploitée par les jeunes pour lui tendre un piège. Il affirme que les intéressés ont utilisé des éléments de sa vie privée pour exercer un chantage sur lui avant de faire irruption dans sa chambre.
Ce que révèlent les examens médicaux
Face aux déclarations contradictoires et aux soupçons évoqués dans le dossier, les enquêteurs ont requis le directeur de l’hôpital Youssou Mbargane Diop de Rufisque afin que des examens sérologiques et médicaux soient réalisés sur les personnes concernées. Les résultats sérologiques se sont révélés négatifs pour tous les intéressés. En revanche, le procès-verbal fait état de constatations médicales concernant deux des jeunes : une « ulcération à 12 heures » pour A. Ly et une « lésion linéaire de moins d’un millimètre d’épaisseur » pour M. Faye.
Interrogés sur ces résultats, les deux concernés ont nié avoir eu des rapports sexuels avec Fofana ou avec une autre personne, sans parvenir, selon les enquêteurs, à fournir d’explication sur les constatations médicales.
À l’issue de l’enquête, les faits visés à l’encontre des quatre jeunes sont notamment l’association de malfaiteurs, la violation de domicile, le vol avec violences et voies de fait, la collecte et la diffusion de données à caractère sexuel et la tentative d’extorsion de fonds.
O. Fofana est, pour sa part, poursuivi pour acte contre nature, incitation à la débauche et corruption de mineur et de la jeunesse. L’enquête a révélé, par ailleurs, que O. Fofana est connu des services de police pour une condamnation prononcée en 2016 dans une affaire de viol sur mineur et d’acte contre nature.
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Acte contre nature, corruption de mineur chantage…: Le cuisinier de 48 ans et 4 jeunes envoyés en prison


