C’est une tribune aux accents de réquisitoire, presqu’un testament politique avant l’heure, qui agite les états-majors et les rédactions de la presqu’île.
Par la magie d'une capture d'écran opportunément relayée par le portail Dakarposte, une réflexion signée de la plume de Dahirou Thiam, l’actuel Directeur général de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP), est venue jeter un pavé lourd de sens dans la mare d'une scène politique sénégalaise en pleine recomposition.
« Être républicain, ce n’est pas un mot qu’on porte fièrement — c’est une promesse qu’on tient. »
Le ton est solennel, le verbe ciselé à la manière des grands moralistes du droit public. Dahirou Thiam y rappelle avec une gravité antique que le pouvoir n'est qu'un dépôt à durée déterminée, une émanation populaire qu’il convient de restituer « sans détour ni excuse » à l’heure des grandes échéances.
En posant la question fatidique — « Alors à quand les élections locales ? » —, le patron du régulateur des télécoms s’extirpe de sa réserve technocratique pour endosser la toge du censeur républicain.
Pour ce proche historique du Premier ministre Ousmane Sonko, le respect du calendrier électoral n'est pas une simple commodité administrative, mais le « seul critère qui distingue un républicain sincère d’un usurpateur ».
Un message à peine voilé envoyé aux cercles du pouvoir exécutif, alors que les lignes de fracture se précisent entre la présidence de la République et l'appareil d'origine de Pastef.
Le Siège Éjectable et la Sentence du Marché Public
Toutefois, en politique, la pureté des principes s'entrechoque souvent avec la dureté des faits accomplis.
Cette sortie épistolaire intervient dans un tempo d'une ironie dramatique absolue.
En effet, Dahirou Thiam sait ses jours comptés à la tête de la prestigieuse agence de l'immeuble fonctionnel.
Un appel à candidatures officiel a d'ores et déjà été lancé par le ministère de tutelle pour pourvoir son fauteuil, matérialisant de facto la volonté de l'autorité supérieure de renouveler les instances de gouvernance et de l'écarter, à l'instar d'autres figures de la première heure de la mouvance souverainiste.
À cette disgrâce politique latente s’ajoute le poids d’une actualité contractuelle des plus brumeuses. Le nom de l'ingénieur émérite s'est récemment trouvé mêlé aux turbulences d'une affaire de commande publique.
Le fameux marché des « colonies de vacances 2026 » de l'ARTP, d'abord géré selon les procédures internes de l'institution, a subi un coup d'arrêt brutal.
Saisie d'un recours contentieux par une agence de voyages s'estimant irrégulièrement évincée, l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) a ordonné la suspension de la procédure de passation.
Une intervention d'un organe de contrôle qui vient ternir la fin de mandat du directeur général et affaiblir, sur le terrain du pragmatisme managérial, l'exemplarité morale qu'il invoque par ailleurs dans ses écrits.
Entre la grandeur des idéaux démocratiques affichés sur les réseaux sociaux et la prose plus prosaïque des décisions de l'ARCOP, la trajectoire de Dahirou Thiam à l'ARTP illustre à elle seule le grand paradoxe des transitions politiques.
En rappelant que « le peuple mérite qu’on respecte sa parole, pas qu’on la contourne », le directeur général sur le départ signe une harangue mémorable.
Reste à savoir si l'histoire retiendra de lui le profil d'un serviteur de l'État sacrifié sur l'autel des équilibres nouveaux, ou celui d'un gestionnaire rattrapé par les rigueurs du contrôle administratif au moment même où la République rappelait ses vœux de transparence.
Par la magie d'une capture d'écran opportunément relayée par le portail Dakarposte, une réflexion signée de la plume de Dahirou Thiam, l’actuel Directeur général de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP), est venue jeter un pavé lourd de sens dans la mare d'une scène politique sénégalaise en pleine recomposition.
« Être républicain, ce n’est pas un mot qu’on porte fièrement — c’est une promesse qu’on tient. »
Le ton est solennel, le verbe ciselé à la manière des grands moralistes du droit public. Dahirou Thiam y rappelle avec une gravité antique que le pouvoir n'est qu'un dépôt à durée déterminée, une émanation populaire qu’il convient de restituer « sans détour ni excuse » à l’heure des grandes échéances.
En posant la question fatidique — « Alors à quand les élections locales ? » —, le patron du régulateur des télécoms s’extirpe de sa réserve technocratique pour endosser la toge du censeur républicain.
Pour ce proche historique du Premier ministre Ousmane Sonko, le respect du calendrier électoral n'est pas une simple commodité administrative, mais le « seul critère qui distingue un républicain sincère d’un usurpateur ».
Un message à peine voilé envoyé aux cercles du pouvoir exécutif, alors que les lignes de fracture se précisent entre la présidence de la République et l'appareil d'origine de Pastef.
Le Siège Éjectable et la Sentence du Marché Public
Toutefois, en politique, la pureté des principes s'entrechoque souvent avec la dureté des faits accomplis.
Cette sortie épistolaire intervient dans un tempo d'une ironie dramatique absolue.
En effet, Dahirou Thiam sait ses jours comptés à la tête de la prestigieuse agence de l'immeuble fonctionnel.
Un appel à candidatures officiel a d'ores et déjà été lancé par le ministère de tutelle pour pourvoir son fauteuil, matérialisant de facto la volonté de l'autorité supérieure de renouveler les instances de gouvernance et de l'écarter, à l'instar d'autres figures de la première heure de la mouvance souverainiste.
À cette disgrâce politique latente s’ajoute le poids d’une actualité contractuelle des plus brumeuses. Le nom de l'ingénieur émérite s'est récemment trouvé mêlé aux turbulences d'une affaire de commande publique.
Le fameux marché des « colonies de vacances 2026 » de l'ARTP, d'abord géré selon les procédures internes de l'institution, a subi un coup d'arrêt brutal.
Saisie d'un recours contentieux par une agence de voyages s'estimant irrégulièrement évincée, l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) a ordonné la suspension de la procédure de passation.
Une intervention d'un organe de contrôle qui vient ternir la fin de mandat du directeur général et affaiblir, sur le terrain du pragmatisme managérial, l'exemplarité morale qu'il invoque par ailleurs dans ses écrits.
Entre la grandeur des idéaux démocratiques affichés sur les réseaux sociaux et la prose plus prosaïque des décisions de l'ARCOP, la trajectoire de Dahirou Thiam à l'ARTP illustre à elle seule le grand paradoxe des transitions politiques.
En rappelant que « le peuple mérite qu’on respecte sa parole, pas qu’on la contourne », le directeur général sur le départ signe une harangue mémorable.
Reste à savoir si l'histoire retiendra de lui le profil d'un serviteur de l'État sacrifié sur l'autel des équilibres nouveaux, ou celui d'un gestionnaire rattrapé par les rigueurs du contrôle administratif au moment même où la République rappelait ses vœux de transparence.


L’adieu aux armes de Dahirou Thiam : l'intégrité du calendrier électoral comme ultime posture

