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Marché financier : le Sénégal mobilise 137,5 milliards de FCFA à un coût d’emprunt élevé

Rédigé par Dakarposte le Mardi 18 Août 2026 à 20:42 modifié le Mardi 18 Août 2026 - 22:42

Marché financier : le Sénégal mobilise 137,5 milliards de FCFA à un coût d’emprunt élevé
Le Sénégal continue de mobiliser des ressources sur le marché régional des titres publics de l’UEMOA, mais au prix de conditions de financement particulièrement exigeantes.

Au cours des deux premières semaines d’août, l’État a ainsi levé environ 137,5 milliards de FCFA à travers deux opérations, dans un contexte marqué par une forte demande des investisseurs, mais également par des rendements dépassant régulièrement la barre des 8 %.

Lors de l’opération réalisée vendredi, le Trésor sénégalais recherchait initialement 70 milliards de FCFA. Les investisseurs ont soumis des offres totalisant 110 milliards, soit un taux de couverture de 157,2 %. L’État n’a toutefois retenu que 77 milliards, écartant près de 33 milliards de soumissions.

Sur les Bons assimilables du Trésor à 364 jours, 56,476 milliards de FCFA ont été proposés, dont 54,4 milliards finalement retenus, avec un rendement moyen pondéré de 8,04 %. Les Obligations assimilables du Trésor à trois ans ont, en revanche, suscité 31,9 milliards de FCFA de propositions, mais seulement 920 millions ont été acceptés. Pour les obligations à cinq ans, l’État a retenu presque la totalité des 21,6 milliards proposés, à un rendement moyen pondéré de 8,20 %.

Cette opération intervient quelques jours seulement après celle du 6 août, au cours de laquelle le Sénégal avait levé 60,5 milliards de FCFA pour un objectif initial de 55 milliards. Là encore, le coût du financement s’est révélé élevé : 43,45 milliards de FCFA avaient notamment été mobilisés sur des titres à 364 jours, avec un rendement moyen pondéré de 8,20 %.

Ces deux opérations dressent ainsi un tableau contrasté de la situation du Sénégal sur le marché régional.
D’un côté, la profondeur de la demande demeure appréciable, les adjudications étant largement sursouscrites. De l’autre, cette appétence des investisseurs ne se traduit pas par des conditions de financement favorables pour l’État.

Le principal enjeu n’est donc pas, à court terme, la capacité du Sénégal à trouver des souscripteurs, mais le coût auquel il doit emprunter. Des rendements supérieurs à 8 % sur certaines maturités traduisent une prime de risque élevée exigée par les investisseurs et pourraient, si cette tendance se prolonge, exercer une pression supplémentaire sur la charge future de la dette publique.

Autrement dit, le marché continue de financer le Sénégal, mais il lui adresse parallèlement un signal de prix. L’accès aux capitaux reste ouvert ; il devient simplement plus coûteux.
Dans un environnement budgétaire déjà contraint, cette dynamique constitue un paramètre majeur pour la soutenabilité des finances publiques et la trajectoire d’endettement de l’État.

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