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Ce qu'il faut retenir du discours de politique générale d'Édouard Philippe

Le Premier ministre, Édouard Philippe, a prononcé, mercredi, sa deuxième déclaration de politique générale, point de départ d'un acte II du quinquennat d'Emmanuel Macron. Fiscalité, écologie, immigration, social... Détails des principales mesures.

ACTUALITÉ

Le discours était censé marquer "l'acte II" du quinquennat Macron. C’est d'ailleurs ce qu’a annoncé en introduction de sa deuxième déclaration de politique générale, le Premier ministre, Édouard Philippe, mercredi 12 juin, à l'Assemblée.

Après plus de sept mois de crise des Gilets jaunes, entrecoupés d'un grand débat national et des élections européennes, ce dernier a annoncé vouloir impulser un profond changement de méthode pendant la deuxième partie du quinquennat d’Emmanuel Macron.

Au cours d'une déclaration de plus d'une heure, le chef du gouvernement a présenté la feuille de route de la majorité pour l'année à venir, précisant les prochaines réformes de l'assurance chômage et des retraites, la mise en œuvre de certaines mesures écologiques, et s'est dit ouvert au report de l'examen de la réforme constitutionnelle.

L'Assemblée nationale a ensuite donné sa confiance au gouvernement d'Édouard Philippe par 363 voix contre 163. Sur 573 votants, 526 suffrages ont été exprimés.

 • Priorité donnée à l'écologie

"Acte II", "acte II" a-t-il martelé, provoquant de nombreux applaudissements dans l’Assemblée. Selon le Premier ministre, l’acte II du quinquennat sera avant tout celui de l’accélération écologique. "Plus personne aujourd’hui n’a le monopole du vert" a-t-il déclaré, avant d’énumérer de nombreuses promesses dont la fermeture de la centrale de Fessenheim dans les douze prochains mois, une renégociation des prix de l’électricité avec l’Union européenne, ou encore l’interdiction progressive des produits plastiques jetables à usage unique avec un objectif de 100 % de plastiques recyclés.

"Il faut que nous arrivions à faire de cette transition écologique l’affaire de tous et que nous nous concentrions sur les résultats concrets dans le quotidien des Français" a exprimé Édouard Philippe avant de conclure sur le volet environnemental, "je ne veux pas être l’homme des effets d’annonce, mais je veux que nous soyons la majorité des engagements tenus."


 • Vingt-sept milliards d'euros de baisse totale d'impôts

Cinq milliards d’euros. Cette baisse d'impôts, qui avait été promise pendant la crise des Gilets jaunes, sera financée par une réduction des niches fiscales qui sera explicitée en juillet prochain, a expliqué Édouard Philippe, précisant que cette baisse sera à hauteur de 350 euros en moyenne par foyer pour la première tranche de l'impôt sur le revenu.

La taxe d'habitation sera, elle, supprimée pour tous, a annoncé le Premier ministre, évoquant une disparition progressive pour les 20 % qui ne sont pas encore concernés.

"Au total, les impôts des ménages baisseront, durant ce quinquennat, de 27 milliards d'euros", a-t-il affirmé.

 • Réforme de l'assurance-chômage

Également prévue sur la feuille de route de la majorité pour l'année à venir, la future réforme de l'assurance-chômage comprendra, selon Édouard Philippe, un bonus malus qui s'appliquera "dans les 5 à 10 secteurs" d'activité utilisant le plus de contrats courts.

La réforme, qui sera annoncée le 18 juin prochain, inclura également "une dégressivité de l'indemnisation sur les salariés qui perçoivent les salaires les plus élevés."

Une autre mesure sera prise pour limiter les CDD "d'usage", particulièrement flexibles.

Par ailleurs, une dégressivité des allocations, pour ceux dont les salaires sont les plus élevés, sera mise en œuvre. Les cas permettant de percevoir davantage au chômage qu’en travaillant seront, eux, révisés.


 • "Incitations à travailler plus longtemps"

La future réforme des retraites maintiendra "la possibilité d'un départ à 62 ans" a déclaré Édouard Philippe. Toutefois, l'exécutif définira "un âge d'équilibre" et des "incitations à travailler plus longtemps" a-t-il précisé, expliquant que l'âge légal resterait, lui, inchangé.

"Ainsi, chacun pourra faire son choix, en liberté et en responsabilité."

En début d'année, le haut commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, avait avancé l'hypothèse d'une surcote à partir de 62 ans. Hypothèse mise en doute, la semaine dernière, par l'hebdomadaire Challenges qui rapportait que l'exécutif étudiait le scénario d'un "âge-pivot" à 64 ans avec un dispositif de "bonus-malus".

C'est sans dévoiler l'option retenue, qu'Édouard Philippe a affirmé, mercredi, la possibilité pour chacun de faire son choix, ajoutant toutefois que "la condition pour que ce choix existe, c'est que le chômage recule".

Une mesure qui conduira le gouvernement à lancer "un grand plan pour l'emploi des seniors".

 • Projet de loi sur la dépendance

Des "mesures favorisant le maintien à domicile" des personnes âgées et des "investissements" dans les maisons de retraite seront incluses dans le budget 2020 de la Sécu, a également promis, le Premier ministre. Ce dernier a, par ailleurs, confirmé la présentation "en fin d'année" d'un projet de loi sur la dépendance.

"Dès le prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale, nous enclencherons une première étape, avec des mesures favorisant le maintien à domicile et des investissements dans les Ehpad" (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), a dit le chef du gouvernement devant les députés.

La ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, présentera, quant à elle, "un projet de loi qui définira une stratégie et la programmation des moyens nécessaires pour prendre en charge la dépendance", "à la fin de l'année" a-t-il ajouté, observant, par ailleurs, que cette réforme sera "un autre grand marqueur social de ce quinquennat, peut-être un des plus importants".

 • Prélèvement automatique des pensions alimentaires

Les pensions alimentaires, elles, pourront être "automatiquement prélevées", "dès juin 2020", par la Caisse d'allocations familiales (CAF), dans le but de lutter contre "le risque d'impayé", a prévenu Édouard Philippe.

Ce nouveau système devrait permettre de protéger les personnes seules contre le risque d'impayé des pensions alimentaires, a-t-il expliqué.

"Sur décision d'un juge, ou sur demande en cas d'incidents de paiement, les pensions seront automatiquement prélevées par la CAF pour être versées à leurs bénéficiaires et c'est la CAF qui déclenchera une procédure de recouvrement en cas d'impayé."

 • Débat annuel sur l'asile et l'immigration

Le gouvernement organisera chaque année, "un débat au Parlement" sur la politique d'asile et d'immigration, a annoncé le chef du gouvernement, précisant que le premier aura lieu en septembre prochain.

Ces questions "touchent aux fondements de notre souveraineté et de nos principes", a-t-il expliqué. "Il est donc nécessaire d'en débattre de manière régulière et au grand jour avec le Parlement".

 • "Garder le contrôle" en matière de sécurité

"L’acte II, c’est répondre à un certain nombre de peurs" a lancé Édouard Philippe, évoquant le sentiment général d'une "perte de contrôle" sur le fonctionnement du monde, le développement technologique, les violences…

"Garder le contrôle" a-t-il répété tout au long de son discours sécuritaire. En premier lieu, le Premier ministre a tenu à revenir sur un vaste plan de recrutement et d’équipement des forces de l’ordre mis en place par le gouvernement, avec notamment la décision de concentrer les forces dans les quartiers où délinquance et incivilités avaient, ces dernières années, grimpé en flèche. "Notre priorité sera de combattre le trafic de stupéfiants qui gangrène des pans entiers de notre territoire." a insisté Édouard Philippe.

"Cela implique de harceler les points de vente, de neutraliser les échelons de distribution, de faire tomber les têtes de réseaux", a-t-il détaillé, n'excluant pas "des changements d'organisation" pour y parvenir.

 • PMA pour toutes

Le projet de loi bioéthique était un volet particulièrement attendu. Celui-ci comprend l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, un projet examiné à l'Assemblée "dès la fin septembre", a annoncé le Premier ministre.


Une intervention de chaque groupe politique a suivi la déclaration du Premier ministre. Une réponse du chef du gouvernement ainsi qu'un vote de confiance ont ensuite eu lieu en début de soirée.

Fait rare – et même une première avec un Sénat contrôlé par l'opposition – la déclaration d'Édouard Philippe, jeudi matin, devant les sénateurs sera également suivie d'un vote.
Mamadou Ndiaye

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