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Grève des sous-traitants de Sonatel : la colère gronde chez les techniciens, l'entreprise rappelle l'absence de lien contractuel direct

Rédigé par Dakarposte le Mercredi 5 Août 2026 à 12:16 modifié le Mercredi 5 Août 2026 - 14:16

Le malaise social s'installe durablement dans l'univers de la sous-traitance de Sonatel. À l'appel de leurs représentants, les techniciens intervenant sur les réseaux de télécommunications ont entamé, ce mercredi, une grève de quarante-huit heures afin de dénoncer ce qu'ils qualifient de dégradation continue de leurs conditions de travail et de leur rémunération.

À l'origine de cette mobilisation figure un profond sentiment de frustration nourri par plusieurs années de revendications demeurées, selon eux, sans réponse. Les grévistes préviennent d'ores et déjà que le mouvement pourrait être reconduit si aucune avancée concrète n'intervient à l'issue des deux journées de cessation d'activité.

Joint par notre rédaction, Paul M. représentant et porte-parole des techniciens du Sénégal, explique que la principale pierre d'achoppement demeure la baisse successive des tarifs appliqués aux prestations techniques.

Selon lui, la diminution des montants versés pour les opérations d'installation a considérablement affecté les revenus des techniciens. « Nous rejetons catégoriquement cette baisse continue des tarifs imposés aux prestataires et réclamons une revalorisation salariale juste et équitable », affirme-t-il.

Au-delà de la question financière, les grévistes dénoncent également un climat qu'ils jugent marqué par un manque de considération et une pression permanente exercée sur les équipes techniques.

Les techniciens estiment exercer l'un des métiers les plus exposés du secteur des télécommunications. Qu'il s'agisse du déploiement de la fibre optique, des interventions sur les réseaux ADSL ou des travaux liés aux infrastructures énergétiques, ils rappellent que leurs missions s'effectuent quotidiennement en hauteur, sur des poteaux ou au moyen d'équipements présentant des risques importants.

Selon leur porte-parole, cette exposition ne s'accompagne pourtant d'aucune protection suffisante.

Les grévistes affirment ne bénéficier ni d'une prime de risque, ni d'une couverture médicale adaptée, ni d'une prise en charge satisfaisante en cas d'accident du travail.

« Lorsqu'un technicien chute d'un poteau ou est victime d'un accident, il se retrouve souvent livré à lui-même. Beaucoup ne disposent d'aucune assurance maladie ni d'une véritable protection sociale », déplore Paul.

Les représentants des techniciens dénoncent également les conditions dans lesquelles s'exerce la sous-traitance. Ils soutiennent que nombre d'entre eux travaillent sans contrat de travail formalisé et affirment que plusieurs équipes ne seraient même pas répertoriées auprès de l'Inspection du travail.

« Nous demandons avant tout le respect de nos droits. Nous contribuons chaque jour au fonctionnement des réseaux de télécommunications du pays. Nous méritons d'exercer notre métier dans des conditions dignes et conformes à la législation », insiste leur porte-parole.

Interpellée sur ces accusations, Sonatel apporte une lecture différente de la situation.

Contactée par notre rédaction, l'entreprise rappelle qu'elle n'entretient aucun lien contractuel direct avec les employés des sociétés de sous-traitance auxquelles elle confie certaines prestations techniques.

Le groupe précise que les techniciens concernés relèvent juridiquement de leurs employeurs respectifs, lesquels demeurent responsables de leurs obligations sociales, salariales et réglementaires.

Tout en rassurant sa clientèle quant à la continuité des services, Sonatel réaffirme respecter l'ensemble de ses obligations légales et sociales. L'entreprise indique également veiller à ce que les sociétés partenaires avec lesquelles elle collabore adhèrent aux mêmes exigences en matière de conformité et de responsabilité.

À défaut d'un dialogue susceptible d'apaiser les tensions, les représentants des techniciens préviennent que le mouvement pourrait être prolongé au-delà des quarante-huit heures initialement annoncées.

Une perspective qui laisse entrevoir de nouvelles discussions entre les différents acteurs de la chaîne de sous-traitance afin de trouver une issue à un conflit social dont les répercussions pourraient affecter l'activité du secteur des télécommunications.

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