Le paysage politique sénégalais offre, une fois de plus, le spectacle de ces repositionnements dont la vitesse laisse parfois perplexe.
Demba Diop Sy, maire de Tivaouane, a annoncé ce lundi matin, au micro de la RFM, son intention de rejoindre la dynamique Kiiray.
Une décision qu’il dit avoir mûrement réfléchie à la suite d’un tête-à-tête avec le président Bassirou Diomaye Faye, récemment en séjour à Tivaouane en prélude au Mawlid.
Selon ses propres déclarations, le chef de l’État lui aurait promis une audience au Palais présidentiel afin d’échanger sur les modalités de son éventuel ralliement.
L’information pourrait, à elle seule, être considérée comme un simple épisode supplémentaire dans la recomposition permanente du champ politique.
Elle prend toutefois une autre dimension lorsqu’on se souvient des positions naguère affichées par le même responsable à l’égard de ceux dont il semble aujourd’hui vouloir prendre ses distances.
Demba Diop Sy, maire de Tivaouane, a annoncé ce lundi matin, au micro de la RFM, son intention de rejoindre la dynamique Kiiray.
Une décision qu’il dit avoir mûrement réfléchie à la suite d’un tête-à-tête avec le président Bassirou Diomaye Faye, récemment en séjour à Tivaouane en prélude au Mawlid.
Selon ses propres déclarations, le chef de l’État lui aurait promis une audience au Palais présidentiel afin d’échanger sur les modalités de son éventuel ralliement.
L’information pourrait, à elle seule, être considérée comme un simple épisode supplémentaire dans la recomposition permanente du champ politique.
Elle prend toutefois une autre dimension lorsqu’on se souvient des positions naguère affichées par le même responsable à l’égard de ceux dont il semble aujourd’hui vouloir prendre ses distances.
En mars 2024, à la veille de l’élection présidentielle, alors qu’Amadou Ba était le candidat de la coalition Benno Bokk Yaakaar, Demba Diop Sy ne tarissait pourtant pas d’éloges à son endroit.
À Tivaouane, il appelait ouvertement à soutenir l’ancien Premier ministre, allant jusqu’à affirmer qu’Amadou Ba était le choix de Macky Sall et qu’il fallait œuvrer à son élection avec un score massif. Des propos qui contrastent singulièrement avec la charge livrée ce lundi contre celui qu’il présente désormais comme un piètre acteur politique.
Cette volte-face interroge d’autant plus qu’elle intervient dans un contexte où les alliances politiques se font et se défont à un rythme effréné. Le cas de Demba Diop Sy rappelle ainsi celui de nombreux acteurs politiques sénégalais dont les trajectoires sont jalonnées de changements de camp, de rapprochements circonstanciels et de ruptures spectaculaires. L’épisode invite à s’interroger sur la solidité des convictions affichées lorsque les rapports de force politiques évoluent.
Il faut également se rappeler que Diop Sy n’en est pas à son premier changement de position spectaculaire.
En février 2024, alors qu’il était à l’origine d’un amendement ayant fixé la date de la présidentielle au 15 décembre, il avait ensuite affirmé que Macky Sall était le seul responsable du report du scrutin, prenant ainsi ses distances avec une décision à laquelle son initiative parlementaire avait pourtant largement contribué.
Aujourd’hui, le voilà qui se tourne vers la nouvelle majorité tout en prenant soin de fermer la porte à Ousmane Sonko. Sur ce point, son propos est sans ambiguïté : il affirme qu’il ne soutiendra « jamais au grand jamais » le président de l’Assemblée nationale et chef de file de Pastef, ajoutant : « Ousmane Sonko me connaît et je le connais ». Une formule qui traduit une rupture personnelle et politique qu’il entend manifestement maintenir, même dans l’hypothèse d’un rapprochement avec le pouvoir.
Cette posture révèle surtout les contradictions auxquelles peuvent conduire certaines trajectoires politiques. Car rejoindre une dynamique proche du pouvoir tout en excluant catégoriquement son principal responsable politique peut sembler relever d’un exercice d’équilibriste.
Entre fidélités proclamées hier et ruptures assumées aujourd’hui, l’électeur est en droit de demander où se situent les convictions et où commencent les calculs.
Le cas Demba Diop Sy est d’ailleurs symptomatique d’une classe politique qui peine encore à se débarrasser des pratiques anciennes : soutenir un homme hier parce qu’il est en position de force, le vilipender aujourd’hui parce que les vents ont changé, puis se rapprocher du nouveau pouvoir tout en négociant les conditions de son ralliement.
Ce nomadisme politique, devenu presque banal, nourrit inévitablement le désenchantement d’une partie de l’opinion.
La politique ne saurait pourtant être réduite à une succession de ralliements et de reniements.
Elle suppose des convictions, une cohérence et, surtout, une capacité à rendre compte de ses choix aux citoyens.
Changer d’alliance n’est certes pas un crime politique : les circonstances peuvent évoluer et les responsables ont le droit de revoir leurs positions. Mais encore faudrait-il expliquer clairement ce qui a changé, plutôt que de réécrire, au gré des circonstances, le récit de ses propres engagements.
Le ralliement annoncé de Demba Diop Sy à Kiiray constitue donc moins une surprise qu’un nouvel épisode de la grande transhumance politique sénégalaise. Et il pose une question essentielle : dans un pays où les citoyens sont régulièrement appelés aux urnes, combien de temps encore accepteront-ils que certains responsables changent de discours et de camp au gré des rapports de force, sans jamais véritablement rendre compte de leurs revirements ?
À force de transformer la politique en marché permanent des alliances, certains acteurs finissent par donner raison à ceux qui considèrent que la conviction n’est plus qu’un luxe dans l’arène politique.
Le cas Diop Sy, avec ses nombreux retournements, mérite à ce titre d’être regardé non comme une simple affaire de personne, mais comme le symptôme d’un mal plus profond : celui d’une politique où la fidélité aux principes semble parfois moins durable que la proximité avec le pouvoir.
À Tivaouane, il appelait ouvertement à soutenir l’ancien Premier ministre, allant jusqu’à affirmer qu’Amadou Ba était le choix de Macky Sall et qu’il fallait œuvrer à son élection avec un score massif. Des propos qui contrastent singulièrement avec la charge livrée ce lundi contre celui qu’il présente désormais comme un piètre acteur politique.
Cette volte-face interroge d’autant plus qu’elle intervient dans un contexte où les alliances politiques se font et se défont à un rythme effréné. Le cas de Demba Diop Sy rappelle ainsi celui de nombreux acteurs politiques sénégalais dont les trajectoires sont jalonnées de changements de camp, de rapprochements circonstanciels et de ruptures spectaculaires. L’épisode invite à s’interroger sur la solidité des convictions affichées lorsque les rapports de force politiques évoluent.
Il faut également se rappeler que Diop Sy n’en est pas à son premier changement de position spectaculaire.
En février 2024, alors qu’il était à l’origine d’un amendement ayant fixé la date de la présidentielle au 15 décembre, il avait ensuite affirmé que Macky Sall était le seul responsable du report du scrutin, prenant ainsi ses distances avec une décision à laquelle son initiative parlementaire avait pourtant largement contribué.
Aujourd’hui, le voilà qui se tourne vers la nouvelle majorité tout en prenant soin de fermer la porte à Ousmane Sonko. Sur ce point, son propos est sans ambiguïté : il affirme qu’il ne soutiendra « jamais au grand jamais » le président de l’Assemblée nationale et chef de file de Pastef, ajoutant : « Ousmane Sonko me connaît et je le connais ». Une formule qui traduit une rupture personnelle et politique qu’il entend manifestement maintenir, même dans l’hypothèse d’un rapprochement avec le pouvoir.
Cette posture révèle surtout les contradictions auxquelles peuvent conduire certaines trajectoires politiques. Car rejoindre une dynamique proche du pouvoir tout en excluant catégoriquement son principal responsable politique peut sembler relever d’un exercice d’équilibriste.
Entre fidélités proclamées hier et ruptures assumées aujourd’hui, l’électeur est en droit de demander où se situent les convictions et où commencent les calculs.
Le cas Demba Diop Sy est d’ailleurs symptomatique d’une classe politique qui peine encore à se débarrasser des pratiques anciennes : soutenir un homme hier parce qu’il est en position de force, le vilipender aujourd’hui parce que les vents ont changé, puis se rapprocher du nouveau pouvoir tout en négociant les conditions de son ralliement.
Ce nomadisme politique, devenu presque banal, nourrit inévitablement le désenchantement d’une partie de l’opinion.
La politique ne saurait pourtant être réduite à une succession de ralliements et de reniements.
Elle suppose des convictions, une cohérence et, surtout, une capacité à rendre compte de ses choix aux citoyens.
Changer d’alliance n’est certes pas un crime politique : les circonstances peuvent évoluer et les responsables ont le droit de revoir leurs positions. Mais encore faudrait-il expliquer clairement ce qui a changé, plutôt que de réécrire, au gré des circonstances, le récit de ses propres engagements.
Le ralliement annoncé de Demba Diop Sy à Kiiray constitue donc moins une surprise qu’un nouvel épisode de la grande transhumance politique sénégalaise. Et il pose une question essentielle : dans un pays où les citoyens sont régulièrement appelés aux urnes, combien de temps encore accepteront-ils que certains responsables changent de discours et de camp au gré des rapports de force, sans jamais véritablement rendre compte de leurs revirements ?
À force de transformer la politique en marché permanent des alliances, certains acteurs finissent par donner raison à ceux qui considèrent que la conviction n’est plus qu’un luxe dans l’arène politique.
Le cas Diop Sy, avec ses nombreux retournements, mérite à ce titre d’être regardé non comme une simple affaire de personne, mais comme le symptôme d’un mal plus profond : celui d’une politique où la fidélité aux principes semble parfois moins durable que la proximité avec le pouvoir.


Diop Sy tourne le dos à Amadou Ba et lorgne Kiiray : quand les convictions politiques changent au gré du vent
