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Campagne électorale : Idrissa Seck, déjà dans des habits de Président

Dopé par les foules immenses qui l’accueillent dans cette partie Sud-Est du pays, Idrissa qui a souffert sur l’axe Tamba-Kidira, une route jonchées de crevasses, pour aller à la rencontre des populations, a encore détonné avec son programme. En parfaite communion avec ses militants, Idy est sûr d’être en route vers le Palais. Compte-rendu d’une journée de campagne au pas de charge !


Ça arrive en campagne. Ça en fait même partie. Enfoui dans la brousse de Tambacounda, Normadji est un vieux patelin qui roupille d’oubli. Pas mentionné dans le calendrier de «Idy2019», le village accueillera pourtant Idrissa Seck. Par le plus grand des hasards. Juste par souci de respect et de sympathie aux populations qui ont hélé hier le cortège du candidat.

Avec un seul garde du corps, Idrissa Seck a traversé les buissons pour aller au contact des villageois. Normadji en est tout heureux. Tapant des mains, créant une sonorité ambiante avec des bouteilles, ils ont fait passer le candidat entre les dédales malfamés, entre les cases en banco, les enclos. Au domicile du chef de village, Idrissa Seck est accueilli avec un large sourire qui en dit long sur son bonheur. «Depuis 1960, aucun candidat n’est venu nous voir», dit-il, soulignant toute sa reconnaissance. Écoutant leurs doléances, Idy a aussi laissé le directeur d’école lui dire n’avoir que trois classes. Pis, selon toujours les habitants, pour voter il faut aller dans un autre village, alors que Normadji peut bel et bien abriter un bureau de vote. Des demandes prises en compte par Idrissa Seck qui semble ému par le décor dans lequel il a été reçu et le dévouement avec lequel il a été raccompagné jusque dans sa voiture.

«C’est Dieu qui t’a mis sur notre route et Inchallah, tu seras Président»

«On n’aime pas Macky Sall», crache-t-il. «Il n’a rien fait pour nous», poursuit un autre. «Il nous porte la poisse. Il n’a jamais gagné ici et jamais il ne gagnera des élections chez nous», enrage un jeune qui se cogne la poitrine en disant à Idrissa Seck : «C’est Dieu qui t’a mis sur notre route et Inchallah, tu seras Président.» Dans une mêlée de lamentations et de plaintes, Idrissa Seck, qui a traversé des kilomètres pour entrer dans Kothiary, trou perdu du Sénégal, dépourvu de toute modernité, Idy a observé ses inconditionnels cracher leur colère avant de s’adresser à eux.

Connu de la localité pour y avoir déjà fait un tour, Idrissa Seck partage leur douleur : «Vous voulez le changement et vous l’aurez. Un des journalistes me disait comment je tiens avec la dureté des trajets et leur longueur. Je lui ai dit que la campagne étant une période où tous les journalistes sont avec les candidats pour qu’ils puissent entrer dans les villages, roulent sur les routes coupées et montrer au reste du pays les conditions de vie des zones reculées, afin que l’on ne dise pas que c’est parce que nous de l’opposition, nous voulons juste cogner sur le régime actuel. Et tout à l’heure, un de mes gardes du corps m’a tendu un mouchoir en me disant que les journalistes demandent à ce que je nettoie la poussière sur mon visage. Je lui ai dit qu’il faut filmer la poussière pour montrer la réalité des choses, pour montrer la politique de ce régime.

Quand je dis que leur vision se limite à Diamniadio, une fois à Kothiary, les Sénégalais, avec les images, auront la preuve de la véracité du constat que j’ai fait depuis, à savoir leur vision s’arrête à Diamniadio. Et si je fais des marches oranges, c’est pour être en contact avec la population et nous en sommes satisfaits. Cette marche nous permet de partager leur réalité et d’imprimer dans leur mémoire et leur cœur la volonté d’un changement radical.» Après Kothiary, la Caravane de Seck a pris la Direction de Goudiry.

«Ministère en charge des Immigrés et non un ministre délégué qui va dans la diaspora pour faire du Wango»

Fidèle à Khalifa Sall, Goudiry a dit hier «Oui» à Idrissa Seck. Mais pour arriver dans ce chef-lieu de département, il faut savoir prendre son mal en patience, supporter les secousses et accepter de souffrir. Cet axe routier, jonché de crevasses, est l’un des plus terrible de tout le pays. Il faut rester sur ses appuis, s’agripper pour ne pas s’éjecter du siège qui bouge comme un magma.

Sur la latérite cahoteuse, qui boude par en endroits, gomme le bruit des moteurs et dégage une poussière âcre, la caravane orange poursuit sa route en direction de Goudiry. Sur le chemin, de gros camions de carburant encombrent le filet de cailloux qui sert de route. Conséquence : les abords de la chaussée sont devenus un cimetière pour les gros-porteurs qui s’y renversent de jour comme de nuit. Heureusement que Goudiry, qui s’est tant fait désirer, finit par se dévoiler, ses courbes échappées du drap crépusculaire.

Il est 19 heures 25 minutes quand le cortège foule les premiers mètres d’asphalte de l’entrée de la ville. Debout au premier kilomètre, le maire de la ville, Thiedel Diallo, accueille la caravane les bras en signe de triomphe. Les habitants, en délire, escortent le cortège jusqu’au grand’ place où le maire, qui a fait allégeance à Seck, a listé ses doléances à celui qu’il appelle déjà «M. le Président». «Si vous êtes élu président de la République, et vous le serez certainement, la première doléance de Goudiry, qui est une zone de migration, est de mettre sur pied un ministère de l’Emigration, pas un ministre délégué qui va dans la diaspora chanter le « wango ».

La contribution des migrants est deux fois plus forte que l’aide au développement. Ce ministère devra couvrir tous les services consulaires. Il faudra faire la différence entre les services du consulat et la diplomatie en tant que telle.» Et le maire Diallo d’ajouter : «Nous sommes dans la zone du Diéri (le continent) entre le fleuve Sénégal et le fleuve Gambie. Sur le plan hydrographique, on est bien servi. On veut, en plus de l’agriculture, ériger de petits barrages pour faire de la pisciculture et développer également notre élevage. Je ne comprends pas qu’on puisse importer des moutons du Mali et de la Mauritanie, alors que le Sénégal oriental est même plus riche écologiquement que Gao.»

Répondant au maire Diallo, Idy l’a conforté dans ses propos. «M. le maire, vous avez parfaitement raison. Les émigrés investissent plus que les organismes internationaux. La Banque mondiale et Union européenne y compris. Donc, ils méritent notre respect et notre considération. Le minimum que l’on peut faire pour eux est de bien les traiter au niveau des services consulaires pour qu’ils ne soient pas confrontés à certaines difficultés administratives et qu’ils aient le soutien qu’il faut en cas de difficultés. Que ces services consulaires soient des services qui pourraient les satisfaire comme s’ils étaient au Sénégal.

La contribution de la diaspora devrait être mieux organisée afin qu’elle soit intégrée dans les opportunités d’affaires et de développement existantes», a déclaré Idrissa Seck. Envoyant des ions positifs à Khalifa Ababacar Sall, il lance, une fois de plus, une de ses grosses pierres dans le jardin de Macky Sall. Il dénonce : «Si force était donnée à la loi, si on n’avait pas utilisé la Justice pour écraser des adversaires politiques, on aurait eu d’autres candidats à l’élection présidentielle. Mais, au lieu d’utiliser le pouvoir et la justice qu’on lui a confié pour protéger la population, ce gouvernement en fait une arme de guerre pour détruire des adversaires politiques. «Macky na dem !!! Na dema dema dem !!!», crie la foule.

Demandant à tout le monde d’aller retirer leurs cartes pour faire partir l’actuel Président, Idrissa Seck a reçu les assurances des habitant de Goudiry : «Fi yako mom !!! Fi yako mom !!! (Goudiry est ta propriété, Goudiry votera pour toi).» Une tonalité militante qui a raccompagné la caravane de «Idy2019» qui se dirige vers Kidira.

Dès l’entrée de la ville, des jeunes ont couru vers le cortège. Sortant des maisons, les habitants, hommes, femmes et enfants se précipitent pour mater la tronche du candidat Idrissa Seck. Chacun y allant de son onomatopée, les réactions s’entremêlent. «Il est là !» «Oui, c’est lui !», «Ohhhhh, Idy !». Débordant d’allégresse, la population de Kidira, dont certains du haut de leur balcon acclament le candidat à la Présidentielle, s’entasse autour de la voiture du candidat qui est passé par le marché.

Chacun voulant lui toucher la main, Idrissa Seck, en serre autant qu’il peut. Entre chants et pas de danse, l’ambiance est au top. Elle atteint le summum avec l’arrivée de deux cavaliers qui, enfourchant leurs chevaux, font une impressionnante démonstration qui a séduit plus d’un. Et Idy leur dira : «J’ai vu l’accueil, la mobilisation, la détermination et l’engagement. Engagement au service du Sénégal, des populations sénégalaises qui sont fatiguées. Ici à Kidira, je vais parler de nos relations avec la sous-région.

La région orientale nous rallie à la sous-région et tout le reste de l’Uemoa. Il doit y avoir une plateforme logistique, de transport et une route opérationnelle. On pouvait prendre un hélico pour faire rapide, mais il fallait, avec les journalistes, montrer l’état des routes de Tamba à ici et endurer le calvaire des populations. Les camions de carburant renversés, c’est ce que je vois toujours à chaque fois que je passe par là. Nous allons donc reprendre le chemin de fer Dakar-Bamako qui va impérativement passer par Kidira.» Aux chauffeurs qui crient «Macky sonal nagnou (Macky nous pompe l’air)», il dira : «Aux chauffeurs et transporteurs, j’ai noté les problèmes, les tracasseries et on va, avec des experts, vous libérer de ce poids.»

T. MARIE LOUISE NDIAYE
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