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Rufisque : une enquête judiciaire met au jour les ramifications présumées d'un réseau de sextorsion, de proxénétisme et de trafic de stupéfiants

Rédigé par Dakarposte le Jeudi 6 Août 2026 à 11:36 modifié le Jeudi 6 Août 2026 - 16:37

Les investigations menées par les services du commissariat de Rufisque-Est continuent de révéler les contours d'une affaire aux multiples ramifications, dont l'ampleur dépasse désormais le simple cadre des premières interpellations opérées dans le quartier Zakaranda. Au fil des auditions et des constatations, les enquêteurs s'emploient à établir d'éventuels liens entre ce dossier et une précédente affaire judiciaire ayant défrayé la chronique à Nguinth.

Selon les éléments de l'enquête, des connexions seraient apparues entre plusieurs personnes récemment interpellées et Mor Khary Ndiaye, dit « Joe », ainsi qu'Ousmane Ndao, tous deux condamnés dans une précédente procédure par les juridictions compétentes.

L'affaire trouve son origine dans un renseignement anonyme parvenu, le 28 juillet dernier, au commissariat de Rufisque-Est. Le correspondant signalait la présence d'individus qui se réunissaient dans un appartement d'un immeuble situé au quartier Zakaranda et évoquait de possibles liens avec un réseau déjà connu des services d'enquête.

Les policiers ont alors procédé à une intervention dans les lieux indiqués. Au deuxième étage de l'immeuble, ils ont découvert sept personnes, dont deux jeunes femmes, réunies dans un appartement composé de deux chambres.

L'exploitation sommaire des téléphones portables, effectuée avec l'accord des intéressés selon les enquêteurs, aurait permis la découverte de contenus à caractère sexuellement explicite. La perquisition des lieux a également conduit à la saisie d'une quantité de résine de cannabis ainsi que de divers objets placés sous scellés dans le cadre de la procédure.

Au cours de leurs auditions, plusieurs personnes mises en cause auraient reconnu certains faits, tandis que d'autres les ont catégoriquement contestés. Les deux jeunes femmes ont notamment soutenu qu'elles étaient présentes dans l'appartement pour une simple visite, une version que les enquêteurs disent avoir confrontée aux autres éléments recueillis au cours de l'information.

Les investigations ont conduit les services de police à explorer une piste plus large. Selon les premiers éléments de l'enquête, les personnes interpellées pourraient être impliquées dans un réseau présumé mêlant prostitution en ligne, sextorsion, chantage, proxénétisme et trafic de stupéfiants.

Les enquêteurs soupçonnent notamment qu'un jeune homme, présenté comme l'un des principaux organisateurs présumés, aurait coordonné certaines de ces activités. Deux jeunes femmes entendues dans le cadre de la procédure ont déclaré avoir été recrutées afin de participer à des prestations diffusées sur les réseaux sociaux sous la forme d'appels vidéo rémunérés.

Toujours selon leurs déclarations, les recettes issues de ces activités étaient centralisées par l'intermédiaire d'un service de paiement mobile avant d'être redistribuées. Elles affirment également que certains clients auraient ensuite été victimes de tentatives de chantage après avoir été filmés dans des situations compromettantes lors de ces échanges en ligne.

Confronté à ces accusations, le principal mis en cause les a contestées, expliquant avoir simplement hébergé les deux jeunes femmes pour des raisons d'ordre social. Une version qui, selon les enquêteurs, serait contredite par plusieurs autres auditions réalisées dans le cadre de la procédure.

Par ailleurs, plusieurs des autres personnes interpellées ont nié toute implication dans les infractions qui leur sont reprochées. L'une d'elles a reconnu son orientation bisexuelle lors de son audition, tout en contestant toute participation à des faits délictueux au-delà des éléments relevés dans son téléphone portable.

À ce stade de la procédure, l'information judiciaire demeure en cours. Les personnes concernées ont été déférées devant le parquet de Rufisque pour répondre notamment de faits présumés d'association de malfaiteurs, de sextorsion, de chantage, de menaces, de détention de stupéfiants ainsi que d'autres infractions retenues par les enquêteurs.

Il appartiendra désormais à l'autorité judiciaire d'apprécier l'ensemble des éléments réunis au dossier et de déterminer, dans le respect du principe fondamental de la présomption d'innocence, les responsabilités éventuelles de chacun des mis en cause.

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