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Présidentielle française : Paris enquête sur des soupçons d’ingérence russe visant Attal et Philippe

Rédigé par Dakarposte le Mardi 18 Août 2026 à 19:01 modifié le Mardi 18 Août 2026 - 21:01

À l’approche de la prochaine élection présidentielle française, les soupçons d’ingérence étrangère prennent une nouvelle dimension. En effet, le parquet de Paris a annoncé, mardi 18 août, l’ouverture d’une enquête sur des opérations de désinformation qui auraient visé deux prétendants potentiels à l’Élysée, Gabriel Attal et Édouard Philippe.

Dakarposte a appris que la procédure a été confiée à la section chargée de la protection des libertés fondamentales.

Gabriel Attal a notamment été la cible de vidéos truquées utilisant les logos et l’identité visuelle de médias français de premier plan, dont Le Figaro et Libération. Ces contenus frauduleux diffusaient de fausses informations sur son état de santé, allant jusqu’à affirmer qu’il aurait été hospitalisé ou atteint de la maladie de Parkinson.

Face à cette campagne, l’ancien Premier ministre avait déposé plainte le 7 août pour « ingérence étrangère », dénonçant une opération qui, selon lui, provenait de réseaux russes.

Dans une intervention sur RTL, Gabriel Attal avait déjà tiré la sonnette d’alarme, estimant qu’en l’absence de réaction, de telles opérations pourraient finir par fausser le scrutin. Il avait également accusé Moscou de chercher à « voler » la prochaine élection présidentielle française, signe de la gravité avec laquelle il considère ces tentatives de manipulation de l’opinion.


Édouard Philippe n’a pas davantage échappé à cette mécanique de la rumeur. Plusieurs faux sites et comptes diffusés sur les réseaux sociaux ont prétendu que l’ancien chef du gouvernement souffrirait d’une forme de démence susceptible de l’empêcher de se présenter à l’élection présidentielle. Une accusation rapidement démentie par son entourage, mais suffisamment grave pour attirer l’attention des spécialistes de la désinformation.

Des chercheurs du réseau AntiBot4Navalny ont identifié, derrière cette campagne, des indices laissant penser à une opération baptisée « Matriochka », décrite comme une entreprise clandestine d’influence et de désinformation alignée sur les intérêts russes. Selon une source sécuritaire, ces opérations seraient demeurées relativement discrètes, mais elles présentent une particularité préoccupante : elles viseraient désormais directement des personnalités susceptibles de briguer l’Élysée.

Cette affaire intervient alors que le parquet de Paris s’était déjà saisi, au début du mois, de soupçons similaires concernant Raphaël Glucksmann. Le candidat potentiel de Place publique avait lui aussi été pris pour cible par une campagne de fausses informations. Celle-ci visait notamment sa compagne, Léa Salamé, accusée à tort d’avoir tenté de soudoyer des médias afin de promouvoir l’image de son compagnon et son programme politique.

Raphaël Glucksmann avait été informé par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale d’une attaque attribuée au groupe de propagande Storm-1516, que les autorités soupçonnent d’être lié au renseignement militaire russe, le GRU. L’eurodéputé avait à son tour saisi la justice le 12 août, dénonçant une stratégie destinée à rendre viraux des mensonges pour salir des personnalités considérées comme hostiles au pouvoir russe.

Le phénomène n’est pas nouveau. Depuis plusieurs années, les autorités françaises alertent sur les tentatives d’ingérence susceptibles de perturber les processus démocratiques. Moscou a notamment été accusé de campagnes d’influence lors des élections législatives anticipées de 2024, puis lors des élections municipales de 2026.

Au cours de ce dernier scrutin, des candidats de La France insoumise à Marseille, Toulouse et Roubaix avaient eux aussi été visés par des contenus manipulés et des vidéos générées ou altérées numériquement. Les soupçons s’étaient alors portés vers une entreprise israélienne, tandis que l’enquête demeure en cours.

À mesure que l’échéance présidentielle approche, la multiplication de ces opérations fait ainsi peser une menace nouvelle sur le débat démocratique français. Faux médias, vidéos truquées, rumeurs sur la santé des candidats et campagnes coordonnées sur les réseaux sociaux composent désormais l’arsenal d’une guerre informationnelle où le mensonge peut se propager à la vitesse d’un clic.

L’enjeu dépasse dès lors le sort individuel de Gabriel Attal, Édouard Philippe ou Raphaël Glucksmann. Il touche à la capacité d’une démocratie à préserver son débat public de manipulations venues de l’extérieur.
Pour les autorités françaises, la bataille se joue désormais autant dans les urnes que dans l’espace numérique, là où une fausse information, répétée et amplifiée, peut parfois laisser une trace plus durable que la vérité.

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