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Limogeage de Waly Diouf Bodiang : le réquisitoire sans concession de Maïmouna Sène

Rédigé par Dakarposte le Vendredi 14 Août 2026 à 16:06 modifié le Vendredi 14 Août 2026 - 19:06

Le limogeage de Waly Diouf Bodiang, ancien responsable au sein de l’appareil d’État, donne lieu à une vive réaction de Maïmouna Sène, ancienne parlementaire du Sénégal et de la CEDEAO et membre du Secrétariat exécutif national de l’Alliance pour la République (APR). Dans une déclaration d’une rare virulence, elle dresse le réquisitoire d’un homme qu’elle accuse d’avoir confondu la fermeté politique avec l’invective et l’exercice de l’autorité avec la tentation de l’arbitraire.

« Pendant des mois, Waly Diouf Bodiang s’imposait en procureur autoproclamé, exigeant avec arrogance la dissolution de l’Alliance pour la République. Aujourd’hui, le verdict politique est tombé, sans appel : le président Bassirou Diomaye Faye a pris ses responsabilités en signant son limogeage. Quelle ironie du sort ! Celui qui voulait dissoudre l’APR se retrouve lui-même dissous de ses fonctions d’État », assène Maïmouna Sène.


Pour l’ancienne parlementaire, cette éviction constitue l’épilogue d’une posture politique qu’elle juge marquée par « l’excès, l’immaturité et le mépris des règles républicaines ». Elle estime que ce revers devrait rappeler à chacun que l’exercice du pouvoir impose davantage de hauteur que de démonstrations de force, davantage de mesure que de sentences publiques. « Que ce revers vous serve de leçon de morale, de retenue et d’humilité », lance-t-elle à l’endroit de l’ancien responsable.

Maïmouna Sène défend, avec la même détermination, l’héritage politique de l’APR, qu’elle présente comme une formation solidement enracinée dans le paysage national et dans la mémoire politique récente du Sénégal.

À ses yeux, le parti ne saurait être réduit à une structure dont l’existence dépendrait des humeurs ou des déclarations de ses adversaires. « L’APR est une grande formation politique, ancrée dans le cœur des Sénégalais, forte d’un bilan solide et d’une réelle maturité institutionnelle », affirme-t-elle.

Elle entend également rappeler la profondeur historique de cette formation politique face à ceux qui, selon elle, voudraient réécrire l’histoire au gré des alternances. « Que Waly Diouf Bodiang et ses semblables se le tiennent pour dit : l’APR est un grand parti d’État, une formation démocratique solide qui a structuré la vie politique nationale et dirigé le pays pendant plus d’une décennie », souligne-t-elle.


Dans cette confrontation politique, Maïmouna Sène oppose à la logique de l’invective celle de la légitimité démocratique. Un parti, rappelle-t-elle, ne disparaît pas parce qu’un individu en réclame la dissolution à la tribune ou dans l’espace public. « Un parti politique ne se dissout pas par le simple désir d’un individu ou par des invectives de tribune ; il vit à travers ses militants, ses valeurs et ses réalisations. L’APR n’a jamais été une association de malfaiteurs ni un mouvement dissous par la loi pour atteinte à l’ordre public », martèle-t-elle.

La responsable de l’APR insiste surtout sur l’antériorité de son parti et sur le chemin parcouru avant l’arrivée de la nouvelle majorité. Dans une formule destinée à marquer les esprits, elle rappelle qu’au moment où l’APR consolidait son implantation et participait à la conduite des affaires publiques, le PASTEF n’en était encore qu’aux prémices de son existence politique.

« Quand l’Alliance pour la République bâtissait les fondations de notre émergence et préservait la stabilité de nos institutions, votre parti, le PASTEF, n’était encore qu’une idée naissante. La légitimité politique s’acquiert dans la responsabilité, non dans l’invective ou la menace d’interdiction des opposants », affirme-t-elle.

Plus sévère encore, Maïmouna Sène accuse Waly Diouf Bodiang d’avoir cru pouvoir transformer l’appareil d’État en instrument de règlement des comptes politiques. « Vous pensiez pouvoir utiliser l’appareil d’État pour effacer vos adversaires politiques. C’est finalement la réalité du pouvoir et l’exigence de la charge qui vous ont éjecté de vos fonctions », déclare-t-elle.

Au-delà du cas personnel de Waly Diouf Bodiang, son propos se veut une réflexion sur la fragilité des positions de pouvoir et sur la nécessité, pour ceux qui les occupent, de ne jamais perdre de vue la mesure républicaine. À ses yeux, les fonctions publiques ne sauraient constituer des tremplins pour l’arrogance ni des forteresses à partir desquelles seraient lancées des anathèmes contre les adversaires.

Elle conclut ainsi sa charge par une mise en garde qui se veut aussi une leçon politique : « Le pouvoir est éphémère, mais l’élégance et la retenue républicaine restent les seules véritables marques des grands hommes d’État. »

Pour Maïmouna Sène, l’APR demeure donc une force politique appelée à compter dans l’avenir du Sénégal. Forte de son passé, mobilisée pour le présent et résolue à regarder vers l’avenir, la formation revendique son héritage et entend poursuivre son combat dans le champ démocratique. « À l’APR, nous continuons de servir le Sénégal, la tête haute », conclut-elle, comme une profession de foi et un défi lancé au temps politique nouveau.

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