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Les archives photographiques de la présidence en état de détérioration très avancée

Rédigé par Dakarposte le Jeudi 11 Mai 2017 à 14:14

Cinquante-sept ans d’histoire du Sénégal sont en danger. Constituée de plus de 14 millions de clichés retraçant les activités des différents chefs de l’État sénégalais, de 1960 à nos jours, cette mémoire de la République est en train de sombrer dans la crasse, les moisissures et la poussière (voir photos).

Elle est abandonnée au milieu des araignées et autres bestioles dans un sous-sol de la Primature, au fond de placards vétustes et de caisses en cartons. Exposée à la lumière, à l’humidité et aux incendies. Bref, elle est en sursis.

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Pourtant, il y a trois ans, Macky Sall avait donné des «instructions fermes». Il voulait que ces millions de photos officielles soient vite restaurées et préservées. Mais depuis lors le «projet de numérisation, de sauvegarde et d’encodage du fond documentaire de la Présidence» est au point mort.

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La raison ? «Des blocages» que son coordonnateur, Ibrahima Diallo, photographe-reporter officiel au Palais à la retraite, «n’arrive pas à comprendre». «Nous avons fait tout ce qui était de notre ressort, jure celui qui a passé plus de 40 ans à la Présidence, couvrant les activités de tous les chefs de l’État du Sénégal. Nous avons remis une note détaillée à qui de droit. Malheureusement, rien ne bouge.»

Les instructions présidentielles chahutées

Conséquence ? Le personnel recruté pour le projet, des infographes, des archivistes, des laborantins et un ingénieur informaticien, se tourne les pouces toute la semaine ou vaque à d’autres activités.

data-cke-saved-src=«Quatre pièces sont mises à notre disposition à la Primature avec chacune quatre postes de travail, applaudit Ibrahima Diallo. Les lieux ont été restaurés grâce à l’appui de la directrice de l’Architecture de la Présidence. Nous avons donc des locaux, et il y a de la matière, mais on n’a pas encore le matériel pour commencer le travail.»

Tout est parti d’une interpellation du chef de l’État. «Comment faites-vous pour vous retrouver ?» interroge un jour Macky Sall en évoquant les millions de photos retraçant les activités de ses prédécesseurs et les siennes depuis qu’il est au pouvoir. Une occasion en or pour Diallo, qui fait savoir au chef de l’État que «l’idéal serait la numérisation des archives photographiques». Le chef de l’État acquiesce et lui demande de produire un mémo dans ce sens. Il s’exécute au bout de 48 heures.

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Ordinateurs, numériseurs, disques durs, serveurs, blouses, masques, gants, éther, budget de fonctionnement… : le photographe à la retraite liste ses besoins, constitue son équipe de base, «les meilleurs dans leurs domaines respectifs», saisit l’autorité et attend dans son coin. Aucun retour. Jusqu’à ce que la retraite pointe son nez. Il fait ses cartons, vide ses tiroirs et se retranche dans sa maison à Mermoz.

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Un jour, un proche collaborateur du chef de l’État, «qui ne badine pas avec les instructions présidentielles», l’appelle. Il lui demande de revenir au palais pour mener à bout le Projet. Il retrouve son enthousiasme. Mais, très vite, il est «refroidi par l’immobilisme ambiant». Ça fait plus de sept mois que ça dure.

Wade et Macky plus chanceux que Diouf et Senghor

«Pourtant le projet est d’une importance capitale et ne coûte pas grand chose, juste quelques millions», compte Ibrahima Diallo. Qui table sur un important retour sur investissement. «La restauration des clichés permettra aux générations futures de savoir comment travaillaient les chefs de l’État, comment le pouvoir était exercé, parie-t-il. Elle leur permettra de connaître des présidents comme Bourguiba, Sékou Touré. Elle pourra profiter aussi aux chercheurs, à la presse… Avec plus de 14 millions de clichés à traiter, le projet va prendre plus de 10 ans. Nous devons même l’étendre aux autres institutions et aux confréries, qui ont des archives photographiques qui ont valeur de patrimoine national.»

La partie la plus touchée de la mémoire de la Présidence, c’est celle qui retrace les activités présidentielles sous Léopold Senghor et Abdou Diouf. On n’était pas encore à l’ère du numérique, comme sous Wade et Macky. «Des registres ont disparu ou se sont détériorés, alerte le photographe à la retraite. Ce qui reste doit être sauvé. Les clichés doivent être dépoussiérés, numérisés, corrigés, encodés, légendés et classés. Le temps presse.»

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Auteur: seneweb news - Seneweb.com

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