​Les "assassins de la mémoire"

Analyse

​Les "assassins de la mémoire"

Depuis quelques jours je ramasse au gré de ma curiosité facebookienne, des publications tendant à dé-construire l'histoire de l'aéroport International Blaise Diagne (AIBD). C'est inacceptable!
D'abord pour des raisons existentielles, des gourous supposés ou autoproclamés de la propagande, tentent d'accréditer la thèse selon laquelle, Senghor serait le géniteur de l'aéroport de Ndiass, idée que le Président Abdoulaye a voulu matérialiser sans succès. C'est absolument grotesque.
Ensuite, qu'un mauvais casting du projet aurait conduit le Président Macky Sall à le reprendre pour en faire le back-bone du Plan Sénégal Émergent, avec les Turcs qui seraient plus efficaces et moins chers que les maîtres d'ouvrage délégués initialement choisis. C'est tout aussi inexact.
La vérité qui transcende les clivages politiciens est constante. Bien avant 2000, l’opposant Abdoulaye Wade savait déjà que l'aéroport Léopold Sédar Senghor avait atteint ses limites objectives pour rester un hub ouest-africain du transport aérien. Et dans ses plans de développement stratégique, l'horizon 2025 était clairement identifié pour être un premier cap à atteindre. D'abord 2000 ha sécurisés, ensuite 4500 ha finalement retenus pour éviter des erreurs de dimensionnement du projet. Dès 2005, un décret fut pris pour instaurer une redevance aéroportuaire et financer “l'éléphant blanc” dont parlait celui qui revendique injustement l'héritage de Senghor et qui peine à le sauvegarder. C'est deux ans après que la première pierre du projet avait été posée. Et en février 2012, la “Pointe de Sarène” y a effectué le premier atterrissage. Et à l'occasion le ministre en charge du transport aérien avait annoncé la fin des travaux et la réception de l'aéroport en décembre 2012. Pour que la vérité soit remise à l'endroit.
Sans revendiquer une quelconque paternité du projet AIBD, nous exigeons des révisionnistes zélés de Macky Sall, le respect de la mémoire collective qui fait notre histoire. Les sénégalais, nos compatriotes ont déjà tranché le débat à propos des politiques d'infrastructures au Sénégal. De 1960 à aujourd'hui, ils connaissent qui a fait quoi. Il est temps de redescendre sur terre et d'arrêter de fouler au pied l'héritage que nous avons en partage.

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