Alors que les autorités sénégalaises s’accrochent à leur stratégie de sortie de crise, notamment avec la mise en œuvre du Plan de redressement économique et social (Pres) initié par le Premier ministre, les partenaires internationaux n’affichent pas beaucoup d’optimisme sur les perspectives économiques du pays, en tenant compte notamment de la situation au Moyen-Orient. Même si les bombes ont cessé de tomber, la situation pourrait encore se dégrader rapidement. C’est d’ailleurs sans doute le sens qu’il faut donner aux alertes des autorités du pays quant à une possible dégradation des conditions de vie des populations.
Le Directeur Afrique du Fonds monétaire international, l’Ethiopien Abebe Aemro Selassié, avait annoncé au cours d’un point de presse à Washington, que son organisme n’est pas encore convaincu par les stratégies mises en place par le pays pour sortir de la crise de la dette. M. Selassié estime qu’«emprunter une voie qui va s’avérer irréversible n’est pas la manière idéale de faire. Donc, nous avons voulu laisser le temps au gouvernement de présenter une stratégie crédible et finançable. Et qui va éviter à la population du Sénégal une grande austérité». Le Directeur Afrique du Fonds, qui va bientôt prendre sa retraite, a ajouté que «ces discussions demandent beaucoup de réflexion, beaucoup de délibérations, et dépendent essentiellement du gouvernement». Une manière très diplomatique de faire comprendre que les discussions engagées à Washington au cours des Réunions conjointes Fmi-Banque mondiale, avec les ministres sénégalais qui ont fait le voyage, n’ont pas permis d’aboutir à des points d’accord.
On sait que le gouvernement du Sénégal, sous la houlette de son chef, a toujours clairement indiqué son rejet de toute politique de restructuration de la dette du pays, une dette qui atteint des niveaux tels qu’elle pourrait être difficilement épongée, tant les caisses de l’Etat sont vides. Aujourd’hui, le pays est sous respiration artificielle et ne parvient à tenir ses engagements internationaux que grâce au marché régional de l’Umoa. Si les dirigeants du Fonds se veulent prudents dans leurs déclarations sur cette stratégie d’endettement du pays, ainsi que d’autres pays dans la même situation, cela ne les a pas empêchés de mettre en place des stratégies de réduction des chocs pour les pays les plus vulnérables aux situations telles que celle qui se développe avec la guerre de Trump-Netanyahu contre l’Iran.
Ainsi, M. Mohammed Aljadaan, le ministre des Finances de l’Arabie saoudite, qui présidait la 35ème réunion du Conseil des ministres du Fmi, a indiqué que le Fonds est déterminé «à améliorer les processus de restructuration de la dette». L’homologue de Cheikh Diba pense que ces processus doivent se faire de manière à «garantir que les restructurations de la dette soient mises en œuvre de manière prévisible, opportune, ordonnée et coordonnée». Le Fonds a mis à jour son Guide sur la restructuration de la dette souveraine, réalisé lors de la Table ronde mondiale de la dette souveraine. Ce qui permet à M. Aljadaan d’en appeler «à une plus grande transparence de la dette de la part de toutes les parties prenantes, y compris les créanciers privés». On ne pourra pas dire si c’est un clin d’œil aux créanciers comme ceux de la First Bank of Abu Dhabi, qui ont prêté au Sénégal des fonds dont il a fallu que le Financial Times en parle pour qu’ils soient rendus publics. Et à contrecœur.
Pour autant, le Sénégal rentre-t-il dans le cadre souhaité par les partenaires ? A entendre le ministre saoudien des Finances, il y aurait encore beaucoup à faire, quand il dit : «Nous encourageons un soutien accru aux pays dont la dette est soutenable et qui disposent d’un programme ambitieux de réformes et de croissance, mais qui sont confrontés à des difficultés de financement à court terme, en accélérant la mise en œuvre de l’approche à trois piliers du Fmi et de la Banque mondiale.»
Au rythme où le pays s’endette sur les marchés internationaux, dans une situation où la dette intérieure commence à étouffer les partenaires privés, la dette du Sénégal pourrait-elle encore être qualifiée de soutenable ?
LE Quotidien
Le Directeur Afrique du Fonds monétaire international, l’Ethiopien Abebe Aemro Selassié, avait annoncé au cours d’un point de presse à Washington, que son organisme n’est pas encore convaincu par les stratégies mises en place par le pays pour sortir de la crise de la dette. M. Selassié estime qu’«emprunter une voie qui va s’avérer irréversible n’est pas la manière idéale de faire. Donc, nous avons voulu laisser le temps au gouvernement de présenter une stratégie crédible et finançable. Et qui va éviter à la population du Sénégal une grande austérité». Le Directeur Afrique du Fonds, qui va bientôt prendre sa retraite, a ajouté que «ces discussions demandent beaucoup de réflexion, beaucoup de délibérations, et dépendent essentiellement du gouvernement». Une manière très diplomatique de faire comprendre que les discussions engagées à Washington au cours des Réunions conjointes Fmi-Banque mondiale, avec les ministres sénégalais qui ont fait le voyage, n’ont pas permis d’aboutir à des points d’accord.
On sait que le gouvernement du Sénégal, sous la houlette de son chef, a toujours clairement indiqué son rejet de toute politique de restructuration de la dette du pays, une dette qui atteint des niveaux tels qu’elle pourrait être difficilement épongée, tant les caisses de l’Etat sont vides. Aujourd’hui, le pays est sous respiration artificielle et ne parvient à tenir ses engagements internationaux que grâce au marché régional de l’Umoa. Si les dirigeants du Fonds se veulent prudents dans leurs déclarations sur cette stratégie d’endettement du pays, ainsi que d’autres pays dans la même situation, cela ne les a pas empêchés de mettre en place des stratégies de réduction des chocs pour les pays les plus vulnérables aux situations telles que celle qui se développe avec la guerre de Trump-Netanyahu contre l’Iran.
Ainsi, M. Mohammed Aljadaan, le ministre des Finances de l’Arabie saoudite, qui présidait la 35ème réunion du Conseil des ministres du Fmi, a indiqué que le Fonds est déterminé «à améliorer les processus de restructuration de la dette». L’homologue de Cheikh Diba pense que ces processus doivent se faire de manière à «garantir que les restructurations de la dette soient mises en œuvre de manière prévisible, opportune, ordonnée et coordonnée». Le Fonds a mis à jour son Guide sur la restructuration de la dette souveraine, réalisé lors de la Table ronde mondiale de la dette souveraine. Ce qui permet à M. Aljadaan d’en appeler «à une plus grande transparence de la dette de la part de toutes les parties prenantes, y compris les créanciers privés». On ne pourra pas dire si c’est un clin d’œil aux créanciers comme ceux de la First Bank of Abu Dhabi, qui ont prêté au Sénégal des fonds dont il a fallu que le Financial Times en parle pour qu’ils soient rendus publics. Et à contrecœur.
Pour autant, le Sénégal rentre-t-il dans le cadre souhaité par les partenaires ? A entendre le ministre saoudien des Finances, il y aurait encore beaucoup à faire, quand il dit : «Nous encourageons un soutien accru aux pays dont la dette est soutenable et qui disposent d’un programme ambitieux de réformes et de croissance, mais qui sont confrontés à des difficultés de financement à court terme, en accélérant la mise en œuvre de l’approche à trois piliers du Fmi et de la Banque mondiale.»
Au rythme où le pays s’endette sur les marchés internationaux, dans une situation où la dette intérieure commence à étouffer les partenaires privés, la dette du Sénégal pourrait-elle encore être qualifiée de soutenable ?
LE Quotidien


Restructuration de la dette : DIALOGUE DE SOURDS
