En 2022, l’édition qatarienne avait été décalée en hiver pour éviter la chaleur extrême qui peut tabasser cette région désertique en été. Mais il ne fait pas chaud qu’au Moyen-Orient : le Mondial 2026 sera un défi physique et mental pour les joueurs.
Les conditions climatiques, souvent critiques dans plusieurs localités nord-américaines, devraient rudoyer les corps, surtout en plein effort. Elles s’imposent comme un enjeu central de la grande compétition.
Chaleur, humidité, pollution : les joueurs poussés vers leurs limites physiques
« Par rapport aux précédentes Coupes du monde, explique Paquito Bernard, docteur en sciences du sport, spécialiste des liens entre changement climatique et santé, il y a au moins deux gros facteurs qui vont influencer la santé des joueurs et des supporters : la chaleur extrême et la qualité d’air dégradée. » Cette dernière peut provenir des émissions urbaines (Mexico) ou de potentiels feux de forêts (Californie). Miami, Dallas, Houston, Atlanta mais aussi New York, Mexico, Monterrey : beaucoup de villes sont exposées à différents aléas.
Selon une étude du World Weather Attribution, le laboratoire de référence dans le rôle du changement climatique, un quart des matches de la Coupe (26 sur 104) pourraient se jouer à 26°C WBGT (wet bulb-globe temperature, l'indice des températures humides extrêmes) et au-delà, et cinq autres à 28°C WBGT ou plus (environ 38°C en chaleur sèche). Des statistiques qui ont doublé par rapport à 1994, date du dernier Mondial sur le sol étatsunien. « Il ne s’agit pas seulement de journées chaudes isolées, insiste l’ONU-climat dans une communication. Les changements climatiques rendent la chaleur extrême plus fréquente, plus intense et plus dangereuse. La combustion du charbon, du pétrole et du gaz en est la principale cause. »
Issu du monde militaire et utilisé par la Fifa ou le Collège américain de médecine du sport, l’indice WBGT mesure la capacité du corps à évacuer la chaleur et à se refroidir. En plus de la température de l’air, mais intègre l’humidité, le vent et le rayonnement solaire. Il sert aussi à « évaluer la prise de risque à organiser des matches », précise Paquito Bernard.
Pour les joueurs, les risques peuvent être élevés et dangereux, rappelle l’étude du WWA mais aussi de nombreux scientifiques, dans une lettre ouverte transmise à la Fifa le 13 mai.
Médecin du sport, Jean-Marc Sène détaille le mécanisme à l’œuvre : « À l’effort, l’organisme doit maintenir sa température. L’exercice crée de la chaleur et, quand l’air est déjà brûlant, le corps peine à évacuer ce surplus. C’est pire quand l’air est humide, car les mécanismes d’évacuation de la chaleur sont diminués. La chaleur, sèche ou humide, pose un problème majeur à ces sportifs », même à ceux habitués aux latitudes tropicales.
« On a énormément souffert »
Alassane Ndour, ancien international sénégalais, qui a disputé la CAN 2002 au Mali et la Coupe du monde 2002 au Japon et en Corée du Sud, témoigne : « Quand il fait extrêmement chaud, on s’expose aux crampes et aux problèmes musculaires, parce que le muscle a besoin d’eau pour se régénérer. Le souffle est aussi très impacté. il devient difficile de se gérer sur la durée. C’est pour cela qu’on impose des pauses rafraîchissement. Mais ce ne sont pas des conditions optimales pour être à 100 %. »
De son côté, le chercheur à l’Inserm Paquito Bernard distingue les coups de chaleur (température corporelle supérieure à 40°C, vomissements, voire perte de conscience) qui peuvent être fatals, et l’épuisement par la chaleur (transpiration excessive, crampes, pouls rapide). « Ces symptômes sont difficiles à identifier et encore trop méconnus des staffs professionnels », prévient-il.
La Coupe du monde des clubs 2025, organisé aux États-Unis, avait déjà servi d’avertissement : une étude basée sur 57 matches et plus de mille observations de joueurs a montré que le WBGT moyen dépassait 28°C lors de 31 rencontres, exposant les joueurs à la souffrance climatique.
Alassane Ndour garde en mémoire un match particulièrement éprouvant : « Je me souviens d’un match de Coupe d’Afrique au Mali, Sénégal-Zambie. Il faisait une chaleur incroyable. On a gagné 1-0, mais on a énormément souffert. J’ai eu du mal à tenir les 90 minutes. Il faisait très chaud, très lourd, probablement plus de 40°C. C’était juste un match de poule, mais on en parle encore aujourd’hui tant la chaleur nous avait marqués. »
« Et si on ajoute la pollution, les contraintes respiratoires deviennent importantes, complète le médecin Jean-Marc Sène. C’est pour ça que l’acclimatation à la chaleur est essentielle : elle prend 10 à 14 jours. » Soit le délai entre la fin du championnat européen, où près de 70% des joueurs auront joué, et le début de la Coupe du monde. Bien trop court pour les équipes, en termes de récupération physique et de logistique.
Dans ce contexte, la Fifa a instauré des pauses rafraîchissantes de trois minutes à la 30e et à la 70e minute, quelles que soient les conditions. « C’est une avancée, parce que ça n’existait pas. Mais ces pauses ne sont probablement pas assez longues. Et surtout, elles ne sont pas contraignantes, regrette Jean-Marc Sène. On pourrait imaginer qu’en fonction du WBGT, on interrompt ou on reporte un match de manière non négociable, pour une cause purement médicale, avec un vrai pouvoir de décision pour le corps médical. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. » Le syndicat international des joueurs (Fifpro) plaide pour l’arrêt définitif des rencontres à partir de 28 °C WBGT. La Fifa, elle, ne prévoit aucun seuil.
Un « football-business » sous pression
Face à ces dangers, des joueurs commencent à hausser le ton. Le rapport d’ONG Terrains en péril a recueilli des témoignages, comme celui de l’international allemand Serge Gnabry. « Même pour des professionnels comme nous, les conditions de jeu deviennent de plus en plus extrêmes, observe-t-il. Jouer sous de telles températures est dangereux. Le football est plus qu’un jeu, c’est un moteur de rassemblement et d’espoir. Mais il nous montre aussi ce que nous pourrions perdre si la crise climatique continue. Il est temps d’agir. »
Cette prise de conscience rejoint les inquiétudes d’anciens internationaux, qui ont déjà connu des compétitions éprouvantes mais estiment qu’un cap est franchi. Alassane Ndour dénonce la logique actuelle : « On ne parle pas assez de la santé des joueurs dans le contexte du football-business. Chaque année, on rajoute des compétitions ou on modifie les formats, mais je n’ai jamais entendu qu’on en supprimait. »
« On a récemment vu l’arrivée de la nouvelle Coupe du monde des clubs, par exemple, dit-il encore. Les joueurs ne sont pas suffisamment pris en compte : ils jouent énormément. Ce sont pourtant eux les acteurs principaux, ceux qui font le spectacle. Il faudrait les mettre dans des conditions optimales, en diminuant le nombre de matches, en élargissant les effectifs, en autorisant plus de joueurs sur la feuille de match ou plus de remplaçants pour faire souffler ceux qui en ont besoin. »
Moins de tacles, des passes plus réussies
Pour lui, la chaleur ne sera pas un simple paramètre abstrait lors de ce Mondial, mais un facteur visible sur le terrain : « Les conditions climatiques vont forcément influencer la qualité du jeu. On voit déjà, en préparation, beaucoup de pépins physiques, des joueurs qui sortent sur blessure ou sur alerte. Plus la compétition avancera, plus la fatigue va peser : les joueurs auront enchaîné championnats, coupes européennes, puis Coupe du monde. On peut s’attendre à une baisse de régime et à un niveau parfois inférieur aux attentes. »
Dans une récente analyse, l’ONG Climate Central avance que le jeu de la quasi-totalité des matches (97 sur 104) sera ralenti par la chaleur, qu'elle soit humide ou sèche. La pression de jeu, le rythme, les remplacements, la récupération, la concentration et la prise de risques : de nombreux éléments en dépendent.
Citant des études des championnats australiens, japonais, espagnols ou turcs, Paquito Bernard indique qu’« entre 25 et 29°C WBGT, la qualité et l’intensité du jeu diminue. Il y a moins d’action, moins de distance à haute vitesse par les joueurs. Notre étude de la Coupe du monde des clubs de l’an dernier a montré que le couplage chaleur/humidité diminue vraiment la distance à haute intensité et la capacité pour un attaquant à faire les 20 ou 30 derniers mètres devant le but ». Le point fort d’un Mbappé, par exemple, pourrait s’en trouver affaibli. « Plus cet indicateur augmente, plus la nature du jeu et la performance des joueurs sont modifiées : les statistiques montrent qu’il y a moins de tacles, moins de passes, mais des passes plus réussies car plus courtes quand il fait très chaud. Il n’y a pas d’impacts en revanche sur le nombre de fautes ou de buts. »
Des supporters en première ligne
Le climat influe aussi directement sur le calendrier. Dans les zones les plus exposées, les matches ont été décalés, pour éviter les heures chaudes. « On voit clairement l’effort d’aligner les horaires des matches sur les inquiétudes liées à la santé et aux performances des joueurs », avait reconnu un porte-parole de la Fifpro, « une conséquence directe des leçons tirées du Mondial des clubs », fortement critiqué pour ses conditions de jeu.
Si quatre stades sont climatisés, aucun abord d'enceinte ne l'est : gradins, fan-zones, files d’attente, trajets, parkings, tout cela sur des sols systématiquement bétonnés. Le risque est aussi majeur pour les spectateurs, qui n’ont ni la condition physique, ni le confort sanitaire luxueux des athlètes. Encore que l'écart thermique entre les espaces très climatisés et les températures ambiantes peut être pire que tout.
Paquito Bernard rappelle que « la santé des joueurs et des spectateurs dépend des stratégies de planification, d’atténuation médicale, de politique locale et de prévention. Par exemple, autoriser - ou non - la consommation d’alcool pendant les matches va influencer les effets de déshydratation ».
Le service météo américain (NWS), dont une équipe est dédiée au Mondial, insiste donc sur la « prévention » auprès des supporters, notamment étrangers, peu familiers du climat local. À Dallas et Houston, ils auront une chance sur trois de suivre des matches par 28°C WBGT (environ 38 °C).
Les conditions climatiques, souvent critiques dans plusieurs localités nord-américaines, devraient rudoyer les corps, surtout en plein effort. Elles s’imposent comme un enjeu central de la grande compétition.
Chaleur, humidité, pollution : les joueurs poussés vers leurs limites physiques
« Par rapport aux précédentes Coupes du monde, explique Paquito Bernard, docteur en sciences du sport, spécialiste des liens entre changement climatique et santé, il y a au moins deux gros facteurs qui vont influencer la santé des joueurs et des supporters : la chaleur extrême et la qualité d’air dégradée. » Cette dernière peut provenir des émissions urbaines (Mexico) ou de potentiels feux de forêts (Californie). Miami, Dallas, Houston, Atlanta mais aussi New York, Mexico, Monterrey : beaucoup de villes sont exposées à différents aléas.
Selon une étude du World Weather Attribution, le laboratoire de référence dans le rôle du changement climatique, un quart des matches de la Coupe (26 sur 104) pourraient se jouer à 26°C WBGT (wet bulb-globe temperature, l'indice des températures humides extrêmes) et au-delà, et cinq autres à 28°C WBGT ou plus (environ 38°C en chaleur sèche). Des statistiques qui ont doublé par rapport à 1994, date du dernier Mondial sur le sol étatsunien. « Il ne s’agit pas seulement de journées chaudes isolées, insiste l’ONU-climat dans une communication. Les changements climatiques rendent la chaleur extrême plus fréquente, plus intense et plus dangereuse. La combustion du charbon, du pétrole et du gaz en est la principale cause. »
Issu du monde militaire et utilisé par la Fifa ou le Collège américain de médecine du sport, l’indice WBGT mesure la capacité du corps à évacuer la chaleur et à se refroidir. En plus de la température de l’air, mais intègre l’humidité, le vent et le rayonnement solaire. Il sert aussi à « évaluer la prise de risque à organiser des matches », précise Paquito Bernard.
Pour les joueurs, les risques peuvent être élevés et dangereux, rappelle l’étude du WWA mais aussi de nombreux scientifiques, dans une lettre ouverte transmise à la Fifa le 13 mai.
Médecin du sport, Jean-Marc Sène détaille le mécanisme à l’œuvre : « À l’effort, l’organisme doit maintenir sa température. L’exercice crée de la chaleur et, quand l’air est déjà brûlant, le corps peine à évacuer ce surplus. C’est pire quand l’air est humide, car les mécanismes d’évacuation de la chaleur sont diminués. La chaleur, sèche ou humide, pose un problème majeur à ces sportifs », même à ceux habitués aux latitudes tropicales.
« On a énormément souffert »
Alassane Ndour, ancien international sénégalais, qui a disputé la CAN 2002 au Mali et la Coupe du monde 2002 au Japon et en Corée du Sud, témoigne : « Quand il fait extrêmement chaud, on s’expose aux crampes et aux problèmes musculaires, parce que le muscle a besoin d’eau pour se régénérer. Le souffle est aussi très impacté. il devient difficile de se gérer sur la durée. C’est pour cela qu’on impose des pauses rafraîchissement. Mais ce ne sont pas des conditions optimales pour être à 100 %. »
De son côté, le chercheur à l’Inserm Paquito Bernard distingue les coups de chaleur (température corporelle supérieure à 40°C, vomissements, voire perte de conscience) qui peuvent être fatals, et l’épuisement par la chaleur (transpiration excessive, crampes, pouls rapide). « Ces symptômes sont difficiles à identifier et encore trop méconnus des staffs professionnels », prévient-il.
La Coupe du monde des clubs 2025, organisé aux États-Unis, avait déjà servi d’avertissement : une étude basée sur 57 matches et plus de mille observations de joueurs a montré que le WBGT moyen dépassait 28°C lors de 31 rencontres, exposant les joueurs à la souffrance climatique.
Alassane Ndour garde en mémoire un match particulièrement éprouvant : « Je me souviens d’un match de Coupe d’Afrique au Mali, Sénégal-Zambie. Il faisait une chaleur incroyable. On a gagné 1-0, mais on a énormément souffert. J’ai eu du mal à tenir les 90 minutes. Il faisait très chaud, très lourd, probablement plus de 40°C. C’était juste un match de poule, mais on en parle encore aujourd’hui tant la chaleur nous avait marqués. »
« Et si on ajoute la pollution, les contraintes respiratoires deviennent importantes, complète le médecin Jean-Marc Sène. C’est pour ça que l’acclimatation à la chaleur est essentielle : elle prend 10 à 14 jours. » Soit le délai entre la fin du championnat européen, où près de 70% des joueurs auront joué, et le début de la Coupe du monde. Bien trop court pour les équipes, en termes de récupération physique et de logistique.
Dans ce contexte, la Fifa a instauré des pauses rafraîchissantes de trois minutes à la 30e et à la 70e minute, quelles que soient les conditions. « C’est une avancée, parce que ça n’existait pas. Mais ces pauses ne sont probablement pas assez longues. Et surtout, elles ne sont pas contraignantes, regrette Jean-Marc Sène. On pourrait imaginer qu’en fonction du WBGT, on interrompt ou on reporte un match de manière non négociable, pour une cause purement médicale, avec un vrai pouvoir de décision pour le corps médical. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. » Le syndicat international des joueurs (Fifpro) plaide pour l’arrêt définitif des rencontres à partir de 28 °C WBGT. La Fifa, elle, ne prévoit aucun seuil.
Un « football-business » sous pression
Face à ces dangers, des joueurs commencent à hausser le ton. Le rapport d’ONG Terrains en péril a recueilli des témoignages, comme celui de l’international allemand Serge Gnabry. « Même pour des professionnels comme nous, les conditions de jeu deviennent de plus en plus extrêmes, observe-t-il. Jouer sous de telles températures est dangereux. Le football est plus qu’un jeu, c’est un moteur de rassemblement et d’espoir. Mais il nous montre aussi ce que nous pourrions perdre si la crise climatique continue. Il est temps d’agir. »
Cette prise de conscience rejoint les inquiétudes d’anciens internationaux, qui ont déjà connu des compétitions éprouvantes mais estiment qu’un cap est franchi. Alassane Ndour dénonce la logique actuelle : « On ne parle pas assez de la santé des joueurs dans le contexte du football-business. Chaque année, on rajoute des compétitions ou on modifie les formats, mais je n’ai jamais entendu qu’on en supprimait. »
« On a récemment vu l’arrivée de la nouvelle Coupe du monde des clubs, par exemple, dit-il encore. Les joueurs ne sont pas suffisamment pris en compte : ils jouent énormément. Ce sont pourtant eux les acteurs principaux, ceux qui font le spectacle. Il faudrait les mettre dans des conditions optimales, en diminuant le nombre de matches, en élargissant les effectifs, en autorisant plus de joueurs sur la feuille de match ou plus de remplaçants pour faire souffler ceux qui en ont besoin. »
Moins de tacles, des passes plus réussies
Pour lui, la chaleur ne sera pas un simple paramètre abstrait lors de ce Mondial, mais un facteur visible sur le terrain : « Les conditions climatiques vont forcément influencer la qualité du jeu. On voit déjà, en préparation, beaucoup de pépins physiques, des joueurs qui sortent sur blessure ou sur alerte. Plus la compétition avancera, plus la fatigue va peser : les joueurs auront enchaîné championnats, coupes européennes, puis Coupe du monde. On peut s’attendre à une baisse de régime et à un niveau parfois inférieur aux attentes. »
Dans une récente analyse, l’ONG Climate Central avance que le jeu de la quasi-totalité des matches (97 sur 104) sera ralenti par la chaleur, qu'elle soit humide ou sèche. La pression de jeu, le rythme, les remplacements, la récupération, la concentration et la prise de risques : de nombreux éléments en dépendent.
Citant des études des championnats australiens, japonais, espagnols ou turcs, Paquito Bernard indique qu’« entre 25 et 29°C WBGT, la qualité et l’intensité du jeu diminue. Il y a moins d’action, moins de distance à haute vitesse par les joueurs. Notre étude de la Coupe du monde des clubs de l’an dernier a montré que le couplage chaleur/humidité diminue vraiment la distance à haute intensité et la capacité pour un attaquant à faire les 20 ou 30 derniers mètres devant le but ». Le point fort d’un Mbappé, par exemple, pourrait s’en trouver affaibli. « Plus cet indicateur augmente, plus la nature du jeu et la performance des joueurs sont modifiées : les statistiques montrent qu’il y a moins de tacles, moins de passes, mais des passes plus réussies car plus courtes quand il fait très chaud. Il n’y a pas d’impacts en revanche sur le nombre de fautes ou de buts. »
Des supporters en première ligne
Le climat influe aussi directement sur le calendrier. Dans les zones les plus exposées, les matches ont été décalés, pour éviter les heures chaudes. « On voit clairement l’effort d’aligner les horaires des matches sur les inquiétudes liées à la santé et aux performances des joueurs », avait reconnu un porte-parole de la Fifpro, « une conséquence directe des leçons tirées du Mondial des clubs », fortement critiqué pour ses conditions de jeu.
Si quatre stades sont climatisés, aucun abord d'enceinte ne l'est : gradins, fan-zones, files d’attente, trajets, parkings, tout cela sur des sols systématiquement bétonnés. Le risque est aussi majeur pour les spectateurs, qui n’ont ni la condition physique, ni le confort sanitaire luxueux des athlètes. Encore que l'écart thermique entre les espaces très climatisés et les températures ambiantes peut être pire que tout.
Paquito Bernard rappelle que « la santé des joueurs et des spectateurs dépend des stratégies de planification, d’atténuation médicale, de politique locale et de prévention. Par exemple, autoriser - ou non - la consommation d’alcool pendant les matches va influencer les effets de déshydratation ».
Le service météo américain (NWS), dont une équipe est dédiée au Mondial, insiste donc sur la « prévention » auprès des supporters, notamment étrangers, peu familiers du climat local. À Dallas et Houston, ils auront une chance sur trois de suivre des matches par 28°C WBGT (environ 38 °C).


Football: au Mondial américain, joueurs et spectateurs face aux températures humides extrêmes
