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Sommet "format Normandie" à Paris : que faut-il en attendre ?

Après trois ans de gel des négociations sur le conflit dans l'Est ukrainien, une réunion au format Normandie entre les dirigeants russe Vladimir Poutine et ukrainien Volodymyr Zelensky, avec le président Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel, est prévue, lundi.

ACTUALITÉ

Sommet "format Normandie" à Paris : que faut-il en attendre ?
Le président Emmanuel Macron réunira, le 9 décembre à l’Élysée, ses homologues russe Vladimir Poutine et ukrainien Volodymyr Zelensky, en présence de la chancelière allemande Angela Merkel. Le but du duo franco-allemand est de relancer les pourparlers de paix sur le seul conflit armé actif d'Europe et qui a fait plus de 13 000 morts dans l'est de l'Ukraine depuis 2014.

Ce sommet au format dit "de Normandie" – du nom de la région française où la première réunion regroupant les dirigeants des quatre pays s'était tenue en 2014, en marge des cérémonies sur les plages du Débarquement  sera le premier du genre après trois ans de gel des négociations. Il s’agira également de la première rencontre entre le nouveau président ukrainien et le maître du Kremlin.


La reprise des discussions est vue avec optimisme, tant le président français et la chancelière allemande ont œuvré dans l’espoir de relancer la mise en œuvre complète des accords de paix de Minsk, signés le 12 février 2015.

Les négociations à Paris vont se concentrer sur le contenu de ces accords qui prévoyaient un cessez-le-feu immédiat dans l’est de l’Ukraine, le retrait des armes lourdes, la restauration du contrôle de Kiev sur la frontière avec la Russie, et une autonomie accrue pour les territoires sous contrôle séparatiste. Or, si ces accords ont permis une réduction significative des violences, leur volet politique n'a jamais été appliqué.

Depuis l’élection de Volodymyr Zelensky à la présidence de l'Ukraine, en avril, une certaine détente s’est installée entre Kiev et Moscou, symbolisée par un échange de 70 prisonniers, le retrait des troupes des belligérants dans trois petits secteurs de la ligne de front, et la remise des navires de guerre ukrainiens saisis par la Russie.

Des avancées facilitées par le profil de l’ancien comédien novice en politique, qui tranche avec celui de son prédécesseur et rival lors de la dernière présidentielle Petro Porochenko, partisan d'une ligne dure face à la Russie, Moscou ayant annexé la Crimée en 2014.

Zelensky sur le front ukrainien avant le sommet de Paris

Toujours est-il que la marge de manœuvre de Volodymyr Zelensky semble réduite, tant il se sait épié par l’opinion publique de son pays, qui le jugera sur sa capacité à discuter d’égal à égal avec le maître du Kremlin, et qui ne lui pardonnera pas de se plier aux conditions fixées par Moscou.

C’est dans ce contexte que le président ukrainien, qui souhaite mettre fin rapidement au conflit, s'est rendu, vendredi, sur le front dans l'est de l'Ukraine, où il a rendu visite à ses troupes (en Ukraine, le chef de l’État est selon la Constitution le chef des armées). "C'est plus facile de négocier en ressentant votre force et votre soutien", a-t-il lancé depuis la localité de Chasiv Yar, en tenue de camouflage.

Plus tôt dans la semaine, il avait estimé que l'organisation de pourparlers était "une première victoire". Alors que l’Ukraine entend recouvrer sa souveraineté sur l’ensemble du territoire, Volodymyr Zelensky a simplement indiqué vouloir dans un premier temps que les pourparlers de Paris se concentrent sur trois points : un nouvel échange de prisonniers, la mise en œuvre d'un cessez-le-feu durable, et le démantèlement de tout groupe armé "illégalement" en territoire ukrainien. Donc implicitement les séparatistes prorusses et leurs parrains russes.

L'Occident et l'Ukraine accusent Moscou de financer et d'armer les rebelles, ce que la Russie nie, affirmant jouer un rôle politico-humanitaire pour protéger les populations russophones locales.

Vladimir Poutine avait concédé "un optimisme prudent" sur le dossier des régions séparatistes prorusses après ses premiers contacts avec son homologue ukrainien. Mais le président russe est peu loquace sur ses intentions, même si à Moscou la priorité est de conserver une influence chez son voisin, en insistant notamment sur la question de l'autonomie et de la tenue d'élections dans les régions séparatistes de Donetsk et Lougansk. Son porte-parole Dmitri Peskov a évoqué l'adoption d'un éventuel "document non contraignant" à l'issue du sommet, tout en soulignant devant la presse qu’il n’y avait pas, du point de vue de la Russie, d’alternatives aux accords de Minsk.

Pour Emmanuel Macron, la rencontre aura valeur de test pour son initiative diplomatique visant à "réarrimer la Russie à l'Europe", alors que les relations entre Moscou et l’UE sont quasi-paralysées depuis l'annexion de la Crimée ukrainienne.

Cité par l’AFP, Konstantin Kalatchev, directeur du Groupe d'expertise politique à Moscou, juge néanmoins "qu’il serait naïf de penser qu'Emmanuel Macron puisse exercer une influence quelconque sur Vladimir Poutine" dans l’ambition de rapprocher la Russie et l'UE. Il se dit aussi sceptique quant à un dénouement rapide du conflit ukrainien : "Vladimir Poutine n'a pas intérêt à ce que ce conflit s'aggrave, mais il souhaite que tout règlement se fasse selon ses conditions à lui", estime-t-il.
Mamadou Ndiaye

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