Un marathon de près de deux ans et demi, 21matches disputés dont le dernier à Monterrey, au Mexique, face à la Bolivie (2-1, le 31 mars), lors des barrages intercontinentaux, quand la France n'aura eu besoin que de six rencontres pour se qualifier lors d'éliminatoires ramassées en septembre et novembre 2025. L'Irak, 57e au classement IFIFA d'avril, a retrouvé la Coupe du monde le 17 juin face à la Norvège (1-4) sur le même continent qu'en 1986, où les Lions de Mésopotamie s'étaient honorablement comportés malgré trois défaites face au pays organisateur (0-1), à la Belgique (1-2) et au Paraguay (0-1).
À cette époque, l'Irak était une des meilleures équipes d'Asie, avec à son palmarès plusieurs titres lors des Jeux Asiatiques, de la Coupe du Golfe et de la Coupe arabe, un quart de finale à l'occasion des Jeux Olympiques de 1980 à Moscou. Et s'ils devaient échouer au premier tour de la Coupe du monde comme en 1986, les joueurs irakiens sont assurés de ne pas subir comme leurs aînés la colère d'Oudaï Hussein, fils de l'ancien dictateur Saddam Hussein et psychopathe notoire, président du Comité national olympique et qui n'hésitait pas à faire torturer les internationaux quand leurs performances n'étaient pas à la hauteur de ses attentes.
Renard : "Une équipe mentalement très forte"
"L'Irak, c'est un pays de football, capable de produire de bons joueurs, de gagner des trophées, comme la Coupe d'Asie en 2007. Sa sélection est d'un bon niveau et elle est allée chercher une qualification après avoir fourni beaucoup d'efforts. Ce qui veut dire qu'elle est mentalement très forte", résume Hervé Renard, nommé sélectionneur de la Tunisie après le limogeage de Sabri Lamouchi suite à la déroute contre la Suède le 14 juin (1-5). Le Français, qui avait qualifié l'Arabie Saoudite pour la phase finale, avait été limogé en avril dernier, quelques mois après avoir affronté l'Irak lors du quatrième tour des éliminatoires à Riyadh (0-0).
L'Arabie Saoudite s'était qualifiée, obligeant les Irakiens à passer par un tour supplémentaire contre les Emirats Arabes Unis pour espérer disputer l'ultime round à Monterrey face au vainqueur de Bolivie-Suriname. "Sincèrement, je pensais que cette équipe allait se qualifier directement. Elle m'avait fait une très bonne impression quand nous l'avions affrontée avec les Philippes au deuxième tour", intervient le Belge Tom Saintfiet, alors sélectionneur de la modeste équipe d'Asie du sud-est, deux fois battue par les Irakiens (0-1, 0-5). "Solide défensivement, pas facile à bouger, avec une bonne qualité technique au milieu et deux attaquants dangereux, très complémentaires, Aymen Hussein (buteur face à la Norvège, ndlr) et Mohamad Ali : cette équipe a un style peut-être plus européen que l'Arabie Saoudite ou le Qatar, par exemple."
Cela n'est pas forcément un hasard. Avant l'arrivée de Graham Arnold sur le banc, l'Irak avait comme sélectionneur l'Espagnol Jesus Casas, et si la majorité des internationaux évoluent en Irak ou dans d'autres championnats asiatiques, ils sont plusieurs à jouer en Europe. "Il y en a en Pologne (Ali et Al-Amrani), aux Pays-Bas (Iqbal), en République Tchèque (Doski), en Scandinavie, et Al-Hamadi est à Luton, en Championship anglaise. C'est un effectif qui a une vraie qualité, avec des joueurs qui sont dans de bonnes ligues européennes", glisse Karim El-Idrissi, l'analyste vidéo français de la Jordanie. "Cette sélection, on l'a affrontée deux fois en qualifications pour le Mondial et lors de la Coupe arabe de la Fifa en décembre, et nous avons plusieurs joueurs qui évoluent en Irak, on la connaît parfaitement bien. Elle peut jouer en 4-3-3, en 4-4-2. On peut dire qu'elle a d'assez bons arguments techniques, et elle est efficace sur les coups de pieds arrêtés. Elle peut être en revanche friable en défense Physiquement, mentalement, elle m'a toujours fait bonne impression". Le long chemin parcouru lors des qualifications en est une preuve significative, et cela n'a pas échappé à ses adversaires.
Moins d'audace face à la France ?
Hervé Renard n'est pas surpris par ce trait de caractère qu'il a pu observer chez les Lions de Mésopotamie. "On sent une immense fierté chez les joueurs de porter le maillot de la sélection nationale. Ils ne lâchent rien. Est-ce dû à l'histoire compliquée du pays, ces dernières décennies ? C'est fort possible." L'Irak a posé des problèmes à la Norvège, beaucoup plus que le score final ne le laisse supposer. Il n'a jamais fermé le jeu, faisant le choix d'attaquer le plus possible, quitte à laisser beaucoup d'espaces aux joueurs de Stale Solbakken. Les Lions de Mésopotamie pourront-ils en faire autant face à la France, qui a écarté le Sénégal (3-1) après une seconde période aussi aboutie que la première fût ratée ?
À cette époque, l'Irak était une des meilleures équipes d'Asie, avec à son palmarès plusieurs titres lors des Jeux Asiatiques, de la Coupe du Golfe et de la Coupe arabe, un quart de finale à l'occasion des Jeux Olympiques de 1980 à Moscou. Et s'ils devaient échouer au premier tour de la Coupe du monde comme en 1986, les joueurs irakiens sont assurés de ne pas subir comme leurs aînés la colère d'Oudaï Hussein, fils de l'ancien dictateur Saddam Hussein et psychopathe notoire, président du Comité national olympique et qui n'hésitait pas à faire torturer les internationaux quand leurs performances n'étaient pas à la hauteur de ses attentes.
Renard : "Une équipe mentalement très forte"
"L'Irak, c'est un pays de football, capable de produire de bons joueurs, de gagner des trophées, comme la Coupe d'Asie en 2007. Sa sélection est d'un bon niveau et elle est allée chercher une qualification après avoir fourni beaucoup d'efforts. Ce qui veut dire qu'elle est mentalement très forte", résume Hervé Renard, nommé sélectionneur de la Tunisie après le limogeage de Sabri Lamouchi suite à la déroute contre la Suède le 14 juin (1-5). Le Français, qui avait qualifié l'Arabie Saoudite pour la phase finale, avait été limogé en avril dernier, quelques mois après avoir affronté l'Irak lors du quatrième tour des éliminatoires à Riyadh (0-0).
L'Arabie Saoudite s'était qualifiée, obligeant les Irakiens à passer par un tour supplémentaire contre les Emirats Arabes Unis pour espérer disputer l'ultime round à Monterrey face au vainqueur de Bolivie-Suriname. "Sincèrement, je pensais que cette équipe allait se qualifier directement. Elle m'avait fait une très bonne impression quand nous l'avions affrontée avec les Philippes au deuxième tour", intervient le Belge Tom Saintfiet, alors sélectionneur de la modeste équipe d'Asie du sud-est, deux fois battue par les Irakiens (0-1, 0-5). "Solide défensivement, pas facile à bouger, avec une bonne qualité technique au milieu et deux attaquants dangereux, très complémentaires, Aymen Hussein (buteur face à la Norvège, ndlr) et Mohamad Ali : cette équipe a un style peut-être plus européen que l'Arabie Saoudite ou le Qatar, par exemple."
Cela n'est pas forcément un hasard. Avant l'arrivée de Graham Arnold sur le banc, l'Irak avait comme sélectionneur l'Espagnol Jesus Casas, et si la majorité des internationaux évoluent en Irak ou dans d'autres championnats asiatiques, ils sont plusieurs à jouer en Europe. "Il y en a en Pologne (Ali et Al-Amrani), aux Pays-Bas (Iqbal), en République Tchèque (Doski), en Scandinavie, et Al-Hamadi est à Luton, en Championship anglaise. C'est un effectif qui a une vraie qualité, avec des joueurs qui sont dans de bonnes ligues européennes", glisse Karim El-Idrissi, l'analyste vidéo français de la Jordanie. "Cette sélection, on l'a affrontée deux fois en qualifications pour le Mondial et lors de la Coupe arabe de la Fifa en décembre, et nous avons plusieurs joueurs qui évoluent en Irak, on la connaît parfaitement bien. Elle peut jouer en 4-3-3, en 4-4-2. On peut dire qu'elle a d'assez bons arguments techniques, et elle est efficace sur les coups de pieds arrêtés. Elle peut être en revanche friable en défense Physiquement, mentalement, elle m'a toujours fait bonne impression". Le long chemin parcouru lors des qualifications en est une preuve significative, et cela n'a pas échappé à ses adversaires.
Moins d'audace face à la France ?
Hervé Renard n'est pas surpris par ce trait de caractère qu'il a pu observer chez les Lions de Mésopotamie. "On sent une immense fierté chez les joueurs de porter le maillot de la sélection nationale. Ils ne lâchent rien. Est-ce dû à l'histoire compliquée du pays, ces dernières décennies ? C'est fort possible." L'Irak a posé des problèmes à la Norvège, beaucoup plus que le score final ne le laisse supposer. Il n'a jamais fermé le jeu, faisant le choix d'attaquer le plus possible, quitte à laisser beaucoup d'espaces aux joueurs de Stale Solbakken. Les Lions de Mésopotamie pourront-ils en faire autant face à la France, qui a écarté le Sénégal (3-1) après une seconde période aussi aboutie que la première fût ratée ?
Sur cette question, Karim El-Idrissi se veut plus nuancé. "Ce sera très compliqué pour les Irakiens, qui seront cependant ultra motivés. Une équipe de France sérieuse et concentrée gagnera face à l'Irak, car entre les deux équipes, il y a une très grosse différence. Ils savent qu'ils ont peu de chances de prendre au moins un point. Avec la règle des huit meilleurs troisièmes, ils savent aussi que le match face au Sénégal pourrait leur permettre de se qualifier en cas de victoire." La réputation des attaquants français pourrait inciter Graham Arnold à faire preuve de davantage de prudence.
La France, grandissime favori de cette première confrontation de l'histoire entre les deux sélections, pourrait quant à elle obtenir son billet pour les 16e de finale en cas de victoire. "C'est une équipe très accrocheuse, contre laquelle il est préférable d'ouvrir le score rapidement", conclut Hervé Renard. "Il ne faudra pas la sous-estimer, elle n'aura rien à perdre. C'est aussi ce qui peut la rendre difficile à manœuvrer."
La France, grandissime favori de cette première confrontation de l'histoire entre les deux sélections, pourrait quant à elle obtenir son billet pour les 16e de finale en cas de victoire. "C'est une équipe très accrocheuse, contre laquelle il est préférable d'ouvrir le score rapidement", conclut Hervé Renard. "Il ne faudra pas la sous-estimer, elle n'aura rien à perdre. C'est aussi ce qui peut la rendre difficile à manœuvrer."


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