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Emmanuel Macron soutient l'abrogation du Code noir mais appelle à la prudence sur les réparations

Rédigé par Dakarposte le Vendredi 22 Mai 2026 à 15:54 modifié le Vendredi 22 Mai 2026 - 15:58

Les appels se multiplient pour que le président français, dont le deuxième et dernier mandat de cinq ans prend fin l'année prochaine, engage un dialogue officiel sur la manière dont la France devrait faire face à l'héritage durable de l'esclavage.


Le président Emmanuel Macron a approuvé jeudi l'abrogation symbolique des décrets royaux régissant l'esclavage dans les colonies françaises, alors que la France se confronte à son histoire et à la question sensible des réparations.

Promulgué en 1685 sous Louis XIV, le "Code noir" organisait et encadrait l’esclavage dans les colonies françaises. Bien que devenu juridiquement caduc depuis l’abolition de l’esclavage en 1848, il n’a jamais été formellement abrogé. Aujourd’hui encore, des voix s’élèvent pour demander sa suppression officielle, au nom d’un travail de mémoire et de justice.

Les appels se multiplient, plus largement, pour que le locataire de l'Élysée, dont le second et dernier mandat de cinq ans s'achève l'année prochaine, engage un dialogue formel sur la manière dont la France doit répondre à l'héritage persistant de l'esclavage.

Les Français étaient les troisièmes plus grands négriers d'Europe, après les Britanniques et les Portugais.

La France a aboli l'esclavage en 1794 lors de la Révolution française, mais Napoléon Bonaparte a ordonné l'envoi de troupes en Guadeloupe, dans les Caraïbes, en 1802, afin d'y rétablir cette pratique.

La France abolit ensuite définitivement l'esclavage en 1848.


En 2001, la France est devenue le premier pays au monde à reconnaître l'esclavage et la traite négrière comme des « crimes contre l'humanité », sans toutefois verser de réparations.

Célébrant jeudi au palais de l'Élysée le 25e anniversaire de cette "loi Taubira" reconnaissant la traite négrière et l'esclavage comme crime contre l'humanité, Emmanuel Macron a déclaré que le maintien en vigueur des décrets royaux, quand bien même sans effets juridiques, constituait « une faute », « une forme d’offense » et « une trahison de ce qu’est la République ».

« C’est pourquoi je demande au gouvernement de faire sienne la proposition de loi visant à abroger le Code noir, qui doit être débattue le 28 mai prochain à l’Assemblée nationale », a-t-il affirmé.

Mercredi, les députés de la commission des lois de l'Assemblée nationale ont à l'unanimité approuvé le projet de loi, qui doit désormais être soumis au vote des deux chambres.


Le président français a également déclaré qu'il ne fallait pas éluder l'« immense question » des réparations : la question des réparations devait être abordée, mais a mis en garde contre les « fausses promesses ».

« Nous devons avoir l'honnêteté de nous dire qu'on ne pourra jamais réparer ce crime totalement, parce que c'est impossible. On ne pourra jamais le chiffrer, ni trouver les mots pour clore cette histoire. »

Emmanuel Macron a indiqué qu'il n'avait pas encore pris de décision définitive concernant les réparations.


Également présente à la cérémonie, l'ex-ministre de la Justice Christiane Taubira, dont la loi porte le nom, a, de son côté, évoqué la résolution adoptée fin mars par l'Assemblée générale de l'ONU, à l'initiative du Ghana, qui fait de l'esclavage et la traite des Africains "les plus graves crimes contre l'humanité".

La France (et d'autres pays européens) s'était abstenue, au motif qu'elle ne veut pas de hiérarchie entre les crimes contre l'humanité, une position assumée jeudi par Emmanuel Macron.

"On ne peut pas ne pas entendre ce qu'il y a derrière, qui est justement une demande de justice, toujours de réparation", a cependant reconnu le chef de l'Etat. Il a annoncé le lancement, avec le Ghana, d'un "travail scientifique international" pour "faire des recommandations très concrètes aux décideurs politiques", sans dire précisément s'il s'agirait de recommandations sur d'éventuelles réparations.



Macron a pourtant rappelé avoir lancé il y a un an un travail d’historiens pour évaluer « le prix » de la liberté imposé par la France à Haïti, qui lui sera remis en décembre.

La France, qui compte près de 70 millions d'habitants, s'est longtemps efforcée d'être une société non-discriminatoire, où la discrimination raciale est censée être taboue.

Cependant, des observateurs et des militants des droits humains ont mis en lumière un racisme encore profondément enraciné dans le pays.

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