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Le report des locales se précise

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Le report des locales se précise
La survenue du coronavirus a eu un impact politique très fort au Sénégal, portant un sacré coup au dialogue politique, suspendu depuis le mois de mars dernier. Sa reprise non encore effective, avec son lot de conséquences, notamment le retard noté dans le démarrage de l’audit du fichier électoral tout comme l’évaluation du processus électoral, sans oublier les autres points phares et de divergences profondes, présage à coup sûr d’un dérèglement de l’horloge électoral. Un report de trop des élections qui dessine de plus en plus les contours d’un couplage des locales et des législatives quasi impossible, selon des experts électoraux.
 
Un énième report des élections locales reste plus que probable, le processus électoral n’étant pas encore lancé, en moins de 8 mois de la date butoir (28 mars 2021). L’alerte avait déjà été lancée par des experts électoraux. A l’unanimité, ils avaient soutenu qu’il ne fallait pas moins de 90 à 120 jours pour l’audit du fichier et l’évaluation du processus électoral. Sur les 4 mois restants, il en fallait 2 pour la révision des listes électorales. C’est-à-dire, 1 mois pour que les gens aillent s’inscrire ou se réinscrire, 15 jours pour afficher les listes, à savoir la période contentieuse et les autres 15 jours, c’est pour la consolidation des listes électorales sur la base des nouvelles inscriptions. Il ne restera alors que juste 2 mois pour organiser les élections, notamment la déclaration des candidatures, le parrainage s’il est toujours maintenu, éditer les listes, acheminer le matériel électoral. Ce qui leur avait fait dire que si d’ici la fin du mois de juin, le processus électoral n’avait pas été lancé, pour un cycle de 8 mois, il fallait considérer que les carottes étaient cuites et qu’on aurait du mal à respecter le cycle électoral. Par conséquent, ils étaient pour le redémarrage imminent du dialogue politique, ce qui aurait permis, selon eux, de sauver la date antérieurement arrêtée par le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, pour la tenue des élections locales au plus tard le 28 mars 2021.

Hélas, le redémarrage des travaux tant souhaité par les acteurs au dialogue politique, car déterminants pour l’établissement des règles consensuelles du jeu politique, n’est toujours pas effectif à cause de la pandémie de la Covid-19 qui a fini d’imposer au monde entier une vie au ralenti. Le Sénégal s’achemine par conséquent surement vers une énième prorogation des mandats des conseillers locaux, élus depuis le 29 juin 2014, pour un mandat de 5 ans. Ce qui ne manquerait pas de dévoyer le suffrage et la volonté des citoyens d’autant plus que le mandat des équipes départementales et municipales est épuisé, depuis belle lurette.

De toute évidence, l’excuse sera inéluctablement la survenue de la pandémie dans le pays et partout à travers le monde, avec son lot de dégâts sur l’économie du pays. Ce dernier élément serait d’ailleurs l’argument avancé par des responsables au plus haut sommet de l’Etat pour agiter l’idée du couplage des élections locales et celles législatives. D’autres avancent l’idée du report de toutes les échéances électorales, jusqu’en 2024, année de la présidentielle. En tout état de cause, concernant le couplage des locales et les législatives, ce sera très certainement sans l’approbation d’un certain nombre d’ experts électoraux qui estiment qu’un tel assemblage ne serait pas de tout repos pour l’administration qui se verrait obligée d’installer 3 urnes dans les bureaux de vote. Qui plus est, à leur avis, cela pourrait créer un flou pour les populations et même pour les acteurs politiques eux-mêmes. Les alliances politiques seraient ainsi compliquées au vu de la nature des élections. De même, le risque de cacophonie réel dans le discours des uns et des autres, en période de campagne électorale, serait inévitable.

 Toutefois, le chef de l’Etat, Macky Sall qui a l’art de brouiller les cartes et de donner le tournis à son opposition, envisagerait tous les scénarii. Pour l’heure, les élus vont jouir d’un bonus supplémentaire. Leur légitimité faut-il le rappeler, a légalement pris fin depuis juin 2019.



























Sud Quotidien
Mamadou Ndiaye

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