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Sangalkam – conflit autour d’un site de deux hectares à Keur Daouda Sarr : une affaire de double vente ravive les tensions foncières

Rédigé par Dakarposte le Mercredi 1 Avril 2026 à 09:42 modifié le Mercredi 1 Avril 2026 - 13:49

Un nouveau scandale foncier secoue la commune de Sangalkam. Cette fois, c’est le maire qui est directement mise en cause par le collectif des acquéreurs d’un site de plus de hectares, situé à Keur Daouda Sarr. Ces derniers pointent du doigt le maire, qu’ils accusent d’être impliqué dans une affaire présumée de double vente. Ils ont tenu un point de presse sur le site, pour dénoncer une « tentative de spoliation foncière sur fond de double vente ».


Ils sont 39 chefs de familles à affirmer avoir régulièrement acquis des parcelles à usage d’habitation auprès d’un président du regroupement des transporteurs, agissant selon eux au nom de ses pairs. « Composé de trente-neuf (39) citoyens représentant autant de familles, le Collectif a acquis, en toute légalité, un site d’environ deux (2) hectares pour un montant de quatre-vingts millions (80 000 000) de francs CFA. Cette acquisition a été réalisée auprès du Collectif des chauffeurs de Ngor–Ouakam–Yoff après toutes les vérifications requises auprès des services compétents (mairie, cadastre, urbanisme), garantissant la régularité du titre de propriété et l’absence de litige » a indiqué Moussa Diop, porte-parole du collectif, composé notamment de travailleurs du groupe éditeur du quotidien national le Soleil. Le vendeur n’était personne d’autres que le président du regroupement des chauffeurs à l’époque.

Après cette acquisition, les membres de la coopérative affirment s’être acquittés de l’ensemble des droits et formalités nécessaires pour l’enregistrement du titre auprès des services des impôts et domaines pour un montant de 8 millions de francs CFA. Mais, quelques mois plus tard, ils disent avoir découvert avec stupeur l’occupation du site par des tiers ayant entamé des constructions. Selon eux, le maire serait à l’origine de cette situation, en proposant un prix plus élevé aux transporteurs, par l’entremise d’une société immobilière dirigée par son frère

« Malgré ces précautions, les membres du Collectif ont découvert, avec indignation, l’occupation de leur site par des tiers se prévalant d’achats effectués auprès du maire de Sangalkam lui-même. Plus grave encore, il ressort de plusieurs déclarations que le maire aurait revendiqué l’acquisition du terrain postérieurement à celle du Collectif, par le biais d’une société immobilière dirigée par son frère, en proposant un montant supérieur, en dépit de l’existence d’un titre unique déjà établi », a ajouté M. Diop. Les plaignants voient dans cette situation « une tentative de spoliation foncière, reposant sur une double vente présumée impliquant plusieurs acteurs, dont le vendeur initial et des intermédiaires »

Dans ce contexte, le collectif a saisi la Direction de la Surveillance et du contrôle de l’occupation du Sol (DSCOS) qui avait ordonné l’arrêt des travaux et procédé à des interpellations. Toutefois, ces injonctions officielles, matérialisées sur le terrain, seraient ouvertement ignorées, les constructions se poursuivant, au grand désarroi des acquéreurs. Ces derniers expriment « leur profonde inquiétude face à ces agissements et condamnent toute tentative d’instrumentalisation de l’autorité politique. Des propos attribués au maire, évoquant sa proximité avec le pouvoir, renforcent le sentiment d’injustice et d’impunité » rapportent Moussa Diop et ses camarades d’infortune.

Ils rappellent avoir déposé une plainte depuis deux ans, sans évolution notable du dossier, bien qu’une personne, celle qui leur aurait vendu les parcelles au nom du regroupement, ait été interpellée. Refusant « d’être les victimes d’un système où la loi serait contournée au profit d’intérêts particuliers » les membres du collectif interpellent les autorités. Ils réclament « l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante, exigent la cessation définitive de toute activité sur le site litigieux, réclament la protection des droits des trente-neuf familles lésées et appellent le gouvernement à faire respecter l’autorité de l’État et l’État de droit ». En attendant, le collectif se réserve le droit d’engager toutes les actions légales nécessaires pour la défense de ses intérêts, tout en réaffirmant sa confiance aux instituions de la République.



















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