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Commission de l’UA: Bathily , "meilleur candidat"? Sans blague!

La politique du chien crevé au fil de l'eau tient lieu de notre diplomatie. La bérézina d’Addis-Abeba où le candidat sénégalais Abdoulaye Bathily a été laminé par ses concurrents tchadien et kényan met à nu le dilettantisme de la diplomatie sénégalaise.

CONTRIBUTIONS

Comme pour se consoler de l’échec diplomatique connu lors du dernier sommet de l’Union africaine (UA), le candidat malheureux Abdoulaye Bathily a déclaré, avec une alacrité feinte, à sa descente d’avion en provenance de la capitale éthiopienne que « même s’il n’a pas été élu, tout le monde a dit là-bas qu’il était le meilleur candidat, même pour la presse internationale. Rien que cela est une victoire pour lui. Et il s’en contente ». Et comme pour mettre du baume sur le cœur des Sénégalais meurtri par la bérézina d’Addis-Abeba, le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l'extérieur Mankeur Ndiaye ajoute que « tous les chefs d’Etat de l’UA ont à l'unanimité reconnu que le professeur Bathily avait le meilleur profil » mais que le choix d’un vote obéit à des contingences qui vont au-delà de la diplomatie. 

Si le candidat du Sénégal soutient avec narcissisme pour ne pas dire avec nombrilisme qu’il était le meilleur par les cinq postulants à la tête de la Commission africaine de l’UA, cela peut se comprendre dans le cadre de l’auto-thérapie d’un choc post-traumatique. Mais que le chef de la diplomatie sénégalaise se refuse d’ausculter le mal pour trouver les vrais remèdes de notre revers diplomatique pour faire la politique de l’autruche est irresponsable. 

Ce qui s’est passé à Addis-Abeba n’a rien de crypto-personnel comme veut le faire croire Mankeur Ndiaye. Il procède d’erreurs voire de naïveté et désinvolture diplomatiques qui ont empêché notre pays d’appréhender l’âpreté de la bataille qui allait opposer les blocs régionaux et autres entités communautaires lors du sommet. D’ailleurs, ce qui lui vaut les soutiens discrets de la France et des Etats-Unis très attachés à la lutte contre le terrorisme. 

Les discours auto-glorificateurs qui ont accompagné la campagne de Bathily financée par le président Macky Sall ont vite fait place aux justifications lénifiantes post-défaite. Jamais Mankeur Ndiaye et son mentor n’ont pensé que notre candidat allait être humilié de la sorte par le candidat tchadien que les médias n’ont jamais placé dans le duo qui se disputerait  finalement la tête de l’exécutif de l’UA. Dire que Bathily a le meilleur profil et qu’il est le meilleur, c’est prolonger la souffrance, la chute qui retentit depuis la Corne de l’Afrique. Mais c’est aussi insulter les finalistes et tous les chefs d’Etat qui ont porté au pinacle Moussa Faki Mahamat. Maintenant, c’est quoi un meilleur profil ? 

Un Cv plus lourd ou une connaissance et une maîtrise des problèmes de sécurité et de développement qui assaillent le continent. Que nenni ! Même si on devait les candidats à l’aune de leurs certifications académiques, le candidat du président Deby n’est pas un nain devant le professeur Abdoulaye Bathily bardé de diplômes.   

Chargé de cours à l’Université de Ndjamena, en 1993-1994, chef de division dans différents ministères et directeur de plusieurs sociétés d’Etat de 1994 à 1999, directeur de cabinet du président, Premier ministre et ministre dans différents départements et président du Conseil économique et social, Moussa Faki Mahamat parlant l’arabe, le français et l’anglais présente un Cv consistant sinon plus consistant que celui de Bathily. Plus jeune que le candidat sénégalais de 14 ans, le poulain de Deby a suivi tous les dossiers stratégiques dans lesquels son pays a été engagé : Mali, Soudan du Sud, les pays de la Commission du lac Tchad composé en sus du Tchad du Cameroun, Niger, Nigeria, Centrafrique et de la Libye. 

Exploiter la présence du Tchad dans les zones de conflits où il a payé un lourd tribut de sang relève de l’efficacité diplomatique et non de rapport personnel. Exploiter le rapprochement du Sénégal au Maroc pour se faire parrainer par l’Algérie et rafler les voix de l’Afrique du Nord, exploiter cette proximité sénégalo-marocaine pour engranger les voix de l’Afrique du Sud et de certains pays de la Communauté de développement d'Afrique australe (CDAA ou SADC) dont la position défavorable au retour du royaume chérifien au sein de l’organisation panafricaine et à la Cour pénale internationale (CPI) ne souffre d’aucune ambiguïté, relève du pragmatisme diplomatique. 

Vouloir transformer la défaite d’Addis-Abeba en un succès invisible,  c’est prendre les Sénégalais pour ce qu’ils ne sont pas : des gogos  dont la capacité d’analyser n’est pas plus longue que le bout de leur nez. Mankeur Ndiaye se croyait il doté, comme Midas, le roi Phrygie, de la puissance de transformer en or tout ce qu’il touchait ? Même si la gestion de la crise gambienne a été un succès époustouflant,  force est cependant de reconnaître que  la diplomatie sénégalaise n’a été qu’un château de carte au 28e sommet de l’UA qui n’a pas su résister à la bourrasque venue du Tchad. 

Serigne Saliou Guèye 
Lessentiel.sn

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