Macky recherche deux millions de voix

POLITIQUE

Macky recherche deux millions de voix

Il faudra pour la présidentielle de 2019, éviter les déperditions et optimiser au maximum le taux de participation des partisans de la majorité actuelle pour réussir ce qu’on appelle en Afrique « un Coup KO »

Qui sera le Président de la République au soir du 24 février prochain ? Ou alors faudra-t-il passer par un second tour quinze jours plus tard pour connaître le locataire du Palais de la République dont le mandat arrivera à expiration au mois d’avril 2024 ?

Ousmane Tan or Dieng, patron des socialistes et Président du H CCT a donné le top départ en étant le premier allié à investir le Président Macky Sall  comme candidat unique de la majorité sortante. Il fixe les règles de  l’unité dans leur camp. Cette stratégie de l’union de s forces de tous les partis de la majorité, en plus de la myriade d’associations et de mouvements de soutien qui font partie de leur rang, veut donner les meilleurs atouts à leur candidat investi pour obtenir une victoire au premier tour.

Et si l’on se réfère aux derniers chiffres de la Direction Générale des Elections (DGE) sur le  nombre des inscrits au fichier électoral et le taux de retrait des cartes qui atteint les six millions de personnes, il faudra alors éviter les déperditions et optimiser au maximum le taux de participation des partisans de la majorité  actuelle pour réussir ce qu’on appelle en Afrique « un Coup KO ».

Cette stratégie de l’unité à tout prix et du candidat unique pouvant être un  sérieux h andicap en cas de second tour car ne permettant pas de possibilités d’alliances et donc de report de voix en faveur du candidat unique de la majorité face à ses adversaires de l’opposition.

L’opposition  actuelle qui affich e une unité de façade devant le candidat unique de la majorité est, elle, traversée par trois ou quatre grands courants en plus des cavaliers solitaires que tentent des têtes d’affiche de la société civile ainsi que des figures marquantes du monde politique.

S’il y a un consensus sur lequel la grande majorité de l’opposition semble s’être entendue, c’est bien celle de la pluralité de candidatures en son sein. Ce qui fait déjà subodorer à certains observateurs l’émergence de quatre à six candidatures significatives de l’opposition même si elles pourraient être d’inégale valeur avec des challengers disposant d’atouts réels et des outsiders pouvant créer la surprise.

Dans ce cercle des candidatures de l’opposition, l’obstacle du parrainage va certainement agir comme un veto contre certaines prétentions de leadership et d’ambitions présidentielles, mais nul doute que cela ne recalera pas des candidatures comme celle de Idrissa Seck, Malick Gackou, Aguibou Soumaré , Abdoulaye Baldé, Ousmane Sonko.  A moins que des offres nouvelles comme celle de Bougane Gueye Dany , Abdoul Mbaye, Moustapha Guirassy, Aïda Mbodj, Me El hadji Diouf ne viennent perturber les scénarii attendus.

La démarche de l’opposition autour de la multiplicité des candidatures se veut une arme à double détente contre le candidat unique de la majorité.

Primo : Eclater et disperser l’électorat en retenant dès le premier tour le maximum d’électeurs opposés à Macky Sall en leur permettant de choisir un candidat de leur choix dans le cercle de ses adversaires de l’opposition. Ce qui aurait comme avantage de l’empêcher d’avoir la majorité au premier tour et d’asseoir ainsi sa minorité au sein de l’électorat.

Deuxio : En cas de deuxième tour, tout en acceptant que le candidat de l’opposition qui serait qualifié face au président sortant serait auréolé du titre de vainqueur des primaires internes que représentent le premier tour et bénéficierait alors du soutien de tout le reste de l’opposition avec ralliement et appel de leur troupe à voter en sa faveur comme cela était le cas en 2000 pour le président Wade contre le Président sortant Abdou Diouf et en 2012 pour Macky Sall contre le président Wade, alors candidat à un troisième mandat.

Le choc de ces deux stratégies est le moteur de l’actuelle pré-campagne et d’ores et déjà, on voit apparaître certaines des limites de chacune de ces deux stratégies.

Dans le camp de la majorité, des écuyers comme le tonitruant Moustapha Cissé Lo affiche des postures qui portent de sérieux coups de canif à la dynamique unitaire. Et dans le même temps, le mutisme assourdissant de Moustapha Niasse, le patron de l’AFP ainsi que l’étrange retenue de ses partisans semble dénoter des états d’âme qui traverseraient leurs rangs face à l’activisme du leader du PS Ousmane Tanor Dieng qui se pose d’ores et déjà comme le directeur de campagne de la majorité présidentielle. Les agissements de Alioune Badara Cissé, médiateur de la République et membre fondateur de l’APR semblent annonciateurs de décision majeure de sa part tendant à le sortir ou plutôt le délivrer du monastère institutionnel qu’est la Médiature de la République où Macky Sall l’a enfermé à l’insu de son propre gré sans qu’il ait fait preuve de vœux de chasteté politique difficilement conciliable avec sa nature de bretteur bien connu des arènes politiques.

Du côté de l’opposition, Malick Gackou ne prend aucun gan pour affirmer et assumer sa tentative  de cavalier solitaire de l’opposition. Tout comme, la phalange que représentent Ousmane Sonko, le magistrat Hamidou Dème, le capitaine Mamadou Dièye, Cheikh Bamba Dièye et Bougane Gueye Dany, se positionne comme une alternative générationnelle face à l’ancienne garde politique représentée par les responsables du PDS et des partis de gauche au sein de l’opposition.

En scrutant les résultats des élections présidentielles au Sénégal sur les trente dernières années, il saute tout de suite aux yeux que le taux de participation moyen se situe entre 55% et 60% du corps électoral.

En l’indexant sur le fichier actuel tel que le révèle la DGE, on peut ainsi penser qu’il pourrait y avoir autour de quatre millions de votants à la présidentielle du 24 février prochain. D’où la collecte au minimum de deux millions de suffrages pour être élu au premier tour.

Pour rappel au premier tour de la présidentielle de 2012, le candidat Abdoulaye Wade arrivé en première position avec 34,81% des voix, avait collecté 942 327 suffrages et le second Macky Sall avec 26,58% lui n’avait glané que 719 367 voix. La population électorale de l’époque dépassée d’un cran les quatre millions cinq cent mille inscrits et au second tour le vainqueur Macky Sall avec 65,80% des voix faisait un grand bond en avant en obtenant 1 909 224 voix et le perdant Abdoulaye Wade, avec 34,20%, plafonnait à 992 556 voix.

On peut donc constater que les deux stratégies déployées sur le terrain de part et d’autre par la majorité comme par l’opposition ne sont pas des objectifs aisés à réussir.

Si Macky Sall, après sept années de magistère, a pu augmenter sa côte de popularité du premier tour de 2012, il peut bien s’inscrire dans une dynamique victorieuse. Mais si l’ opposition grâce à une multiplicité de candidats significatifs parvient à fractionner le corps électoral de façon significative, les portes du deuxième tour lui serait grandement ouverte.

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