Les militaires veulent surtout écarter Grace Mugabe

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Les militaires veulent surtout écarter Grace Mugabe

Coup d'Etat militaire et fin de régime Mugabe ou, plus nuancé, correctif à la tête de l'Etat pour maintenir le système, mais sans Robert Mugabe: une chose est sûre, les événements actuels au Zimbabwe visent à accélérer la transition en écartant surtout la femme du président, selon des experts.

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"Ça se rapproche très nettement d'un coup d'Etat militaire", affirme à l'agence de presse suisse ats Philippe Hugon, directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), en charge de l'Afrique. "On y est, c'est la fin du pouvoir de Robert Mugabe". 

Pour lui, il s'agit d'une réponse de l'armée face à l'éviction récente du vice-président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, l'un des successeurs potentiels du vieux président, et face à la peur de voir dès lors la femme de Robert Mugabe, Grace, être la favorite à la succession de son mari. 

M. Hugon rappelle l'impopularité de la première dame auprès de l'armée et de la population, femme "légère et dépensière" à leurs yeux. "C'est un revirement total de situation" étant donné la fidélité et la loyauté de l'armée au chef de l'Etat jusqu'à présent, relève-t-il. "C'est donc une position nouvelle contre Robert et Grace Mugabe (...). Il n'y avait jamais eu de failles jusqu'ici dans l'armée ou dans la police", souligne l'expert de l'IRIS. 

"Ignorante des affaires publiques"
Daniel Compagnon, professeur de Science politique à Sciences Po Bordeaux et spécialiste du Zimbabwe, se veut plus nuancé. "Cela fait 20 ans qu'il y a un débat sur la succession de Robert Mugabe avec des rivalités importantes et luttes factionnelles entre les élites du parti au pouvoir", dit-il à l'ats. Il ne croit pas à un véritable coup d'Etat militaire. "Il s'agit plutôt d'une correction de la tête de l'Etat", affirme-t-il. 

L'armée et certains caciques du parti au pouvoir ne veulent surtout pas prendre le risque de voir Grace arriver à la tête de l'Etat. Car avec elle, c'est une nouvelle caste d'élite, plus jeune, qui veut sa part du gâteau et c'est aussi l'incarnation de la corruption du système Mugabe, explique-t-il en substance. 

Si "l'astucieuse" Grace Mugabe a pu apprendre la grammaire politique, elle est ignorante des affaires publiques, juge M. Compagnon. Elle "a dévoilé son jeu trop vite (...). Le message de rupture avec l'éviction du vice-président a été trop brutal et insécurisant", analyse-t-il. "C'était la goutte de trop".

7sur7.be

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