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Présidentielle 2019 : Les Prémices D’un Passage En Force De Macky SALL

Dimanche 28 Janvier 2018
ACTUALITÉ


CHRONIQUE DE WATHIE

Alors que les opposants, à distinguer des complices de Macky SALL dans l’opposition, se mobilisent au Palais de Justice de Dakar où est jugé Khalifa SALL, le régime manœuvre sur un autre tableau. D’abord appelé « dialogue», pour sans doute décourager ceux qui n’avaient vu que du feu au premier du nom, ensuite « concertations sur le processus électoral », les rencontres entre Seydou Nourou BA et certains partis politiques sont parties pour engendrer une monstruosité démocratique. En effet, au menu desdites rencontres : la validation d’un système de parrainage. Selon le projet, tout candidat, même investi par un parti légalement constitué, devra présenter entre 60 et 65 000 signatures (1 %  de l’électorat) recueillies dans six régions. Membre de la mouvance présidentielle, Youssou NDOUR aurait dû élever la voix non pas pour chanter mais pour dénoncer. En 2012, alors candidat indépendant à la présidentielle, il n’avait pas pu recueillir 10 000 signatures valables. Sa mise à l’écart a été suivie d’une cacophonie indescriptible. Pourtant, Macky SALL est en train de faire pire. Avec 60 000 signatures exigées, ce système de parrainage, qui était opposé aux seuls candidats indépendants, va finir par être imposé à tous les candidats, réduisant ainsi leur nombre. Compte non-tenu de la caution actuellement à 65 millions de francs Cfa.

Depuis que Benoit SAMBOU a évoqué la question de la nationalité des potentiels candidats, Macky SALL est soupçonné de vouloir choisir lui-même les candidats qui vont lui faire face en 2019. Si l’ancien ministre s’est débiné, revenant sur ses premières déclarations, il n’en a pas moins gagné des galons. Le chargé des élections de l’APR trône, depuis quelques semaines, à la tête de la Commission nationale du dialogue des territoires (CNDT), en remplacement de Djibo Leyti KA. Et pourtant la première impression, après la sortie de Benoit SAMBOU qui demandait à ceux qui voulaient se présenter à la présidentielle de renoncer cinq avant l’élection à leur autre nationalité, se précise. Macky SALL est réellement dans une dynamique de sélection. Si le modus operandi, mis, le temps d’une rose, en exergue par Benoit SAMBOU, a semblé abrupt, le régime, à travers le dialogue national, est en train de se donner les moyens de sa légitimation. Karim WADE, qui en train de se préparer davantage, Khalifa SALL, qui en passe de se faire dépouiller de ses droits civiles et civiques, sont presque écartés de la prochaine présidentielle sans satisfaire pour autant le régime qui tient à éliminer d’autres empêcheurs de tourner en rond. Et ce, sous l’arbre à palabre. Avec 7 000 voix collectées aux dernières législatives, Abdou MBAYE risque d’être écarté, non pas par la nationalité française à laquelle il n’a renoncée qu’en 2016, mais par la collecte des signatures.

Ce que comprend bien le Pr Amsatou SOW SIDIBE. «Derrière ce parrainage, nous sentons qu’il y a une volonté de signer l’arrêt de mort des partis politiques, parce qu’on a vu qu’il y avait des personnes devant être candidates et qui sont en prison. Il y a d’autres formes de blocage avec l’exil. Et la dernière trouvaille pour bloquer des candidatures éventuelles, c’est le parrainage. C’est une question nodale, une question de vie ou de mort dans notre démocratie, une question de vie ou de mort des droits politiques fondamentaux, que les pactes internationaux, la Constitution, les lois et règlements octroient aux populations sénégalaises», a-t-elle analysé. Une alerte d’Amsatou SOW SIDIBE à peine entendue par les opposants mobilisés au tribunal.

Pourtant, ce n’est pas le seul coup de force que Macky SALL prépare ou est en train de dérouler. La cacophonie qui a accompagné la production et la distribution des cartes biométriques n’a  pas faibli. Mais, elle n’a guère poussé le régime à en faire une priorité, malgré le coût exorbitant de l’opération. Des milliers de Sénégalais se retrouvent toujours sans leur carte.

Après avoir longtemps vanté les mérites du Plan Sénégal émergent (PSE) et fait tournoyer les Sénégalais dans les rues de Paris pour un Groupe consultatif qui a arrosé le pays de milliards fictifs, le régime de Macky est rattrapé par la patrouille.  De tous les secteurs, les complaintes et les cris de détresse, qui ont fini  par noyer les murmures,  retentissent. Les enseignants ont fini, à force d’entendre les députés parler d’indemnités et d’impôts à payer, par comprendre qu’ils sont les dindons de la farce de cette fonction publique. Depuis quelque temps, ils multiplient les mots d’ordre de grève. Le Syndicat unique des travailleurs de la Santé et de l’Action sociale (SUTSAS) et le Syndicat unique et démocratique des travailleurs municipaux (SUDTM) ont uni leur force et mis en place l’Alliance des syndicats autonomes de la Santé et de l’Action sociale (ASAS/And Guesseum) et s’apprêtent à aller en grève après ce 28 janvier 2018. Pendant ce temps, le Syndicat autonome des médecins du Sénégal (SAMES) menace d’aller en grève de 72 heures, à partir du 30 janvier prochain.  Les travailleurs des collectivités locales ont décrété une grève générale de 72 heures qui a démarré  ce mercredi 24 janvier 2018. Les travailleurs de la SDE, dans un communiqué, renseignent avoir déposé un préavis de grève et menacent de fermer les robinets. « Les procédures pour amener le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement à accepter la négociation sur le mémorandum des travailleurs de SDE sur la nouvelle réforme, se sont soldées par un refus catégorique de ce dernier. La tentative de conciliation convoquée par le Directeur général du travail et de la sécurité sociale (DGTSS) le 21 décembre 2017 s’est soldée par un refus du ministère de se présenter. Suite au constat, le préavis court jusqu’au 15 février 2018», détaillent les agents de la SDE jusque-là inaudibles. Des universités publiques et privées, c’est la même clameur qui retentit. «Le préavis de grève a été déposé depuis le 20 décembre. Depuis lors, nous n’avons pas eu de contact officiel du gouvernement. Ce qui est pour nous inacceptable. Dès cette semaine, le SAES va convoquer les comités de lutte au niveau de chaque campus. Cette convocation va s’inscrire dans le cadre de la mise en place un plan d’action national qui a été défini par le Bureau national et le Bureau exécutif. Dès que le feu vert sera donné par ledit bureau, on va agir », préviennent les enseignants affiliés au Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES). Au même moment, pour une dette de 16 milliards, certains établissements privés d’enseignement supérieur (EPES) menacent d’orienter les nouveaux bacheliers dans la rue. Pour calmer les étudiants qui ont improvisé un « front » le 18 janvier dernier, pour réclamer, une nouvelle fois, le paiement de leur bourse, les forces de l’ordre ont été mobilisées en grand nombre à l’Université Cheikh Anta DIOP (UCAD) de Dakar où les contestataires ont été molestés. Et comme pour davantage renseigner que le front social est plus qu’en ébullition, les acteurs du nettoiement décrètent une grève illimitée et laissent les ordures inondées la capitale.

Pour pratiquement toutes ces revendications, il est question de faire respecter au gouvernement ses propres engagements. Un gouvernement qui est aussi décrié au tribunal où les avocats de Khalifa SALL tentent de démontrer que leur client est victime d’un complot visant à l’écarter de la prochaine présidentielle. C’est dans ce contexte social plus que tendu, à presque 12 mois de l’élection, que Macky SALL compte rempiler. Au premier tour. « Je veux être réélu dès le premier tour de la présidentielle de 2019 », ne cesse de dire le leader de l’APR qui semble vouloir faire sien le slogan « on gagne ou on gagne ».

 

Par Mame Birame WATHIE
walfnet.com

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