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GABON - Ali Bongo devance le FMI par une violente cure d’austérité

Mardi 10 Juillet 2018

Président d’un pays miné par une dette intérieure colossale, Ali Bongo a lancé des mesures draconiennes pour réduire le train de vie de l’Etat.

ACTUALITÉ

Ce sont nos confrères de la Lettre du Continent qui vendent la mèche. Les décisions antisociales prises par Ali Bongo visent en réalité à donner des gages au Fonds monétaire internatio- nal (FMI) qui, comme pour le Congo-B, suit le dossier gabonais à la loupe depuis plusieurs mois. Le président gabonais doit ainsi engager de nombreuses réformes dans la fonction publique, considérée comme la plus pléthorique des quinze Etats membres de la Zone franc. Doté de 1,8 million d’habitants, le pays compte plus de 100 000 agents, soit un ratio de 55 fonctionnaires pour 1 000 habitants. Comparativement, le Cameroun voisin (22 millions d’habi- tants) ne compte que treize fonction- naires pour 1 000 habitants.

Parallèlement, nous apprend la Lettre du Continent, le président gabonais devrait réduire la taille du gouvernement et abaisser les effectifs des cabinets ministériels ainsi que ceux des entre- prises publiques. Une baisse 15% des salaires de toutes les autorités institution- nelles (ministres, députés, sénateurs...) a par ailleurs été annoncée à l’issue du conseil des ministres du 21 juin, tout comme la suspension des recrutements dans la fonction publique. Objectif : réaliser une économie de 70 milliards F CFA (106 millions €) par an sur la masse salariale de l’Etat.

Autre volet de cette réforme : la lutte contre une corruption endémique. Depuis le 28 juin et jusqu’au 31 août, la nouvelle Cour criminelle spéciale basée à Libreville devait juger les per- sonnalités (anciens ministres, hauts fonc- tionnaires...) arrêtées dans le cadre de l’opération Mamba de lutte contre ce fléau. Sur les huit procès programmés, le plus attendu est celui de Magloire Ngambia. Il est fixé au 7 août. Incarcéré depuis janvier 2017 à la prison centrale de Libreville, l’ancien ministre de la pro- motion des investissements, des trans- ports, des travaux publics et de l'aménagement du territoire doit répondre d’une accusation de détournement de fonds publics de plus de 750 millions €. Ce dernier est proche de l’ex-directeur de cabinet présidentiel Maixent Accrombessi, actuel haut représentant du chef de l’Etat, qui devrait être cité à comparaître comme témoin.
Mamadou Ndiaye

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