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Valls tente une troisième adoption par la force de la loi travail

Rédigé par Dakarposte le Mercredi 20 Juillet 2016 à 17:09

Manuel Valls a déclenché mercredi un troisième et ultime 49-3 pour faire adopter sans vote définitivement le projet de loi travail, vanté comme "une grande réforme de ce quinquennat", après cinq mois de polémiques politiques et de contestation sociale émaillée de violences.


Valls tente une troisième adoption par la force de la loi travail
Fruit d'une "large concertation" ayant débouché sur "un compromis solide avec les organisations syndicales et de jeunesse réformistes", ce texte "de progrès", porteur "de nombreuses avancées" est "indispensable pour l'avenir de notre pays", a affirmé le Premier ministre français à la tribune, dans une allocution de trois minutes.

"Sur certains textes, le gouvernement ne dispose que d'une majorité relative ( ) mais il n'y a pas de majorité alternative dans cet hémicycle", a-t-il lancé à l'adresse des députés de gauche, notamment PS, opposés à un projet de loi qu'ils voient comme de "régression sociale".

L'opposition n'ayant pas l'intention de déposer une motion de censure et une troisième tentative de motion de gauche n'étant plus envisagée, le texte, dans sa version adoptée début juillet, sera considéré comme définitivement adopté jeudi à 16h30, 24 heures après l'engagement de la responsabilité du gouvernement.

Le recours à l'arme constitutionnelle s'est fait dans une ambiance beaucoup moins passionnelle à gauche, voire fataliste, les députés étant tournés vers la quatrième prolongation de l'état d'urgence dans un climat politique tendu après l'attentat de Nice.

Mardi, au Sénat, la majorité de droite a rejeté le texte sans en débattre, s'estimant pas entendue sur ses propositions plus libérales, comme la suppression des 35 heures.

François Hollande, qui a défendu ce texte comme "conforme à (ses) valeurs" en tant "qu'homme de gauche", et assuré s'inscrire "dans la démarche" du Front populaire, a indiqué que les nombreux décrets d'application seraient pris "immédiatement".

Des contestataires de gauche, Front de gauche, des écologistes et socialistes frondeurs, cherchent à réunir 60 parlementaires pour saisir le Conseil constitutionnel pour "non-respect du débat parlementaire", selon le groupe FG.

Mission accomplie pour le gouvernement
La saisine, qui pourrait être possible par addition à des signatures de droite, est "à l'étude" avec des juristes, a précisé à l'AFP Christian Paul, porte-voix des frondeurs.

Malgré une contestation exceptionnellement longue, démarrée dès la publication de l'avant-projet de loi de la ministre du Travail Myriam El Khomri, le gouvernement aura finalement réussi à faire passer sa grande réforme dans le délai voulu.

Mais à contre-courant de l'opinion (sept Français sur dix s'y disant opposés, selon les sondages) et au prix d'une majorité déchirée à dix mois de la présidentielle.

Dans la rue, la contestation n'est officiellement pas terminée, malgré une pause estivale après douze journées de manifestations entre le 9 mars et le 5 juillet, souvent émaillées de violences.

Les syndicats opposés au texte, CGT et FO en tête, promettent de reprendre la mobilisation le 15 septembre. La loi restera "entachée de son caractère antidémocratique", selon FO, dont le leader Jean-Claude Mailly estime que François Hollande et Manuel Valls "le paieront d'une façon ou d'une autre". "La colère reste là. Le gouvernement n'en a pas fini", pour Philippe Martinez (CGT)
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