Au pays des lignes droites, Didier Deschamps va-t-il maintenir sa trajectoire ? Engagé dans un changement d’identité profond de son équipe, le sélectionneur a choisi l’audace plutôt que la patience en Amérique. Quatre attaquants d’entrée, une liste qui penche furieusement vers l’avant et deux milieux seulement pour protéger le coffre-fort. Ça ne ressemble ni aux Bleus ni à Didier Deschamps. Et même s’il répète qu’au Qatar "on jouait déjà avec quatre offensifs dans le onze", personne ne se sacrifiera comme Antoine Griezmann à la perte du ballon. La comparaison touche ici ses limites.
Aujourd’hui, il n’est pas question de toucher au système. Face au Sénégal, les Bleus débuteront avec Mbappé, Dembélé, Olise et Doué (ou Barcola). C’est le cas depuis plus d’un an désormais et si le résultat reste globalement emballant, la France encaisse beaucoup trop de buts. La mise en place du système date de France – Croatie en mars 2025. Depuis, les Bleus encaissent exactement un but par match dont trois face à l’Islande, un face à l’Azerbaïdjan ou l’Irlande du Nord, deux contre la Côte d’Ivoire et cinq face à l’Espagne.
C’est beaucoup, c’est trop quand on se rappelle que les champions du monde 2018 n’ont encaissé que cinq buts en sept matches face à des adversaires autrement plus qualifiés. Plus que les pions qu’ils encaissent, c’est la faculté des Bleus à se mettre en danger sur chaque transition adverse qui interroge. L’infériorité au milieu de terrain reste le point le plus sensible de ce schéma. Aurélien Tchouaméni et Adrien Rabiot ont beau avoir toutes les qualités du monde, ils ne sont pas magiciens. L’Irlande du Nord a insisté dans l’axe, les Ivoiriens avaient ciblé les côtés. Les deux sélections ont plutôt bien réussi leur mission.
Face au Sénégal, le champion d’Afrique, et la Norvège, sensation des éliminatoires et meilleure attaque de la zone Europe avec 37 buts marqués en 8 matches, le risque se situe précisément là. Mais Deschamps a toujours été très clair. Même lorsque l’Espagne venait de lui en coller cinq en 90 minutes, une première depuis 1969 pour les Bleus (!), le sélectionneur fixait le cap en juin 2025 : "Il faudra trouver le juste équilibre parce qu'on est portés vers l'avant, expliquait-il après la défaite en conférence de presse. Mais je ne veux pas renoncer à ça, parce qu'on a cette qualité-là." Le juste équilibre n’a pas encore été trouvé mais Deschamps n’a pas renoncé.
Liquider l'Euro 2024 pour de bon
Voilà quelques temps que la caravane des Bleus estime qu’il finira par craquer. Il a deux options : la bonne vieille recette en plaçant Rabiot à gauche et en intégrant Kanté dans l’axe ou en passant en 4-3-3 pour un revirement qui nécessitera davantage d’adaptation. Le match face au Sénégal délivrera une bonne partie des réponses car, traditionnellement, l’équipe qui débute le tournoi n’est jamais celle qui l’achève. En 2018, Deschamps était parti en conquête avec un onze plus audacieux (Tolisso et Dembélé) avant de fermer la boutique le match suivant (Matuidi ailier gauche).
Mais aujourd’hui, l’idée de départ est claire. Son virage n’est plus seulement tactique : il est structurel. Sa liste elle-même raconte un choix assumé vers l’avant. La tentation est trop grande d’associer le Ballon d’Or (Dembélé), le Golden Boy (Doué), le meilleur buteur (Mbappé) et le meilleur passeur (Olise) de la Ligue des champions pour changer brusquement d’orientation sans y être forcé par les événements.
Et puis Deschamps a le souvenir acide d’un Euro 2024 où ses Bleus avaient atteint la demi-finale sans jamais faire lever les foules. Les critiques avaient été dures à son égard. Pour sa dernière, il veut sans doute laisser un autre héritage. Un raisonnement qui, lui aussi, se heurtera à la réalité du tournoi. Jusqu’où ses Bleus assumeront-ils ? A la première grosse secousse. Ils ne s’obstineront pas aveuglément. Ce n’est pas le genre de la maison.
Aujourd’hui, il n’est pas question de toucher au système. Face au Sénégal, les Bleus débuteront avec Mbappé, Dembélé, Olise et Doué (ou Barcola). C’est le cas depuis plus d’un an désormais et si le résultat reste globalement emballant, la France encaisse beaucoup trop de buts. La mise en place du système date de France – Croatie en mars 2025. Depuis, les Bleus encaissent exactement un but par match dont trois face à l’Islande, un face à l’Azerbaïdjan ou l’Irlande du Nord, deux contre la Côte d’Ivoire et cinq face à l’Espagne.
C’est beaucoup, c’est trop quand on se rappelle que les champions du monde 2018 n’ont encaissé que cinq buts en sept matches face à des adversaires autrement plus qualifiés. Plus que les pions qu’ils encaissent, c’est la faculté des Bleus à se mettre en danger sur chaque transition adverse qui interroge. L’infériorité au milieu de terrain reste le point le plus sensible de ce schéma. Aurélien Tchouaméni et Adrien Rabiot ont beau avoir toutes les qualités du monde, ils ne sont pas magiciens. L’Irlande du Nord a insisté dans l’axe, les Ivoiriens avaient ciblé les côtés. Les deux sélections ont plutôt bien réussi leur mission.
Face au Sénégal, le champion d’Afrique, et la Norvège, sensation des éliminatoires et meilleure attaque de la zone Europe avec 37 buts marqués en 8 matches, le risque se situe précisément là. Mais Deschamps a toujours été très clair. Même lorsque l’Espagne venait de lui en coller cinq en 90 minutes, une première depuis 1969 pour les Bleus (!), le sélectionneur fixait le cap en juin 2025 : "Il faudra trouver le juste équilibre parce qu'on est portés vers l'avant, expliquait-il après la défaite en conférence de presse. Mais je ne veux pas renoncer à ça, parce qu'on a cette qualité-là." Le juste équilibre n’a pas encore été trouvé mais Deschamps n’a pas renoncé.
Liquider l'Euro 2024 pour de bon
Voilà quelques temps que la caravane des Bleus estime qu’il finira par craquer. Il a deux options : la bonne vieille recette en plaçant Rabiot à gauche et en intégrant Kanté dans l’axe ou en passant en 4-3-3 pour un revirement qui nécessitera davantage d’adaptation. Le match face au Sénégal délivrera une bonne partie des réponses car, traditionnellement, l’équipe qui débute le tournoi n’est jamais celle qui l’achève. En 2018, Deschamps était parti en conquête avec un onze plus audacieux (Tolisso et Dembélé) avant de fermer la boutique le match suivant (Matuidi ailier gauche).
Mais aujourd’hui, l’idée de départ est claire. Son virage n’est plus seulement tactique : il est structurel. Sa liste elle-même raconte un choix assumé vers l’avant. La tentation est trop grande d’associer le Ballon d’Or (Dembélé), le Golden Boy (Doué), le meilleur buteur (Mbappé) et le meilleur passeur (Olise) de la Ligue des champions pour changer brusquement d’orientation sans y être forcé par les événements.
Et puis Deschamps a le souvenir acide d’un Euro 2024 où ses Bleus avaient atteint la demi-finale sans jamais faire lever les foules. Les critiques avaient été dures à son égard. Pour sa dernière, il veut sans doute laisser un autre héritage. Un raisonnement qui, lui aussi, se heurtera à la réalité du tournoi. Jusqu’où ses Bleus assumeront-ils ? A la première grosse secousse. Ils ne s’obstineront pas aveuglément. Ce n’est pas le genre de la maison.


Equipe de France - Jusqu'où les Bleus assumeront leur déséquilibre offensif ?
