Ceux qui invitaient l’opinion à « circuler, il n’y a rien à voir » dans l’affaire ASER-AEE Power devront désormais regarder de plus près les suites judiciaires du dossier.
Un communiqué du Procureur de la République financier, daté du 12 août 2026, vient en effet donner une tout autre dimension à cette affaire qui porte notamment sur l’exécution du marché d’électrification rurale conclu entre l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) et la société espagnole AEE Power EPC SAU.
Selon le document officiel, le Parquet financier avait reçu, le 16 octobre 2025, une plainte du député Thierno Alassane Sall relative à l’exécution de ce marché, pour des faits présumés de faux, usage de faux et détournement de deniers publics.
Le 24 octobre suivant, la Section de recherches de Dakar avait été saisie afin de conduire les investigations préliminaires.
Le communiqué précise que l’exploitation du dossier a fait apparaître des agissements « susceptibles de revêtir des qualifications pénales ».
Le procureur financier indique surtout qu’une information judiciaire a été ouverte contre certains dirigeants des sociétés concernées, les personnes morales elles-mêmes et contre X, pour un éventail particulièrement lourd d’infractions présumées : association de malfaiteurs, détournement de deniers publics, faux et usage de faux en écritures publiques, privées, de commerce ou de banque, blanchiment de capitaux, corruption, prise illégale d’intérêt, trafic d’influence et complicité, sans préjudice de toute autre infraction qui pourrait être révélée au cours de l’instruction.
Le magistrat ne s’est pas arrêté là. Afin de permettre au juge d’instruction d’approfondir les investigations, d’en retracer les circuits et surtout d’identifier l’ensemble des personnes susceptibles d’être impliquées, une commission rogatoire internationale ainsi qu’une délégation judiciaire ont été requises.
Cette dimension internationale apparaît particulièrement significative dans un dossier impliquant une société espagnole et des flux financiers dont la justice cherche manifestement à établir la destination et la régularité.
C’est précisément cette nouvelle étape que notre confrère Bachir Fofana souligne avec force. « Pour ceux qui nous disaient "circulez, il n'y a rien à voir dans l'affaire Aser", voici un cinglant démenti venu du Procureur financier », observe-t-il, avant de relever la gravité des qualifications désormais visées par la justice.
Il convient néanmoins de rappeler qu’une information judiciaire ne vaut pas condamnation. Elle signifie que la justice considère les éléments réunis suffisamment sérieux pour justifier des investigations approfondies sous l’autorité d’un magistrat instructeur.
Il appartiendra donc à l’instruction de déterminer les responsabilités individuelles, de vérifier les faits dénoncés et, le cas échéant, de réunir les preuves nécessaires à d’éventuelles poursuites.
Mais une chose est désormais difficilement contestable : l’affaire ASER-AEE Power est bel et bien devenue un dossier judiciaire majeur. Après les plaintes, les enquêtes préliminaires et les nombreuses controverses publiques, le dossier entre dans une phase où les documents bancaires, les mouvements de fonds, les contrats, les justificatifs et les responsabilités des différents protagonistes pourront être examinés avec les moyens de l’instruction.
Pour la rédaction de Dakarposte, cette évolution appelle une seule exigence : que toute la lumière soit faite, sans préjuger de la culpabilité de quiconque. Car lorsque des milliards de francs destinés à l’électrification de populations sénégalaises sont au cœur d’une procédure judiciaire, la vérité ne saurait être noyée dans le tumulte des déclarations.
La justice doit désormais parler par les faits, les preuves et le droit.
Un communiqué du Procureur de la République financier, daté du 12 août 2026, vient en effet donner une tout autre dimension à cette affaire qui porte notamment sur l’exécution du marché d’électrification rurale conclu entre l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) et la société espagnole AEE Power EPC SAU.
Selon le document officiel, le Parquet financier avait reçu, le 16 octobre 2025, une plainte du député Thierno Alassane Sall relative à l’exécution de ce marché, pour des faits présumés de faux, usage de faux et détournement de deniers publics.
Le 24 octobre suivant, la Section de recherches de Dakar avait été saisie afin de conduire les investigations préliminaires.
Le communiqué précise que l’exploitation du dossier a fait apparaître des agissements « susceptibles de revêtir des qualifications pénales ».
Le procureur financier indique surtout qu’une information judiciaire a été ouverte contre certains dirigeants des sociétés concernées, les personnes morales elles-mêmes et contre X, pour un éventail particulièrement lourd d’infractions présumées : association de malfaiteurs, détournement de deniers publics, faux et usage de faux en écritures publiques, privées, de commerce ou de banque, blanchiment de capitaux, corruption, prise illégale d’intérêt, trafic d’influence et complicité, sans préjudice de toute autre infraction qui pourrait être révélée au cours de l’instruction.
Le magistrat ne s’est pas arrêté là. Afin de permettre au juge d’instruction d’approfondir les investigations, d’en retracer les circuits et surtout d’identifier l’ensemble des personnes susceptibles d’être impliquées, une commission rogatoire internationale ainsi qu’une délégation judiciaire ont été requises.
Cette dimension internationale apparaît particulièrement significative dans un dossier impliquant une société espagnole et des flux financiers dont la justice cherche manifestement à établir la destination et la régularité.
C’est précisément cette nouvelle étape que notre confrère Bachir Fofana souligne avec force. « Pour ceux qui nous disaient "circulez, il n'y a rien à voir dans l'affaire Aser", voici un cinglant démenti venu du Procureur financier », observe-t-il, avant de relever la gravité des qualifications désormais visées par la justice.
Il convient néanmoins de rappeler qu’une information judiciaire ne vaut pas condamnation. Elle signifie que la justice considère les éléments réunis suffisamment sérieux pour justifier des investigations approfondies sous l’autorité d’un magistrat instructeur.
Il appartiendra donc à l’instruction de déterminer les responsabilités individuelles, de vérifier les faits dénoncés et, le cas échéant, de réunir les preuves nécessaires à d’éventuelles poursuites.
Mais une chose est désormais difficilement contestable : l’affaire ASER-AEE Power est bel et bien devenue un dossier judiciaire majeur. Après les plaintes, les enquêtes préliminaires et les nombreuses controverses publiques, le dossier entre dans une phase où les documents bancaires, les mouvements de fonds, les contrats, les justificatifs et les responsabilités des différents protagonistes pourront être examinés avec les moyens de l’instruction.
Pour la rédaction de Dakarposte, cette évolution appelle une seule exigence : que toute la lumière soit faite, sans préjuger de la culpabilité de quiconque. Car lorsque des milliards de francs destinés à l’électrification de populations sénégalaises sont au cœur d’une procédure judiciaire, la vérité ne saurait être noyée dans le tumulte des déclarations.
La justice doit désormais parler par les faits, les preuves et le droit.


Affaire ASER-AEE Power : le Parquet financier franchit un nouveau cap judiciaire

