Qui sont les cinq candidats en lice pour l'élection présidentielle algérienne ?

L'élection présidentielle algérienne du 12 décembre est très contestée dans le pays. Les cinq candidats en lice ont tous soutenu le président déchu Abdelaziz Bouteflika ou participé à sa présidence. Quels sont leurs profils?

ACTUALITÉ

Les Algériens sont appelés à voter jeudi 12 décembre pour choisir un successeur au président Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission en avril par un mouvement populaire de contestation du régime inédit.

L'élection présidentielle va opposer cinq candidats. Pour beaucoup d'Algériens, ce scrutin ne remplit pas les critères de pluralité et de transparence, car ces candidats retenus par la commission électorale sont, tous les cinq, issus du "système Bouteflika".

Abdelmadjid Tebboune, 74 ans

Haut fonctionnaire de carrière, plusieurs fois wali (préfet), Abdelmadjid Tebboune devient pour la première fois, brièvement, ministre délégué en 1991, sous la présidence de Chadli Bendjedid.

Tout juste élu président, Abdelaziz Bouteflika, le rappelle en 1999 au gouvernement où il reste jusqu'en 2002. Il redevient ministre en 2012, jusqu'en 2017 lorsqu'il prend la tête du gouvernement. Il est limogé au bout de trois mois seulement, après s'être attaqué aux oligarques gravitant dans l'entourage du chef de l'État, dont la plupart sont aujourd'hui emprisonnés dans des dossiers de corruption présumée. Il met en avant ce fait d'armes pour faire oublier son passé au service d’Abdelaziz Bouteflika. Il était vu comme un favori du scrutin, jusqu'à une récente campagne contre lui par des médias proches du pouvoir.

Il est toujours membre du Comité central du Front de libération nationale (FLN), mais se présente sans l'étiquette de l'ex-parti unique et formation, très impopulaire, de Abdelaziz Bouteflika.

Ali Benflis, 75 ans

Candidat de son parti, "Avant-garde des libertés", Ali Benflis se présente pour la troisième fois à la présidentielle. Ancien magistrat, puis avocat, il fut ministre de la Justice de 1988 à 1991 et a intégré le bureau politique du FLN en 1989.

Directeur de campagne d’Abdelaziz Bouteflika en 1999, il devient son directeur de cabinet une fois élu, puis son chef du gouvernement en 2000. Les deux hommes entretiennent des liens privilégiés mais se brouillent en 2003, quand Ali Benflis, à qui le chef de l'État a confié la tête du FLN, envisage de se présenter à la présidentielle de 2004.

Candidat du FLN, il n'obtient que 6,42 % des voix, sévèrement battu par Abdelaziz Bouteflika (85 %) dès le premier tour. Il quitte le parti, repris en main par Abdelaziz Bouteflika lui-même qui le bat à nouveau au premier tour en 2014 (12,18 % des voix).

Ali Benflis se présente depuis quinze ans comme le principal "opposant" en Algérie. Mais pour ses détracteurs, c'est un briscard du "système".
                 

Azzedine Mihoubi, 60 ans


Journaliste de carrière, écrivain et poète, il est député de 1997 à 2002. Il alterne ensuite direction d'établissements publics (radio, puis bibliothèque nationales) et postes ministériels sous la présidence d'Abdelaziz Bouteflika. Après la Communication (2008-2010), il hérite en 2015 de la Culture qu'il conserve jusqu'au 31 mars 2019, deux jours avant la démission du président algérien.

En juillet, Azzezine Mihoubi a succédé, à la tête du Rassemblement national démocratique (RND), principal allié du FLN au sein de l'Alliance présidentielle soutenant Abdelaziz Bouteflika, à l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, dont il est réputé proche, quand celui-ci a été incarcéré dans des affaires de corruption.

Candidat du RND, il apparaît de plus en plus comme un candidat ayant la préférence de l'armée, même si celle-ci affirme n'avoir aucun favori.
                 

Abdelaziz Belaïd, 56 ans

Le plus jeune candidat du scrutin est un vieux routier du "système". Dès 1986, il rejoint le FLN et devient le plus jeune membre du Comité central du parti unique. Député durant dix ans à partir de 1997, il dirige également à cette époque l'une des organisations de jeunesse du parti.

Abdelaziz Belaïd quitte le FLN en 2011 pour fonder le Front El Moustakbel, à l'audience confidentielle et qui soutient le président Bouteflika. Candidat à la présidentielle de 2014, il recueille 3 % des suffrages.

 

Abdelkader Bengrina, 57 ans

Ancien syndicaliste, Abdelkader Bengrina devient ministre du Tourisme de 1997 à 1999, quand son parti, le Mouvement de la société pour la Paix (MSP), formation islamiste se réclamant des Frères musulmans, intègre le gouvernement d'Ahmed Ouyahia, sous la présidence de Liamine Zeroual.

Le MSP participe ensuite, aux côtés du FLN et du RND, à l'Alliance présidentielle, avant de s'en retirer en 2012. Peu avant, Abdelkader Bengrina a fondé avec d'autres dissidents du MSP un nouveau parti islamiste, puis le Mouvement islamiste el Bina, qui soutient la présidence Bouteflika.

La coalition parlementaire à laquelle appartient el Bina a récupéré en juillet la présidence de la Chambre basse, traditionnellement dévolue au FLN majoritaire, après la démission de son titulaire.
Mamadou Ndiaye

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