Il est des silences qui deviennent assourdissants lorsqu’ils concernent la santé d’une nation. Au Sénégal, les alertes qui remontent des officines et des familles confrontées aux difficultés d’approvisionnement en médicaments méritent aujourd’hui autre chose qu’un haussement d’épaules ou une communication administrative de circonstance. Elles appellent une réaction prompte, vigoureuse et surtout visible des pouvoirs publics.
Parmi les produits dont la disponibilité est signalée comme préoccupante figurent notamment certaines insulines, médicaments indispensables à la prise en charge des patients diabétiques. Les tensions internationales sur l’approvisionnement de certaines spécialités d’insuline sont d’ailleurs documentées en 2026, avec des situations de tension ou de contingentement concernant notamment certaines présentations d’insuline glargine et d’insuline asparte.
Mais il importe de distinguer ces tensions internationales de la situation propre au Sénégal : les autorités sanitaires doivent précisément établir, avec les grossistes, les pharmacies et les structures hospitalières, l’état réel des stocks nationaux et identifier sans délai les produits effectivement en rupture.
Il en va de même pour le Nozinan, nom commercial de la lévomépromazine, qui figure dans la liste nationale sénégalaise des médicaments et produits essentiels, notamment sous forme de comprimés à 100 mg et de solution injectable à 25 mg. Ce médicament, nous revient-il, appartient à la famille des antipsychotiques et peut notamment être utilisé dans certains contextes de soins palliatifs.
Il ne saurait donc être présenté comme un simple « palliatif » au sens d’un remède de substitution : sa disponibilité doit être appréciée en fonction des indications médicales précises et des prescriptions des professionnels de santé.
Mais au-delà des noms et des molécules, c’est une question autrement plus grave qui se pose : combien de patients sont aujourd’hui contraints de parcourir plusieurs pharmacies, parfois plusieurs quartiers, pour trouver leur traitement ? Combien de familles vivent dans l’angoisse de ne pas pouvoir renouveler une prescription ? Combien de malades chroniques découvrent, au comptoir, que le médicament dont dépend leur équilibre thérapeutique est momentanément introuvable ?
Pour un patient diabétique, l’insuline n’est pas un confort thérapeutique. Elle peut être une nécessité vitale. Pour certaines personnes en situation de grande fragilité, l’indisponibilité d’un médicament prescrit peut transformer une difficulté d’approvisionnement en véritable épreuve humaine.
Dans ces circonstances, la rupture de stock n’est jamais une simple anomalie comptable : elle porte en elle une détresse, parfois silencieuse, toujours réelle.
C’est précisément à ce niveau que la responsabilité de l’État doit être pleinement engagée.
Le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Ibrahima Sy, est le premier responsable gouvernemental auquel les citoyens sont en droit de demander des explications, des chiffres précis et surtout des mesures immédiates. Les sources publiques récentes le présentent bien comme le titulaire de ce département et montrent qu’il participe aux activités officielles consacrées à l’évaluation et au fonctionnement du système sanitaire.
Mais, précisément parce que la santé constitue un secteur aussi névralgique, les citoyens ne sauraient se satisfaire d’une présence institutionnelle réduite aux cérémonies, aux réunions et aux déclarations de principe. Lorsque les médicaments viennent à manquer, le ministre doit être attendu sur le terrain de l’action : diagnostic, transparence, coordination, anticipation et résultats.
Il ne s’agit nullement de personnaliser artificiellement une défaillance qui pourrait avoir des causes multiples. Les ruptures de médicaments peuvent résulter de difficultés industrielles, de problèmes logistiques, de contraintes financières, de retards dans les commandes, de tensions internationales sur les chaînes d’approvisionnement ou encore de dysfonctionnements dans la distribution. C’est précisément pourquoi le ministère doit parler vrai.
Quels médicaments sont actuellement en rupture au Sénégal ? Dans quelles régions ? Dans quelles structures sanitaires ? Pour combien de temps ? Quelles quantités sont disponibles dans les stocks centraux ? Quels produits de substitution sont homologués ? Quelles commandes ont été passées ? À quelles dates ? Quels fournisseurs sont concernés ? Quelles mesures d’urgence ont été prises pour les patients atteints de maladies chroniques ?
Voilà les questions auxquelles les Sénégalais attendent des réponses.
L’époque où le malade devait lui-même devenir enquêteur, parcourant les pharmacies à la recherche de son traitement, doit appartenir au passé. Dans un État qui ambitionne de renforcer son système sanitaire, la disponibilité des médicaments essentiels ne peut être considérée comme une variable secondaire. Elle constitue l’un des premiers marqueurs de l’efficacité de la politique publique de santé.
Il faut donc que le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique descende de toute urgence dans l’arène des réalités quotidiennes. Il faut établir un état national des ruptures, publier les informations utiles, rassurer sans minimiser, corriger sans tarder et, surtout, prévenir plutôt que subir.
Le Sénégal ne manque ni de médecins compétents, ni de pharmaciens dévoués, ni de professionnels de santé capables de faire face à l’adversité. Ce qui est désormais requis, c’est une chaîne de décision suffisamment réactive pour que les efforts de ces hommes et de ces femmes ne soient pas annihilés par une rupture d’approvisionnement.
Monsieur le Ministre, la santé n’attend pas. Le diabétique ne peut suspendre son traitement parce qu’un stock tarde à arriver. Le malade chronique ne peut remettre son traitement à demain. La famille d’un patient fragile ne peut se contenter de promesses lorsque la pharmacie lui annonce que le médicament prescrit est indisponible.
Il faut donc agir, et vite.
Nous demandons au ministère de la Santé de faire toute la lumière sur la situation réelle des stocks de médicaments au Sénégal, de communiquer avec précision sur les produits concernés et de prendre les mesures nécessaires pour rétablir leur disponibilité dans les meilleurs délais. Cette exigence n’a rien de polémique : elle relève du devoir républicain, de la protection des citoyens et de la dignité due au malade.
La santé publique ne peut être gouvernée dans le silence. Elle exige de la vigilance, de l’anticipation et une présence constante au chevet de la nation. Lorsque le médicament manque, l’État ne peut se permettre d’être absent. Il doit être là, immédiatement, pleinement et concrètement.
Car derrière chaque boîte introuvable, il y a un visage. Derrière chaque ordonnance non honorée, il y a une inquiétude. Et derrière chaque rupture prolongée, il y a une question que la République ne peut esquiver : qui veille réellement sur ceux qui n’ont d’autre choix que de faire confiance à l’État pour rester en bonne santé ?
Parmi les produits dont la disponibilité est signalée comme préoccupante figurent notamment certaines insulines, médicaments indispensables à la prise en charge des patients diabétiques. Les tensions internationales sur l’approvisionnement de certaines spécialités d’insuline sont d’ailleurs documentées en 2026, avec des situations de tension ou de contingentement concernant notamment certaines présentations d’insuline glargine et d’insuline asparte.
Mais il importe de distinguer ces tensions internationales de la situation propre au Sénégal : les autorités sanitaires doivent précisément établir, avec les grossistes, les pharmacies et les structures hospitalières, l’état réel des stocks nationaux et identifier sans délai les produits effectivement en rupture.
Il en va de même pour le Nozinan, nom commercial de la lévomépromazine, qui figure dans la liste nationale sénégalaise des médicaments et produits essentiels, notamment sous forme de comprimés à 100 mg et de solution injectable à 25 mg. Ce médicament, nous revient-il, appartient à la famille des antipsychotiques et peut notamment être utilisé dans certains contextes de soins palliatifs.
Il ne saurait donc être présenté comme un simple « palliatif » au sens d’un remède de substitution : sa disponibilité doit être appréciée en fonction des indications médicales précises et des prescriptions des professionnels de santé.
Mais au-delà des noms et des molécules, c’est une question autrement plus grave qui se pose : combien de patients sont aujourd’hui contraints de parcourir plusieurs pharmacies, parfois plusieurs quartiers, pour trouver leur traitement ? Combien de familles vivent dans l’angoisse de ne pas pouvoir renouveler une prescription ? Combien de malades chroniques découvrent, au comptoir, que le médicament dont dépend leur équilibre thérapeutique est momentanément introuvable ?
Pour un patient diabétique, l’insuline n’est pas un confort thérapeutique. Elle peut être une nécessité vitale. Pour certaines personnes en situation de grande fragilité, l’indisponibilité d’un médicament prescrit peut transformer une difficulté d’approvisionnement en véritable épreuve humaine.
Dans ces circonstances, la rupture de stock n’est jamais une simple anomalie comptable : elle porte en elle une détresse, parfois silencieuse, toujours réelle.
C’est précisément à ce niveau que la responsabilité de l’État doit être pleinement engagée.
Le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Ibrahima Sy, est le premier responsable gouvernemental auquel les citoyens sont en droit de demander des explications, des chiffres précis et surtout des mesures immédiates. Les sources publiques récentes le présentent bien comme le titulaire de ce département et montrent qu’il participe aux activités officielles consacrées à l’évaluation et au fonctionnement du système sanitaire.
Mais, précisément parce que la santé constitue un secteur aussi névralgique, les citoyens ne sauraient se satisfaire d’une présence institutionnelle réduite aux cérémonies, aux réunions et aux déclarations de principe. Lorsque les médicaments viennent à manquer, le ministre doit être attendu sur le terrain de l’action : diagnostic, transparence, coordination, anticipation et résultats.
Il ne s’agit nullement de personnaliser artificiellement une défaillance qui pourrait avoir des causes multiples. Les ruptures de médicaments peuvent résulter de difficultés industrielles, de problèmes logistiques, de contraintes financières, de retards dans les commandes, de tensions internationales sur les chaînes d’approvisionnement ou encore de dysfonctionnements dans la distribution. C’est précisément pourquoi le ministère doit parler vrai.
Quels médicaments sont actuellement en rupture au Sénégal ? Dans quelles régions ? Dans quelles structures sanitaires ? Pour combien de temps ? Quelles quantités sont disponibles dans les stocks centraux ? Quels produits de substitution sont homologués ? Quelles commandes ont été passées ? À quelles dates ? Quels fournisseurs sont concernés ? Quelles mesures d’urgence ont été prises pour les patients atteints de maladies chroniques ?
Voilà les questions auxquelles les Sénégalais attendent des réponses.
L’époque où le malade devait lui-même devenir enquêteur, parcourant les pharmacies à la recherche de son traitement, doit appartenir au passé. Dans un État qui ambitionne de renforcer son système sanitaire, la disponibilité des médicaments essentiels ne peut être considérée comme une variable secondaire. Elle constitue l’un des premiers marqueurs de l’efficacité de la politique publique de santé.
Il faut donc que le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique descende de toute urgence dans l’arène des réalités quotidiennes. Il faut établir un état national des ruptures, publier les informations utiles, rassurer sans minimiser, corriger sans tarder et, surtout, prévenir plutôt que subir.
Le Sénégal ne manque ni de médecins compétents, ni de pharmaciens dévoués, ni de professionnels de santé capables de faire face à l’adversité. Ce qui est désormais requis, c’est une chaîne de décision suffisamment réactive pour que les efforts de ces hommes et de ces femmes ne soient pas annihilés par une rupture d’approvisionnement.
Monsieur le Ministre, la santé n’attend pas. Le diabétique ne peut suspendre son traitement parce qu’un stock tarde à arriver. Le malade chronique ne peut remettre son traitement à demain. La famille d’un patient fragile ne peut se contenter de promesses lorsque la pharmacie lui annonce que le médicament prescrit est indisponible.
Il faut donc agir, et vite.
Nous demandons au ministère de la Santé de faire toute la lumière sur la situation réelle des stocks de médicaments au Sénégal, de communiquer avec précision sur les produits concernés et de prendre les mesures nécessaires pour rétablir leur disponibilité dans les meilleurs délais. Cette exigence n’a rien de polémique : elle relève du devoir républicain, de la protection des citoyens et de la dignité due au malade.
La santé publique ne peut être gouvernée dans le silence. Elle exige de la vigilance, de l’anticipation et une présence constante au chevet de la nation. Lorsque le médicament manque, l’État ne peut se permettre d’être absent. Il doit être là, immédiatement, pleinement et concrètement.
Car derrière chaque boîte introuvable, il y a un visage. Derrière chaque ordonnance non honorée, il y a une inquiétude. Et derrière chaque rupture prolongée, il y a une question que la République ne peut esquiver : qui veille réellement sur ceux qui n’ont d’autre choix que de faire confiance à l’État pour rester en bonne santé ?


Ruptures de médicaments au Sénégal : quand l’urgence sanitaire commande enfin une réaction de l’État
