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La presse a-t-elle lâché Pape Ale Niang ?

Rédigé par Dakarposte le Mercredi 21 Décembre 2022 à 13:29

« Je pense que Pape Alé Niang nous a manqué de respect. Nous nous sommes tous battus pour qu’il sorte de prison et, à peine libéré, il donne une interview à un activiste, Mollah Morgun, et accuse le directeur général de la police d’avoir évacué sa famille aux États-Unis pour fuir le Sénégal. » Ces propos d’un Rédacteur en chef d’un grand média sont rapportés par Jeune Afrique, dans un article consacré à Jeune Afrique. Dans la profession, beaucoup de journalistes partagent la même opinion que celui cité par Jeune Afrique sous couvert d’anonymat. Il est à noter que depuis son arrestation lundi, la Coordination des Associations de Presse (CAP)n'a pas publié de communiqué de soutien ou de condamnation.

Patron du site d'informations Dakar Matin, le journaliste avait été relâché et placé sous contrôle judiciaire le 14 décembre plus d'un mois après avoir été inculpé et écroué pour "divulgation d'informations de nature à nuire à la Défense nationale", "recel de documents administratifs et militaires" et "diffusion de fausses nouvelles". Son cas avait mobilisé la profession et lui-même avait observé une grève de la faim pendant une douzaine de jours.

Pape Alé Niang a été interpellé lundi soir par la police et présenté mardi à un juge du tribunal de Dakar Ce nouveau placement en détention fait suite à la demande du parquet qui estime que Pape Alé Niang a évoqué son dossier judiciaire lundi sur les réseaux sociaux avec un activiste sénégalais à l'étranger, alors que son contrôle judiciaire lui interdisait de le faire, a dit Me Sarr. Il lui est également reproché un "tweet concernant le directeur général de la police", a-t-il ajouté.

Le parquet de Dakar "informe l'opinion publique de la révocation du contrôle judiciaire dont bénéficiait l'inculpé Pape Alé Niang", dans un communiqué publié mardi soir. Il explique cette décision par "les dernières sorties médiatiques" du journaliste qui sont "une violation des obligations prescrites, notamment celles qui lui faisaient défense de communiquer sous aucune forme sur les faits objets de poursuite".


Or, selon le parquet, "l'inculpé a largement contrevenu à ses obligations en abordant volontairement lors de ses lives sur Youtube les faits poursuivis" et lors desquels il a mené "des attaques injustifiées aussi bien contre une autorité de la police que contre les enquêteurs".

Le journaliste, pour sa part, affirme faire "l'objet d'un acharnement et d'une persécution abominables" de la part du pouvoir sénégalais qui a "décidé de (le) faire taire à tout prix".



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