La formule d’un pouvoir que l'on croyait immuable vient de se fissurer publiquement. Lundi dernier, le pays de Galles a gravé son nom en tête d'une contestation historique en devenant la première fédération à rompre officiellement son allégeance envers Gianni Infantino.
Dénonçant sans ambages des « manquements en matière de bonne gouvernance, de procédures et de leadership », la fédération galloise a scellé son refus de porter la candidature du dirigeant italo-suisse pour le mandat 2027-2031. « Ne pas placer les meilleurs intérêts du football au premier plan est un manquement que nous ne pouvons accepter », ont fustigé les instances de Cardiff, actant un divorce qui résonne déjà comme un séisme politique.
Cette défection initiale a agi comme le catalyseur d'un ressentiment plus vaste. Dans un élan de fronde concertée, la Serbie et la Suède ont emboîté le pas au sillage gallois.
À Belgrade, le revirement est d'autant plus cruel qu'il désavoue une promesse écrite datée du 25 mai dernier. Évoquant un examen minutieux d’événements ayant « gravement porté atteinte à l’image et à la réputation de la FIFA », la Fédération serbe a qualifié son retrait de « seule ligne de conduite logique et rationnelle ».
À Stockholm, le constat de la Fédération suédoise (SvFF), dressé lors d'un conseil d'administration extraordinaire, s'avère tout aussi impitoyable : la confiance s’est évaporée face aux « lacunes récurrentes en matière de gestion, de transparence et de gouvernance ».
L'hubris de la finance et le spectre du désaveu
Au point d'origine de cette désaffection massive se trouve l'ambitieux et controversé projet de céder une part de l'âme commerciale de l'institution à des capitaux privés. Baptisée FIFA Forward Enterprise (FFE), cette réforme prévoyait la création d'une entité satellite destinée à régir les activités mercantiles de la fédération internationale, incluant la vitrine prestigieuse des Coupes du monde.
En ouvrant le capital à des investisseurs minoritaires, l'édifice espérait lever jusqu'à 4,2 milliards de dollars sur la base d'une valorisation vertigineuse de 20 milliards. Une manne financière que la direction promettait de redistribuer aux 211 associations membres, mais qui a été perçue par beaucoup comme une dangereuse marchandisation du sport roi.
Devant la levée de boucliers et la menace d'un schisme, Gianni Infantino a consenti samedi à capituler en rase campagne, actant le retrait pur et simple du projet. Reconnaissant avec amertume une proposition ayant « créé des divisions », le président s'est fendu d'un plaidoyer empreint de componction : « Notre objectif a toujours été – et sera toujours – d’unir et d’améliorer ». Une retraite stratégique qui n’a cependant pas suffi à apaiser le courroux des grands corps européens.
Le réquisitoire de l'UEFA
L'UEFA, entrée en résistance ouverte, a salué ce renoncement tout en sonnant la charge pour l'avenir. Par un communiqué au vitriol, l'instance européenne a fustigé des « projets secrets menés au pas de course, concoctés par des individus invisibles ». Exigeant que les responsabilités soient formellement établies, l'organisation continentale a porté l'estocade en affirmant que l'actuelle direction avait désormais « perdu la confiance de l’UEFA, mais aussi celle de nombreux autres membres de la famille du football ».
Alors que l'horizon de l'élection présidentielle de la FIFA se dessine à Rabat en mars prochain, la solitude de Gianni Infantino commence à poindre. La citadelle que l'on pensait imprenable vacille sous les assauts d'une exigence éthique et démocratique, rappelant aux maîtres du football mondial que le jeu ne saurait se plier indéfiniment aux seules lois du marché.
Dénonçant sans ambages des « manquements en matière de bonne gouvernance, de procédures et de leadership », la fédération galloise a scellé son refus de porter la candidature du dirigeant italo-suisse pour le mandat 2027-2031. « Ne pas placer les meilleurs intérêts du football au premier plan est un manquement que nous ne pouvons accepter », ont fustigé les instances de Cardiff, actant un divorce qui résonne déjà comme un séisme politique.
Cette défection initiale a agi comme le catalyseur d'un ressentiment plus vaste. Dans un élan de fronde concertée, la Serbie et la Suède ont emboîté le pas au sillage gallois.
À Belgrade, le revirement est d'autant plus cruel qu'il désavoue une promesse écrite datée du 25 mai dernier. Évoquant un examen minutieux d’événements ayant « gravement porté atteinte à l’image et à la réputation de la FIFA », la Fédération serbe a qualifié son retrait de « seule ligne de conduite logique et rationnelle ».
À Stockholm, le constat de la Fédération suédoise (SvFF), dressé lors d'un conseil d'administration extraordinaire, s'avère tout aussi impitoyable : la confiance s’est évaporée face aux « lacunes récurrentes en matière de gestion, de transparence et de gouvernance ».
L'hubris de la finance et le spectre du désaveu
Au point d'origine de cette désaffection massive se trouve l'ambitieux et controversé projet de céder une part de l'âme commerciale de l'institution à des capitaux privés. Baptisée FIFA Forward Enterprise (FFE), cette réforme prévoyait la création d'une entité satellite destinée à régir les activités mercantiles de la fédération internationale, incluant la vitrine prestigieuse des Coupes du monde.
En ouvrant le capital à des investisseurs minoritaires, l'édifice espérait lever jusqu'à 4,2 milliards de dollars sur la base d'une valorisation vertigineuse de 20 milliards. Une manne financière que la direction promettait de redistribuer aux 211 associations membres, mais qui a été perçue par beaucoup comme une dangereuse marchandisation du sport roi.
Devant la levée de boucliers et la menace d'un schisme, Gianni Infantino a consenti samedi à capituler en rase campagne, actant le retrait pur et simple du projet. Reconnaissant avec amertume une proposition ayant « créé des divisions », le président s'est fendu d'un plaidoyer empreint de componction : « Notre objectif a toujours été – et sera toujours – d’unir et d’améliorer ». Une retraite stratégique qui n’a cependant pas suffi à apaiser le courroux des grands corps européens.
Le réquisitoire de l'UEFA
L'UEFA, entrée en résistance ouverte, a salué ce renoncement tout en sonnant la charge pour l'avenir. Par un communiqué au vitriol, l'instance européenne a fustigé des « projets secrets menés au pas de course, concoctés par des individus invisibles ». Exigeant que les responsabilités soient formellement établies, l'organisation continentale a porté l'estocade en affirmant que l'actuelle direction avait désormais « perdu la confiance de l’UEFA, mais aussi celle de nombreux autres membres de la famille du football ».
Alors que l'horizon de l'élection présidentielle de la FIFA se dessine à Rabat en mars prochain, la solitude de Gianni Infantino commence à poindre. La citadelle que l'on pensait imprenable vacille sous les assauts d'une exigence éthique et démocratique, rappelant aux maîtres du football mondial que le jeu ne saurait se plier indéfiniment aux seules lois du marché.


Crépuscule sur l’empire Infantino : la fronde des fédérations ébranle la FIFA
