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Interview: Ministre des Finances et du Budget, Abdoulaye Daouda Diallo sur la situation économique et financière du Sénégal

L’année 2019 a été une année particulière en matière politique avec la tenue d’une élection présidentielle au Sénégal. Mais elle a été aussi marquée par des événements importants dans les domaines économique, financier et social. De la réforme majeure de la gestion du Franc CFA au basculement vers le Budget- Programme, en passant notamment par la mobilisation exceptionnelle des recettes, les ajustements tarifaires sur le carburant et l’électricité, sans oublier la lancinante question de l’endettement. Dans cet entretien avec le Ministre des Finances et du Budget, Abdoulaye Daouda Diallo, nous faisons le bilan économique et financier de l’année écoulée. Malgré une conjoncture internationale difficile, le Sénégal affiche une bonne santé financière.

ACTUALITÉ

Soleil: Comment s’est comportée l’économie du Sénégal en 2019 ?


L’année 2019 a été clôturée avec satisfaction en ce que l’économie a continué, à l’instar des années précédentes, à être extrêmement dynamique avec, pour la sixième (6ème) année consécutive, une croissance économique de plus de 6%, ce qui a permis de maintenir sur la période 2014-2019, une moyenne de la croissance économique à quasiment 6,5%.

Cette croissance s’est accompagnée d’une très faible inflation, de 1%, loin du seuil de 3% fixé par les critères de convergence de l’UEMOA et de la réduction continue du déficit budgétaire qui est maintenu à 3% en 2019, hors opération exceptionnelle de la SENELEC, contre 3,5% en 2018.

On observe également une baisse du déficit du compte courant qui est passé de 8,6% en 2012 à 7% en 2019.

Nous sommes aujourd’hui loin de la croissance économique de 1,5%, du déficit budgétaire de 6,8%, voire de 8% ainsi que du déficit du compte courant de la balance des paiements de 10%, dont a hérité Monsieur le président de la République, son Excellence Macky SALL, qui ne sont à présent que de vieux souvenirs.

Nous sortons d’une année électorale, la gestion budgétaire a certainement dû en pâtir ?

La gestion budgétaire 2019 a été performante malgré une année électorale en raison d’une part ; de l’atteinte des objectifs de recettes de la deuxième Loi de finances rectificative (LFR) 2019 d’un montant de 2 561,6 milliards FCFA contre 2 005,620 milliards FCFA en 2018, soit en glissement annuel, une progression de 555,98 milliards FCFA en valeur absolue et de 27,7% en valeur relative et d’autre part; du fait de l’exécution satisfaisante des dépenses.

En effet, les charges de l’Etat (service de la dette, dépenses de personnel, dépenses de fonctionnement hors personnel, dépenses d’investissements sur ressources internes et dépenses d’investissements sur ressources externes), d’un montant de 4 003,006 milliards FCFA en 2019, ont été exécutées à hauteur de 3 940,21 milliards FCFA, soit un taux de réalisation de 98,4%.

Il ne subsiste pratiquement que les reports de crédits de l’investissement de 2019 sur 2020 d’un montant de 34,075 milliards de FCFA, représentant 5% des dépenses d’investissement sur ressources internes de l’année 2020, conformément aux dispositions légales et réglementaires.

Pratiquement toutes les institutions et la plupart des départements ministériels ont connu un taux satisfaisant de consommation de leurs crédits.
L’analyse de la décomposition des charges de l’Etat démontre l’efficacité et la qualité de la dépense publique caractérisées par :

• la prépondérance des dépenses d’investissement d’un montant de 1 224,4 milliards FCFA avec un niveau maîtrisé du service de la dette d’un montant de 1 085,96 milliards francs CFA ;

• une rationalisation des dépenses de fonctionnement de l’Etat qui se sont établies à 958,5 milliards FCFA représentant 56,8% des dépenses de fonctionnement et d’investissements sur ressources internes, soit un recul de 2% par rapport à 2018.
Ce repli s’explique par plusieurs mesures dont notamment : (i) la fermeture de consulats et de bureaux économiques à l’étranger et (ii) la réduction drastique des dépenses liées au téléphone avec une économie d’au moins 15 milliards FCFA/an grâce à l’application depuis le 1er septembre 2019 du décret n° 2019-1310 du 14 août 2019 fixant une allocation mensuelle, sous forme d’indemnité compensatrice, pour les ayants droit, pour charge de téléphonie mobile ;

• une masse salariale sous contrôle arrêtée à 744,06 milliards FCFA représentant 30,5% des recettes fiscales, un niveau qui est en-dessous du seuil de 35% retenu dans les critères de convergence de l’UEMOA. Cette masse salariale a été distribuée à 145.224 agents de la fonction publique.

Pour rappel, en 2000, la masse salariale concernait 65.887 agents publics et en 2011, 91.401 agents. Ainsi, entre 2012 et 2019, soit huit (8) ans ce sont 52 822 nouveaux agents publics qui ont été mis en solde contre 25 514 en 12 ans (2000-2011).

• des allocations de pensions en faveur des retraités du FNR en constante augmentation, atteignant 107,613 milliards FCFA payés à 69 398 pensionnés ;

• une année « sociale » où s’est poursuivie intensément l’exécution des six (6) marqueurs sociaux adulés par les populations bénéficiaires. Il s’agit du Programme d’Urgence de Développement Communautaire (PUDC), du Programme National des Bourses de sécurité familiale (PNBSF), de la Couverture Maladie Universelle (CMU), du Programme de Modernisation des Villes (PROMOVILLES), du Programme d’Urgence et de Modernisation des Axes et Territoires Frontaliers (PUMA) et de la Délégation à l’Entreprenariat Rapide (DER). Le succès de ces programmes initialement financés exclusivement sur ressources internes pour un montant de 345,46 milliards FCFA a incité les PTF à accompagner l’Etat dans leur mise en œuvre avec un financement global de 369,2 milliards FCFA.

Comment s’est effectué le financement du budget 2019 ? On a souvent parlé de tensions de trésorerie. Qu’en est-il exactement ?

Le financement nécessaire à l’exécution adéquate des dépenses inscrites au budget 2019 a été mobilisé avec succès de sorte que l’Etat du Sénégal n’a guère connu de tensions de trésorerie en 2019.

Au titre de l’année 2019, les ressources de trésorerie sont mobilisées à hauteur de 3693,3 milliards FCFA, contre 3229,9 milliards FCFA en 2018, soit une progression annuelle de 463,3 milliards FCFA en valeur absolue et 14,3% en variation relative et sont réparties ainsi qu’il suit :

 recettes fiscales et non fiscales : 2 273,3 milliards FCFA en 2019 contre 1 954,3 milliards FCFA en 2018, soit une amélioration de 319,0 milliards FCFA, correspondant à 16,3% en valeur relative ;
 ressources de financement d’un montant de 1 369,6 milliards FCFA, sont en progression de 10,4% et concernent essentiellement :

les prêts programmes de 256,96 milliards FCFA,
les emprunts obligataires de 365,8 milliards FCFA,
et les prêts directs de 345 milliards FCFA.

S’agissant des paiements, ils ont progressé de 368,4 milliards FCFA passant ainsi de 3179,66 milliards FCFA en 2018 à 3 548,09 milliards FCFA en 2019, soit une hausse de 11,6%. L’essentiel de ces montants ont été versés à l’économie nationale.

En effet, les salaires et pensions ont progressé de 39 milliards FCFA pour atteindre 895,83 milliards FCFA, les dépenses de fonctionnement et d’investissement (commande publique) ont été payées au profit des entreprises pour un montant de 1 490,78 milliards FCFA, soit une hausse de 238,85 milliards FCFA. Dans le cadre de ces paiements, une attention particulière a été accordée, notamment aux petites et moyennes entreprises qui ont bénéficié d’un volume de paiement de 496 milliards FCFA.

Il faut noter que des efforts importants ont été consentis dans la gestion de la dette publique avec des paiements au titre du service de la dette pour un montant de 1 085,96 milliards FCFA.

Le solde de trésorerie mobilisable au 1er janvier 2020 sur les comptes du Trésorier général de l’Etat du Sénégal ouverts dans les livres de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, s’élève à 145,34 milliards FCFA; ce qui atteste de la capacité de l’Etat à honorer ses engagements.

En effet, les performances dans la mobilisation des ressources internes et la qualité de la signature du Sénégal ont permis de mobiliser le financement nécessaire à la couverture des charges publiques.

La gestion de la trésorerie sera renforcée en 2020 avec la mise en œuvre de la stratégie de mobilisation des ressources à moyen terme et la gestion active de la trésorerie à travers des interventions sur le marché monétaire et financier. Nos partenaires techniques et financiers ont apporté un soutien financier déterminant à l’exécution des projets et programmes de développement. A la date du 31 décembre 2019, la situation provisoire des tirages sur ressources extérieures s’élève à 595,295 milliards de FCFA, soit un taux d’exécution de 92,89% comparé aux prévisions.

Les principaux enseignements tirés de la gestion des ressources extérieures s’analysent comme suit :

• les projets structurants du Plan Sénégal Emergent (PSE) sont ceux qui ont bénéficié de ces tirages : on peut en citer le Projet Train Express Régional ; le Projet KMS III ; le Projet de Route nationale Ndioum-Ourossogui-Bakel ; le Projet d’autoroute à péage AIBD-Mbour-Thiès ; le Projet d’autoroute à péage Thiès-Touba ; PROMOVILLES ; le Projet de construction et d’équipement de 4 hôpitaux ; le projet Assainissement de 10 villes ; le projet d’électrification de 300 villages ; le Programme Prioritaire de Désenclavement – Boucle du Boudier, le Projet Bus Rapide de Transit (BRT) et le Programme d’Appui aux Communes et aux Agglomérations du Sénégal (PACASEN).

• l’Etat a consenti, dans la même foulée, des efforts importants dans la réalisation de ses engagements vis-à-vis des Partenaires techniques et financiers (PTF) et d’accompagnement des entreprises bénéficiaires des marchés financés sur ressources extérieures. En effet, dans le cadre de la gestion 2019, un montant de 142,5 milliards FCFA a été ordonnancé en termes de prise en charge de taxe sur la valeur ajoutée, de droits de douane et de droits d’enregistrement, au profit notamment des entreprises du secteur des BTP.

• Le système bancaire a aussi eu à bénéficier des retombées des financements extérieurs durant la gestion 2019 car le solde cumulé, à la date du 30 novembre 2019, des comptes ouverts et/ou mouvementés par les services compétents de mon département s’élève à 111,143 milliards FCFA. Sur la même période, ces comptes ont été alimentés à hauteur de 155,721 milliards FCFA (s’ajoutant aux soldes disponibles en fin décembre 2018) et les paiements se sont élevés à 147,631 milliards FCFA.


Quelle a été la contribution du secteur financier à la croissance ?


Le développement du secteur financier poursuit son trend haussier.

La Masse Monétaire (MM) a progressé de 2 433 milliards FCFA en 2011 à 5 260 milliards FCFA en 2018, soit une hausse annuelle moyenne de 11,2%, sous l’effet de l’accélération constatée au cours de la première phase du PSE.

La dynamique s’est renforcée au courant des 11 premiers mois de l’année 2019. Dans ce contexte, le taux de liquidité de l’économie (MM/PIB) est passé de 27,6% en 2011 à 40,3% en 2018, soit un taux moyen annuel de 33,3% au cours de la période.

Nous avons une progression des crédits à l’économie de 10,1% en moyenne annuelle entre 2011 et 2018 tandis que les crédits au secteur privé rapportés au PIB se sont situés à 26% en moyenne sur la même période.

L’approfondissement du secteur financier est associé à une croissance économique à long terme à mesure que des secteurs financiers mieux développés allègent les contraintes de financement extérieur auxquelles sont soumises les entreprises. Sous ce registre, au Sénégal les crédits à l’économie ont augmenté en moyenne annuelle de 29% du PIB au cours de la mise en œuvre de la première phase du PSE (2014-2018), en relation avec les bonnes performances macroéconomiques notées dans le pays.


Le Sénégal a un programme économique et financier, quel a été l’état d’exécution dudit programme en 2019 ?

Au terme de la gestion 2019, tous les indicateurs quantitatifs du Programme économique et financier sont respectés, à savoir :


• le plancher des recettes fiscales, d’un montant de 2 328 milliards FCFA ;
• la cible de déficit budgétaire se situe à 3% du PIB hors opération SENELEC de 125 milliards FCFA ;
• le plafond trimestriel des instances de paiements arrêté à 40 milliards FCFA a été maintenu à moins de 30 milliards FCFA ;
• le plancher des dépenses sociales établi à 35% du budget hors dette et hors charges non réparties) dépasse les 45% ;
• l’encours de la dette publique établi à 7 339 milliards FCFA est largement inférieur au plafond de dette d’un montant de 9 114 milliards FCFA.

Au total, le Sénégal affiche une bonne santé économique et financière.

La question de la dette revient souvent au-devant de l’actualité. Quelle est la situation réelle ? Le Sénégal maîtrise-t-il sa dette ?


Le stock de la dette publique totale est arrêté à 7 339 milliards FCFA au 31 décembre 2019 et est projeté à 8 076,6 milliards FCFA en 2020. Le ratio d’endettement public se situe à 54,9% au terme de la gestion 2019 et est prévu à hauteur de 54,5% à fin 2020, un taux qui reste contenu bien en deçà de la norme communautaire de 70%.

A cet égard, il convient de relever que le Sénégal, sous le magistère du Président de la République, son Excellence Macky SALL, mène une politique d’endettement prudente pour assurer l’équilibre des finances publiques, tout en favorisant le développement économique.

C’est dans ce cadre que le Sénégal a été présent sur le marché financier international en 2014, 2017 et 2018 pour lever des ressources nécessaires à la mise en œuvre de projets et programmes d’investissements structurants, qui ont contribué de façon décisive aux taux de croissance économique records de plus de 6,5% enregistrées sur la période 2014-2019, sans remettre en cause sa capacité à faire face aux charges de sa dette, à court, moyen et long terme.

Cette augmentation de la richesse nationale a été possible grâce aux réalisations physiques importantes au profit des populations dans les secteurs prioritaires de l’économie : infrastructures routières, énergie, agriculture, hydraulique, assainissement, éducation, santé et protection sociale.

Dans le secteur des infrastructures où entre 2014 et 2019, nous avons construit 1762 km de routes, 2800 km de pistes de désenclavement soit 560 km/an, c’est quasiment quatre fois plus que la moyenne annuelle de la période antérieure. Ce réseau routier est ccomplété par :
• la montée en puissance (i) de projets de construction d’autoroute avec 217 km d’autoroutes qui ont été construites alors que jusqu’en 2012 le Sénégal ne disposait que de 32 km d’autoroutes et (ii) de corridors régionaux et internationaux,
• le développement d’un système de transport multimodal moderne et rapide avec la mise en service du TER en 2020 et le démarrage du BUS Rapid transit qui sera complété par un système de modernisation du transport urbain, interurbain, régional et international.

A cela, s’ajoutent la construction et la mise en service d’un aéroport international (AIBD) qui enregistre des bonds significatifs et occupe la 13e place au classement de tous les aéroports d’Afrique, en termes de satisfaction générale des passagers et occupe la 4e place au classement des différents aéroports d’Afrique, avec 2,5 millions de passagers. La réhabilitation en cours des aéroports régionaux internationaux et des aéroports secondaires viendra compléter ce hub aérien qui constitue un des facteurs majeurs de l’Emergence au Sénégal.

En outre, la mise en place d’une compagnie aérienne forte qui a obtenu son TCO (Autorisation d’exploiter le ciel Européen) de l’Autorité Européenne de la sécurité aérienne va permettre à celle-ci d’être compétitive sur les lignes à destination de tous les pays membres et associés de l’Union Européenne.

En matière d’agriculture, ce sont des productions record qui ont été enregistrées permettant de couvrir nos besoins en céréales de 93 % et en riz de 63 % tandis que celles de pomme de terre et d’oignon couvrent les besoins nationaux sur une période de 7 à 8 mois. Quant aux exportations horticoles, elles connaissent une hausse de plus en plus remarquable avec le développement de l’agrobusiness.

La production arachidière, quant à elle, a plus que doublé de même que les productions horticoles tandis que les productions animales (lait, viandes, aquaculture) ont connu une augmentation satisfaisante. En matière d’hydraulique, l’accès à l’eau pour tous a été atteint en milieu urbain tandis que nous sommes à 8,5 points de l’accès universel à l’eau potable de toutes les populations rurales.

Ces réalisations visibles à l’échelle du territoire national au bénéfice des populations montrent que le Sénégal a réalisé des progrès significatifs dans le rattrapage infrastructurel, l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire, l’équité territoriale et l’inclusion sociale. Ces réalisations ont requis des financements d’envergure sur emprunts, ce qui a nécessairement fait augmenter la dette, faisant passer le Sénégal de pays à risque de surendettement faible à pays à risque de surendettement modéré.

Néanmoins, notre pays maintient ses ratios d’endettement à des seuils viables et soutenables et l’encours de la dette au 31 décembre 2019, d’un montant de 7 334 milliards FCFA et projeté en 2020 à 8 076,6 milliards FCFA est très loin du plafond de dette d’un montant de 9 114 milliards FCFA résultant du programme économique et financier. En outre, l’évolution des taux d’intérêt des emprunts sur les marchés et de la durée démontrent à suffisance la confiance des marchés aux capacités du Sénégal à faire face à ses engagements, à court, moyen et long terme.

Par ailleurs, il importe de préciser que la gestion de la dette publique chevauche les régimes politiques et que le principe de continuité de l’Etat impose à chaque gouvernement de rembourser les emprunts de ses prédécesseurs, dont certains peuvent dater de 10, 20, voire 30 ans ; Et l’analyse de la composition de la dette montre que le Sénégal doit toujours rembourser plus de 2 000 milliards FCFA contractés avant 2012.

Le FMI a parlé lors de sa dernière mission de maîtrise des finances publiques mais avait fait noter des impayés ?

La maîtrise de la gestion des finances publiques est corroborée par le cadre économique favorable et la gestion optimale du budget et de la trésorerie.

Cependant, il n’en demeure pas moins qu’avec la conjoncture économique internationale et ses incertitudes, avec une hausse sans cesse croissante du prix du baril du pétrole, il a été opéré logiquement un ajustement des dépenses en 2017 et 2018 pour respecter le niveau de déficit budgétaire qui avait été retenu. Cette situation a entraîné des moins-values de recettes induites, notamment, par le blocage des prix à la pompe et la baisse du prix de l’électricité pour préserver le pouvoir d’achat des populations, conformément à la politique d’inclusion sociale du Président de la République, son Excellence Macky SALL.

C’est pourquoi, il y a eu des obligations impayées en 2017 et 2018, particulièrement dans les secteurs de l’Energie et des Bâtiments et Travaux publics (BTP), dont une bonne partie a été réglée par l’Etat dans le cadre de la deuxième Loi de finances rectificative (LFR) 2019 et le reste a fait l’objet d’un plan d’apurement sur trois (3) ans (2020-2022).

En effet, au titre de la seconde LFR2 2019, les crédits ouverts en faveur des infrastructures routières et ferroviaires d’un montant de 139,9 milliards de FCFA ont été quasiment totalement consommés alors que, pour le secteur de l’agriculture, c’est une allocation exceptionnelle de 82,15 milliards FCFA qui a été payée intégralement pour la facilitation de l’accès aux intrants et équipements agricoles (semences, engrais, équipement agricole) et la subvention du prix au producteur d’arachide de la campagne 2018/2019. Quant à la Banque Agricole, elle a bénéficié d’une allocation de 10 milliards FCFA pour éponger ses impayés irrécouvrables.

Pour le secteur de l’énergie, c’est 156,1 milliards FCFA d’obligations impayées budgétisées et totalement payées au titre des compensations tarifaires et des pertes commerciales.

Le secteur des BTP et d’autres opérations diverses tels que les sphères ministérielles, les grands projets de l’Etat dans les secteurs du Développement communautaire et des infrastructures (PUMA, PUDC, PROMOVILLES) n’ont pas été en reste avec un financement interne de l’Etat d’un montant de 86,1 milliards FCFA.

Egalement, un paiement de 7 milliards FCFA a été opéré pour le règlement des arriérés de frais de location de bâtiments administratifs à usage de bureau et un montant de 35 milliards FCFA a été mobilisé, conformément aux instructions du Chef de l’Etat, pour l’apurement total des arriérés de loyer dus par l’Etat.

Relativement au reste des obligations impayées qui avaient été recensées au titre des années 2017 et 2018 pour un montant estimatif de 350 milliards FCFA tels qu’indiqués dans la Loi de Finances Initiale (LFI) 2020 approuvée par l’Assemblée Nationale, un plan d’apurement a été adopté suivant la clef de répartition ci-après :

 2020 : 112,6 milliards FCFA
 2021 : 123,7 milliards FCFA
 2022 : 111,8 milliards FCFA

Parlons de la monnaie. Des mesures de réformes ont été annoncées en fin 2019 par les Présidents Emmanuel Macron et Alassane Ouattara dans le cadre de la coopération monétaire avec la France. Quelles en sont les conséquences ?

La réforme actée le samedi 21 décembre 2019 à Abidjan est le fruit de la volonté de l’ensemble des États de l’UEMOA et traduit la confiance de chaque partenaire l’un envers l’autre. Elle est aussi une étape préalable pour s’inscrire dans la feuille de route du projet de monnaie unique de la CEDEAO. Elle constitue une avancée historique dans les relations de coopération monétaire entre les Etats de l’Union et la France à travers :
• le changement du nom de la monnaie Franc CFA en ECO, lorsque les pays de l’UEMOA intégreront la nouvelle Zone ECO de la CEDEAO ;
• l’arrêt de la centralisation d’une partie des réserves de Change au Trésor Français, la fermeture du compte d’opérations et le transfert dans les comptes de la BCEAO des ressources disponibles dans le compte ;
• le retrait des représentants de la France du Comité de Politique Monétaire, du Conseil d'Administration de la BCEAO et de la Commission Bancaire ;
• le maintien du taux de change fixe par rapport à l’euro à la même parité qu’actuellement ;
• le maintien de la garantie de convertibilité illimitée de la monnaie par la France.

Les différentes mesures prises devraient permettre de consolider les orientations d’une politique monétaire assurant la stabilité des prix, facteur essentiel de maintien du pouvoir d’achat des ménages et de soutien à la compétitivité à l’exportation pour une croissance plus forte et durable dans notre zone.

Le Sénégal bascule vers le budget programme durant cette année 2020, que peut-on déjà en retenir ?

Notre pays vient d’adopter son premier budget programme avec la loi n°2019-17 du 20 décembre 2019 voté par l’Assemblée Nationale. Il s’agit d’une réforme budgétaire majeure qui appelle un changement irréversible de nos pratiques en matière de prévision et de gestion de la dépense publique, avec l’instauration d’une culture de la performance et la déconcentration de l’ordonnancement. Nous reviendrons prochainement sur l’exécution du budget programme 2020.
Mamadou Ndiaye

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